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JO 2024: les innovations environnementales du village olympique

Des constructions en bois, un réseau urbain de chaud et de froid, des appareils de purification de l’air... De nouveaux matériaux, techniques et dispositifs ont été expérimentés pour construire le village des athlètes des Jeux olympiques de Paris, que ses concepteurs ont imaginé comme un modèle de construction.

11:16 - 28/02/2024 mercredi
AFP
Vue sur le village olympique, où seront logés les athlètes pendant les Jeux Olympiques de Paris, à Saint-Ouen, une banlieue proche de Paris, en France.
Crédit Photo : Miguel MEDINA / AFP
Vue sur le village olympique, où seront logés les athlètes pendant les Jeux Olympiques de Paris, à Saint-Ouen, une banlieue proche de Paris, en France.
"La ville dense a encore un avenir au XXIe siècle"
, dit à l'AFP Nicolas Ferrand, directeur général exécutif de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), soutenant l'idée que la vie en
"ville peut continuer à être agréable"
.

"On peut répondre à quatre grands sujets, le carbone, comment on le diminue drastiquement, la question du dérèglement climatique, l'économie des matériaux, et la biodiversité"
, ajoute-t-il.

Du bois et du béton


"On a choisi les matériaux non pas en fonction des contraintes techniques, économiques ou architecturales, on a choisi les matériaux en fonction de leur empreinte carbone",
explique Julie Bosch, directrice de projet chez Vinci Immobilier.

L'ossature des bâtiments, l'isolation, les façades et les planchers des habitations (200.000 m2 de planchers posés) sont majoritairement en bois
(à 30% français).

Pour les bâtiments qui seront reconvertis en bureaux,
les sols sont couverts de 18.000 m3 de béton ultra bas carbone,
pour une économie de 5.000 tonnes équivalent CO2 par rapport à un projet équivalent en béton traditionnel, d'après la Solideo.

Pour les sols extérieurs, les 31.600 tonnes de béton utilisées ont été récupérées dans les débris d’autres bâtiments.

Une partie de la chaussée intègre aussi des coquillages qui facilitent le passage de l’eau pluviale pour qu’elle soit stockée avant d’être restituée
"en périodes chaudes, créant une transpiration des pavés et un rafraîchissement de l’espace public",
selon la Solideo.

Géothermie


Une centrale géothermique, inaugurée en décembre dans le quartier Pleyel, fournira du chaud et du froid aux quartiers environnants, dont le village olympique. 


Intérêt: les appartements n'ont pas eu à être équipés de systèmes de climatisation ou de chauffage traditionnels, la climatisation ayant été bannie du cahier des charges. Mais les délégations nationales pourront tout de même louer une
"unité de refroidissement"
auprès du Comité d'organisation.

Alimenté par ce réseau de chaud et de froid, un système de planchers dit réversibles, chauffants en hiver et rafraîchissants en été,  a été installé dans les bâtiments d’habitation.


Panneaux photovoltaïques


Des panneaux solaires sur les toits, notamment sur la future résidence étudiante, fourniront une partie de l'électricité du village des athlètes.


L’enveloppe et l’isolation des bâtiments ont été dimensionnées pour supporter plus de canicules, selon des hypothèses climatiques de Météo-France pour 2050.


"S’il fait très chaud dehors ou très froid, il y a un temps d’inertie très important avant que ça contamine le logement"
d’après Julie Bosch. Une différence de 6°C avec l’extérieur est promise.

La morphologie du quartier et des immeubles a également été pensée pour favoriser une circulation de l’air et de la lumière grâce à des bâtiments érigés en quinconces, des appartements traversants et bi-orientés, mais aussi des façades sud faites de matériaux réfléchissants ou peintes en blanc.


Air et eau filtrés


Pour réduire la consommation en eau potable, les eaux de pluies seront recueillies par
"un système de régulation goutte à goutte",
qui permettra d’irriguer la végétation des toitures, mais aussi celle en contre-bas. 

Pour l’un des bâtiments (nommé "Cycle"), la toiture collectera et assainira les eaux grises et de pluie par une
"filtration céramique"
avant d'être réutilisée pour alimenter l'eau des toilettes, arroser les espaces verts ou nettoyer les véhicules.

Enfin, pour assainir l’air extérieur de ce quartier proche de la capitale, outre sept hectares d’espaces verts, des sortes de grandes soucoupes blanches surélevées, de quatre mètres de diamètre, ont été installées pour capter les particules fines, grâce à
"deux plaques conductrices (...) permettant d'atteindre un taux d’abattement de 95% de la pollution de l'air sur la zone concernée",
selon la Solideo.

Un autre système, "Combin’Air", pourra aussi assainir l’air extérieur grâce à un filtre au charbon actif et à des algues.


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