Crédit Photo : JULIEN DE ROSA / AFP
Le personnel contrôlant les paramètres du lanceur Ariane 6 dans la salle Jupiter du Centre spatial guyanais à Kourou, en Guyane française, le 3 mars 2025.
Le premier lancement commercial de la fusée européenne Ariane 6, initialement prévu lundi mais interrompu en raison d’une anomalie technique, a été replanifié pour jeudi 6 mars 2025 depuis Kourou, en Guyane française, a annoncé Arianespace ce mercredi.
Une anomalie au sol à l'origine du report
Le décollage avait été avorté à trente minutes du lancement lundi en raison d’un dysfonctionnement d'une vanne sur un des tuyaux d’avitaillement du lanceur. À l’issue des investigations menées sur l’équipement concerné, Arianespace a confirmé que la nouvelle tentative pourrait avoir lieu à 13h24 heure locale (16h24 GMT).
Dans un communiqué, l’entreprise a précisé que
"Ariane 6 et son passager, le satellite CSO-3, sont dans des conditions stabilisées et en sécurité".
Un enjeu stratégique pour l'Europe spatiale
Ce premier vol commercial revêt une importance capitale pour l’Europe, marquant un pas essentiel vers le retour de son autonomie dans l’accès à l’espace. Le satellite militaire CSO-3 (Composante Spatiale Optique), conçu pour la surveillance terrestre au profit du ministère français de la Défense, doit être placé en orbite à 800 km d’altitude.
Il complétera une mini-constellation de satellites d’observation déjà en place, aux côtés de CSO-1 et CSO-2, respectivement envoyés en 2018 et 2020 par des lanceurs russes Soyouz. Privée des services de Soyouz depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’Europe a dû composer avec une période d’incertitude sur sa capacité de lancement indépendante.
Une autonomie européenne en quête de renforcement
Ce lancement intervient après le vol inaugural réussi d'Ariane 6 en juillet 2024, un an après le dernier tir d’Ariane 5. Avec cette mission, l’Europe vise à sécuriser sa souveraineté spatiale face à la montée en puissance des États-Unis et de la Chine dans ce domaine.
Dans ce contexte, le général Jérôme Bellanger, chef de l'état-major de l'armée de l'air et de l'espace, a rappelé l'importance de
, alors que le nombre de lancements explose à l’échelle mondiale.
L’Europe ambitionne désormais d’augmenter la cadence des vols d'Ariane 6, avec un objectif de 12 lancements annuels à terme, contre cinq prévus en 2025. L'autre lanceur européen, Vega-C, a récemment repris du service en décembre 2024, après une interruption de deux ans liée à un échec en vol.
Concurrence accrue et menaces commerciales
L’intensification de la compétition avec SpaceX, la société d’Elon Musk, constitue une autre menace pour l’Europe. Philippe Baptiste, ministre de la Recherche et ancien président du CNES, a mis en garde contre les
qui pourraient frapper le marché des lanceurs et des satellites européens, à mesure que Musk consolide son influence au sein de l’administration américaine sous Donald Trump.
Dans une interview à La Tribune, Baptiste a souligné que l’autonomie stratégique, autrefois perçue comme une
, est aujourd’hui
"au cœur de l’Europe de demain"
.
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