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Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'entretiennent dans la salle de conférence lors de la troisième conférence internationale sur le Soudan, qui s'est tenue au ministère des Affaires étrangères à Berlin le 15 avril 2026.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a plaidé mercredi à Berlin pour un élargissement de l'embargo de l'ONU sur les armes à l'intégralité du territoire soudanais, annonçant par ailleurs une visite conjointe avec son homologue allemand au Soudan dans les prochains mois.
S'exprimant lors de la conférence internationale sur le Soudan organisée dans la capitale allemande, le chef de la diplomatie française a appelé la communauté internationale à faire pression sur les belligérants.
"Nous devons élargir l’embargo onusien sur les armes pour qu’il couvre l’ensemble du territoire soudanais"
, a déclaré Barrot, insistant sur la nécessité d'établir
"un environnement international favorable"
pour mettre fin à ce qu'il a qualifié de
"pire crise humanitaire aujourd'hui dans le monde".
Redonner une voix à la société civile
Cette déclaration intervient alors que la diplomatie française a réuni en amont 18 représentants de la société civile soudanaise. Soulignant l'urgence de leur redonner une voix face aux hostilités, le ministre a annoncé une initiative bilatérale franco-allemande :
"Mon homologue allemand et moi avons décidé de nous rendre au Soudan dans les prochains mois afin de faire entendre la voix des civils soudanais".
Il a également exhorté toutes les parties au conflit à s'engager dans un processus de paix et à cesser de cibler les civils pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire, réaffirmant le soutien de Paris à toute démarche de négociation.
Passe d'armes diplomatique autour des négociations israélo-libanaises
Interrogé en marge de cette conférence sur le dossier du Moyen-Orient, Jean-Noël Barrot a réagi aux déclarations de l'ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter. Ce dernier avait affirmé mardi qu'Israël souhaitait tenir la France
"aussi éloignée que possible"
des négociations de paix, jugeant que Paris
"n'est pas une influence positive"
.
Ces critiques israéliennes coïncident avec l'ouverture à Washington des premiers pourparlers directs israélo-libanais en plus de 30 ans. Sous la médiation du secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur Leiter et l'ambassadrice libanaise Nada Hamadé Maoued tentent d'esquisser un cadre de paix permanent, alors qu'Israël poursuit son offensive au Liban malgré le récent cessez-le-feu négocié entre Washington et Téhéran.
Barrot s'est dit
"très satisfait de constater que le gouvernement israélien s'est résolu à répondre à la demande de la France"
, formulée le 3 mars dernier à Jérusalem, d'engager un
"dialogue de haut niveau historique"
avec le Liban pour consolider un cessez-le-feu et coordonner le désarmement du Hezbollah.
"Très fin et très subtil"
À l'adresse directe de l'ambassadeur Leiter, qu'il a qualifié d'homme
"apparemment très diplomate, très fin et très subtil"
, le ministre français a formulé deux
suggestions.
Il a d'abord conseillé au diplomate de se coordonner avec son propre ministère de tutelle, rappelant que les diplomaties française et israélienne maintiennent un
sur la situation régionale, même en cas de désaccords profonds.
"La deuxième suggestion (...) c'est que Leiter lui-même se tienne le plus éloigné possible des micros et des caméras de télévision"
, a-t-il souligné
"dans l'intérêt de cette négociation historique entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais".
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