
L’Ouganda s’impose comme le premier exportateur africain de café devant l’Éthiopie, grâce à une hausse historique de ses volumes et de ses recettes. Cette performance marque un tournant stratégique pour l’agriculture ougandaise et redéfinit les équilibres du marché caféier africain.
L’Ouganda a franchi un cap majeur dans son histoire agricole et économique en devenant le premier exportateur africain de café.
Ce changement de leadership, longtemps occupé par l’Éthiopie, traduit une transformation structurelle de la filière caféière ougandaise et met en lumière la capacité du pays à s’inscrire durablement dans les chaînes de valeur mondiales des produits agricoles.
Une performance historique sur le plan des exportations
Entre octobre 2024 et octobre 2025, l’Ouganda a exporté environ 504 000 tonnes de café, pour des recettes estimées à plus de 2 milliards de dollars. Il s’agit du niveau le plus élevé jamais enregistré par la filière café du pays.
Cette performance représente une progression significative par rapport à l’année précédente, au cours de laquelle les exportations s’élevaient à environ 348 000 tonnes pour des recettes estimées à 1,3 milliard de dollars.
Sur la même période, l’Éthiopie a exporté un peu plus de 420 000 tonnes de café. Bien que ce volume demeure élevé à l’échelle continentale, il n’a pas permis au pays de conserver sa position de leader africain, désormais occupée par l’Ouganda.
Le rôle central du robusta et de l’arabica
La montée en puissance de l’Ouganda repose sur la complémentarité de ses deux principales variétés de café. Le robusta, dont le pays est l’un des principaux producteurs mondiaux, constitue l’essentiel des volumes exportés.
Sa résistance, ses rendements élevés et son usage massif dans l’industrie du café en font un atout stratégique pour l’Ouganda.
Parallèlement, la production d’arabica, cultivé principalement dans les zones d’altitude comme le Mont Elgon et certaines régions du sud-ouest, connaît une progression constante.
Cette variété, très recherchée pour sa qualité aromatique, contribue à accroître la valeur des exportations et à renforcer la présence du café ougandais sur les marchés haut de gamme.
Un pilier structurant de l’économie nationale
Le café occupe une place centrale dans l’économie ougandaise. Il représente la principale source de devises étrangères du pays et constitue un moyen de subsistance essentiel pour plusieurs millions de petits producteurs. Les régions situées autour du lac Victoria ainsi que les zones montagneuses figurent parmi les principaux bassins de production.
La croissance des exportations a des effets directs sur les revenus ruraux, l’emploi et le développement local. Elle renforce également la balance commerciale du pays et consolide le rôle du secteur agricole comme moteur de croissance économique.
Les facteurs explicatifs de la progression ougandaise
La performance de l’Ouganda s’explique par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels. L’amélioration des rendements agricoles, l’extension progressive des surfaces cultivées et la diversification des variétés ont permis d’augmenter l’offre.
À cela s’ajoute le renforcement des stratégies d’exportation vers des marchés clés, notamment en Europe, en Afrique du Nord et en Asie.
Les efforts entrepris pour structurer la filière, améliorer la qualité du produit et faciliter l’accès des producteurs aux marchés internationaux ont également contribué à accroître la compétitivité du café ougandais dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel.
Fort de cette dynamique, l’Ouganda affiche des ambitions élevées pour les prochaines décennies. Le pays s’est fixé pour objectif de dépasser les 20 millions de sacs de production annuelle de café d’ici 2035.
Cette stratégie vise non seulement à augmenter les volumes, mais aussi à renforcer la transformation locale et la valeur ajoutée générée sur le territoire national.
La réalisation de cet objectif dépendra d’investissements soutenus dans les infrastructures, la formation des producteurs et l’adaptation aux défis climatiques, qui constituent un enjeu majeur pour l’avenir de la filière.
Un repositionnement dans un marché mondial concurrentiel
À l’échelle internationale, la production mondiale de café pour la saison 2025-2026 est estimée à environ 178 millions de sacs, soit une augmentation de plus de 4 millions de sacs par rapport à la saison précédente.
Dans ce contexte marqué par une concurrence accrue et des pressions climatiques, l’ascension de l’Ouganda témoigne de la capacité de certains pays africains à renforcer leur place dans le commerce mondial des produits agricoles.
En devenant le premier exportateur africain de café, l’Ouganda opère un changement majeur dans la géographie du café africain. Cette réussite repose sur une transformation progressive de la filière, une stratégie d’exportation cohérente et une valorisation accrue de ses atouts agricoles.
Au-delà des chiffres, elle illustre le potentiel de l’agriculture africaine lorsqu’elle s’appuie sur des politiques structurées et une vision à long terme.










