Des pays arabes dénoncent la décision d’Israël de classer des terres en Cisjordanie comme "propriété de l’État"

La rédaction avec
12:4316/02/2026, lundi
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Un Palestinien se tient devant une maison qui aurait été démolie la veille par des colons israéliens, dans un village en périphérie de Jéricho, en Cisjordanie occupée, le 11 février 2026.
Crédit Photo : AHMAD GHARABLI / AFP
Un Palestinien se tient devant une maison qui aurait été démolie la veille par des colons israéliens, dans un village en périphérie de Jéricho, en Cisjordanie occupée, le 11 février 2026.

Des pays arabes condamnent la décision israélienne d’enregistrer des terres de Cisjordanie comme "propriété d’État", dénonçant une violation du droit international et une tentative d’annexion du territoire palestinien.

Des pays arabes ont condamné l’approbation, dimanche, par le gouvernement israélien d’un projet visant à enregistrer de vastes étendues de terres en Cisjordanie occupée comme
"propriété de l’État"
. Ils dénoncent une
"violation flagrante"
du droit international, une tentative d’annexion du territoire palestinien et un plan illégal destiné à priver le peuple palestinien de ses droits.
Dans un communiqué, le ministère jordanien des Affaires étrangères a affirmé que cette décision
"porte atteinte au droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination, à la fin de l’occupation et à l’établissement d’un État indépendant et souverain sur les lignes du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale"
.

Publication du communiqué sur X du ministère jordanien des Affaires étrangères.
Le ministère a également souligné qu’
"Israël n’a aucune souveraineté"
sur la Cisjordanie occupée.
Il a, en outre, rejeté toute décision ou tentative israélienne
"d’imposer sa souveraineté et ses lois"
en Cisjordanie, qualifiant ces actions de
"violation manifeste du droit international et du statut juridique existant du territoire occupé"
.
Par ailleurs, la Jordanie a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales et à contraindre Israël, en tant que puissance occupante,
"à mettre fin à l’escalade dangereuse et aux mesures unilatérales"
en Cisjordanie occupée.
"La réalisation des droits légitimes du peuple palestinien, au premier rang desquels l’établissement d’un État indépendant sur sa terre nationale, demeure la seule voie vers une paix juste et globale garantissant la sécurité et la stabilité régionales"
, a insisté le ministère.

Les Nations unies et la communauté internationale considèrent la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, comme un territoire occupé et estiment que les colonies israéliennes qui y sont implantées sont illégales au regard du droit international.

De son côté, le ministère qatari des Affaires étrangères a également dénoncé la décision israélienne, la qualifiant de prolongement d’un plan illégal visant à priver le peuple palestinien de ses droits. Il a souligné la nécessité d’une solidarité internationale et appelé la communauté mondiale à faire pression sur Israël afin de suspendre la mise en œuvre de cette décision pour éviter de
"graves conséquences"
.
Le Qatar a réaffirmé son soutien
"ferme et constant"
à la cause palestinienne, ainsi que son appui à la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, sur la base de la légitimité internationale et de la solution à deux États.
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a, lui aussi, condamné la décision israélienne, affirmant dans un communiqué que cette mesure constitue une
"violation flagrante"
du droit international et du droit international humanitaire.

Selon Le Caire, cette décision compromet les perspectives d’un État palestinien viable et indépendant et affaiblit davantage les chances d’instaurer une paix juste et globale dans la région.

L’Égypte a également averti que de telles politiques représentent une escalade grave susceptible d’accentuer les tensions et l’instabilité dans les territoires palestiniens ainsi que dans l’ensemble de la région.

Plus tôt dans la journée de dimanche, le gouvernement israélien a approuvé un projet visant à enregistrer de vastes zones de la Cisjordanie occupée comme
"propriété de l’État"
, une première mesure de ce type depuis l’occupation du territoire par Israël en 1967.

En vertu de l’Accord d’Oslo II signé en 1995, la zone A de la Cisjordanie est placée sous contrôle palestinien total, la zone B sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien, tandis que la zone C, qui représente environ 61 % de la Cisjordanie, reste sous contrôle total israélien.

Cet accord limite l’enregistrement des terres par l’Autorité palestinienne aux zones A et B, tout en l’interdisant dans la zone C.

Cette nouvelle décision s’inscrit dans une série de mesures approuvées la semaine dernière par le cabinet de sécurité israélien, visant à étendre la construction de colonies illégales et à renforcer le contrôle de Tel-Aviv sur la Cisjordanie occupée.

Selon des médias israéliens, les mesures comprennent la suppression d’une loi interdisant la vente de terres en Cisjordanie à des colons illégaux, la réouverture des registres fonciers et le transfert de l’autorité sur les permis de construire dans un bloc de colonies près d’Hébron, d’une municipalité palestinienne vers l’administration civile israélienne.

Depuis le 8 octobre 2023 et le début de sa campagne militaire à Gaza, Israël a intensifié ses opérations en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Pour les Palestiniens, cette escalade, marquée par des morts, des arrestations, des déplacements forcés et l’expansion des colonies, constitue un pas vers l’annexion formelle du territoire.

En juillet 2024, la Cour internationale de Justice a rendu un avis historique déclarant illégale l’occupation israélienne et appelant à l’évacuation de toutes les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

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