Au Yémen ces dernières 24 heures: recul du CTS, reprise de sites stratégiques à Aden et déchéance d’al-Zubaidi

La rédaction avec
11:568/01/2026, jeudi
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Des membres de la Brigade des Géants du Sud, également connue sous le nom d'Al-Amaliqa, sont assis à l'arrière de véhicules militaires déployés à Aden le 7 janvier 2026.
Crédit Photo : SALEH AL-OBEIDI / AFP
Des membres de la Brigade des Géants du Sud, également connue sous le nom d'Al-Amaliqa, sont assis à l'arrière de véhicules militaires déployés à Aden le 7 janvier 2026.

Le sud du Yémen a connu un changement décisif au cours des dernières 24 heures. Sous l’autorité du Conseil de direction présidentiel (PLC) et avec le soutien de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de positions stratégiques à Aden.

Cette évolution majeure s’est accompagnée d’une vaste série de mesures politiques et sécuritaires, ainsi que de frappes aériennes, affaiblissant sensiblement l’influence du Conseil de transition du Sud (CTS), selon des informations relayées par l’agence officielle SABA et la télévision d’État yéménite.


Reprise d’Aden et instauration d’un couvre-feu


Mercredi, les "Brigades des Géants" (Al-Amaliqa) ont pris le contrôle du palais présidentiel et de l’aéroport international d’Aden.


D’après des sources gouvernementales et militaires citées par Anadolu, ces forces sont dirigées par Abdul Rahman al-Mahrami, également vice-président du CTS, qui a officiellement rallié l’autorité du président du PLC, Rashad al-Alimi.


Ce réalignement stratégique aurait, selon des observateurs et des rapports de terrain, contribué à la désorganisation rapide des forces séparatistes dans la capitale provisoire.


Dans la foulée, un couvre-feu nocturne, de 21h00 à 06h00, a été décrété à Aden afin de rétablir la stabilité, selon un communiqué des forces d’Al-Amaliqa. Par ailleurs, des unités du "Bouclier de la Nation" (Dar’ al-Watan), venues de la province d’Abyan, ont été déployées dans la ville pour consolider le nouveau dispositif sécuritaire, ont indiqué des sources militaires à Anadolu.


Sort d’Aidarus al-Zubaidi


Alors que le sort du chef du CTS, Aidarus al-Zubaidi, reste incertain après sa fuite vers une destination non révélée, signalée par la coalition, le Conseil de direction présidentiel a tenu une réunion d’urgence à Riyad.


Selon l’agence SABA, l’instance a décidé de le démettre officiellement de ses fonctions avant d’ordonner son arrestation pour
"haute trahison"
et
"atteinte à la Constitution"
.

Le Procureur général a également été saisi afin d’enquêter sur son implication présumée dans la distribution d’armes à Aden, une action que les autorités qualifient de tentative visant à semer le chaos dans la ville.


Remaniements civils et militaires


Dans le cadre des efforts de stabilisation, le président du PLC, Rashad al-Alimi, a engagé une restructuration en profondeur des institutions civiles et militaires, selon des décrets officiels relayés par SABA.


À Aden, le gouverneur Ahmed Hamed Lamlas a été démis de ses fonctions et traduit en justice, tandis qu’Abdul Rahman al-Yafai a été nommé nouveau gouverneur et ministre d’État.


Au niveau national, les ministres des Transports, Abdulsalam Humaid, et de la Planification, Waed Badhib, ont également été limogés et font l’objet d’enquêtes pour leur soutien présumé aux activités séparatistes, selon Anadolu.


Sur le plan militaire, plusieurs commandants ont été relevés de leurs fonctions, notamment à Hadramout, où les responsables de la deuxième zone militaire et de l’axe d’Al-Ghaydah ont été renvoyés devant la justice militaire.


Khaled al-Qathmi a, quant à lui, été nommé à la tête de la deuxième brigade de la garde présidentielle.


Frappes aériennes dans la province de Dhale


Sur le terrain, la coalition a mené des frappes aériennes qualifiées de "préventives" dans la province de Dhale, fief d’al-Zubaidi, selon des déclarations de son porte-parole, Turki al-Maliki, rapportées par Anadolu.


La télévision d’État yéménite a diffusé des images montrant d’importantes explosions visant des dépôts d’armes et de munitions dans la région de Zubayd. Le CTS a confirmé ces raids dans un communiqué, tout en dénonçant une escalade qu’il estime contraire aux efforts de dialogue.


Contexte politique et discussions à Riyad


Ce basculement intervient alors qu’une délégation du CTS est arrivée à Riyad pour participer à des discussions sous médiation saoudienne, selon des déclarations de ses membres sur les réseaux sociaux.


Après le recul de son influence dans les provinces d’Al-Mahra et d’Hadramout ces derniers jours, le CTS voit désormais son contrôle se limiter à quelques zones résiduelles. Dans le même temps, le gouvernement reconnu internationalement renforce progressivement sa mainmise sur les leviers sécuritaires et économiques du sud du pays, avec l’appui direct de la coalition.


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