Paris : près de 350 tracteurs mobilisés sur les Champs-Élysées contre l’accord UE-Mercosur

La rédaction avec
11:5813/01/2026, mardi
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Un employé de Bruxelles Propreté nettoie la zone après qu'un agriculteur ait déversé le contenu de son tracteur rempli de pommes de terre sur la Grand-Place - Grote Markt, à Bruxelles, le 10 janvier 2026.
Crédit Photo : NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Un employé de Bruxelles Propreté nettoie la zone après qu'un agriculteur ait déversé le contenu de son tracteur rempli de pommes de terre sur la Grand-Place - Grote Markt, à Bruxelles, le 10 janvier 2026.

Environ 350 tracteurs ont été recensés mardi 13 janvier 2026 dans Paris lors d’une nouvelle journée de mobilisation d’agriculteurs, a indiqué la préfecture de police, une action visant notamment à dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur.

Un premier convoi d’une quinzaine de tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs est entré dans la capitale peu avant 6h, rapidement rejoint par de nombreux autres véhicules. Les organisateurs ambitionnaient de faire converger plusieurs centaines d’engins agricoles vers Paris.


Arborant des drapeaux syndicaux, les tracteurs sont entrés par la porte Dauphine, escortés par des camions de CRS, avant de remonter l’avenue Foch en direction de l’Arc de Triomphe. Vers 6h45, ils circulaient sur l’avenue des Champs-Élysées, où des pancartes portant les slogans "Pas de pays sans paysan" ou "Pas de paysan, pas d’alimentation" étaient visibles.


Le parcours, validé par la préfecture de police, devait se poursuivre vers l’avenue George-V puis le pont de l’Alma, avant un rassemblement prévu quai d’Orsay. Certains manifestants ont indiqué avoir prévu de prolonger la mobilisation.


L’action est menée à l’initiative de la FRSEA Grand bassin parisien, qui regroupe l’Île-de-France et des départements voisins, afin d’exiger des
"actes concrets et immédiats"
pour défendre la souveraineté alimentaire.


Signature imminente


Les syndicats mettent en avant la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, la hausse des coûts de production, notamment des engrais, ainsi que les inquiétudes suscitées par l’accord UE-Mercosur.


À quelques jours d’une possible signature de cet accord au Paraguay, des actions ont été menées ces derniers jours dans plusieurs ports français, dont Le Havre, où des agriculteurs ont procédé à des contrôles de camions frigorifiques pour vérifier la provenance des produits importés. Des mobilisations ont également été observées à Bayonne, La Rochelle et dans plusieurs villes, dont Metz, Pau, Périgueux, Poitiers, Dax et Limoges.


Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de mouvements engagés depuis décembre dans plusieurs régions, à l’initiative de différents syndicats agricoles, dont la Coordination rurale et la Confédération paysanne, avec des actions parfois marquées par l’entrée de tracteurs dans Paris.


Lundi, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a déclaré que
"la colère des agriculteurs est profonde"
et que leurs revendications étaient
"entendues au plus haut niveau de l’État"
, rappelant l’annonce récente de mesures en faveur de certaines filières, sans apaiser la contestation.

Des mobilisations similaires ont par ailleurs eu lieu en Italie, en Pologne et en Irlande. La ratification de l’accord UE-Mercosur doit encore être soumise au vote du Parlement européen, attendu au plus tôt en février, alors qu’un rassemblement d’agriculteurs est annoncé le 20 janvier à Strasbourg.


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