UE - Israël: Plus de 100 000 signatures en 24h pour suspendre l'accord d'association

La rédaction avec
17:1515/01/2026, Perşembe
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Les drapeaux palestinien et ukrainien flottent aux côtés des drapeaux slovène et européen sur les bâtiments gouvernementaux et le palais présidentiel à Ljubljana, en Slovénie, le 26 septembre 2025.
Crédit Photo : Jure Makovec / AFP
Les drapeaux palestinien et ukrainien flottent aux côtés des drapeaux slovène et européen sur les bâtiments gouvernementaux et le palais présidentiel à Ljubljana, en Slovénie, le 26 septembre 2025.

Plus de 100 000 personnes ont signé en l’espace de 24 heures une Initiative citoyenne européenne (ICE) réclamant la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, selon une source proche de la démarche portée par l’Alliance de la gauche européenne (ELA).

Lancée mardi 13 janvier 2026 à Bruxelles par l’eurodéputée Manon Aubry au nom de l’ELA, cette pétition intitulée "Justice for Palestine"ambitionne de réunir un million de signatures afin d’obliger la Commission européenne à se saisir du dossier.


D’après les données publiées sur le site officiel des initiatives citoyennes, le seuil des 100 000 signatures a été franchi dès le premier jour.


Appel à la fin de la "complicité"


Le texte de la pétition affirme que les citoyens européens ne peuvent accepter que l’UE maintienne un accord qui contribuerait à légitimer et à financer un État accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Les signataires dénoncent un accord présenté comme le pilier central de la coopération bilatérale entre l’Union européenne et Israël dans les domaines commercial, économique et politique.


Lors du lancement de la campagne, Manon Aubry a qualifié la situation à Gaza de "génocide", évoquant plus de 71 000 Palestiniens tués et une population majoritairement civile affectée par le conflit. Elle a estimé que la position européenne relevait non plus de la passivité, mais d’une forme de "complicité", rappelant que l’UE demeure le principal partenaire commercial d’Israël, représentant 29 % de ses exportations.


L’eurodéputée a également pointé une différence de traitement diplomatique, interrogeant l’absence de sanctions contre le gouvernement israélien alors que l’Union européenne a adopté de nombreuses mesures à l’encontre de la Russie et de Vladimir Poutine.


Mobilisation de la gauche européenne


L’initiative bénéficie du soutien de neuf partis issus de huit pays européens et connaît une forte mobilisation en France, notamment à travers La France insoumise (LFI). Sur le réseau social X, la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Clémence Guetté, a présenté la démarche comme une exigence visant à mettre fin à la
"complicité de l’Union européenne avec le génocide en Palestine"
. La pétition a été largement relayée par plusieurs figures du mouvement, dont Manuel Bompard, Mathilde Panot et Rima Hassan.

Le texte s’appuie sur des accusations de violations du droit international, affirmant qu’Israël mettrait en place un blocus de l’aide humanitaire pouvant s’apparenter à l’utilisation de la famine comme méthode de guerre.


Un mécanisme contraignant mais limité


Si le seuil d’un million de signatures est atteint, la Commission européenne sera tenue de répondre officiellement aux organisateurs. Toutefois, comme le rappelle le site de l’Union européenne, elle n’est pas obligée de proposer un acte législatif et peut estimer qu’une autre réponse est plus appropriée.


Selon Manon Aubry, l’objectif de l’ELA est de contraindre légalement les institutions européennes à se positionner et à agir, estimant qu’aucun délai supplémentaire ne peut être toléré face à la situation en Palestine.


Le cadre de l’accord UE-Israël


Signé en 1995 et entré en vigueur en juin 2000, l’accord d’association euro-méditerranéen constitue le fondement juridique des relations entre l’Union européenne et Israël. Il vise à renforcer la coopération économique par la mise en place d’une zone de libre-échange supprimant les droits de douane et facilitant les échanges industriels et agricoles.


L’accord prévoit également un cadre de dialogue politique régulier, incluant une clause relative au respect des droits de l’Homme.


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