Fidan: la force est une option envisageable pour Damas en cas d'échec des négociations avec les YPG/FDS

La rédaction avec
10:2016/01/2026, vendredi
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Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, s'adresse à l'auditoire lors d'une conférence de presse organisée à Istanbul le 15 janvier 2026.
Crédit Photo : OZAN KOSE / AFP
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, s'adresse à l'auditoire lors d'une conférence de presse organisée à Istanbul le 15 janvier 2026.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a affirmé jeudi que la question posée par l’organisation terroriste YPG/FDS demeure un défi majeur pour la Syrie, la Türkiye et l’ensemble de la région. Il a souligné que le recours à la force reste une option envisageable pour le gouvernement syrien si les négociations avec ce groupe n’aboutissent pas.

Hakan Fidan s’exprimait à l’occasion d’une rencontre avec des représentants des médias nationaux et internationaux dans un hôtel d’Istanbul. Il a dit espérer que ce dossier trouve une issue au cours de l’année en cours, réaffirmant que la Türkiye maintiendra une position ferme et cohérente sur ce sujet.


Le chef de la diplomatie turque a également estimé que la profonde transformation que connaît la Syrie, ainsi que son retour progressif sur la scène internationale, figurent parmi les évolutions positives les plus marquantes de l’année 2025. Il a exprimé le souhait que l’élan constructif observé de la part des pays de la région, mais aussi de l’Europe et des États-Unis, à l’égard de la Syrie, se poursuive.


Il a précisé que des discussions sont actuellement en cours entre la Syrie, les États-Unis et le YPG/FDS, Washington jouant un rôle de médiateur dans ce processus marqué par de nombreuses réunions non rendues publiques.


"Ils rencontrent le YPG/FDS, ils rencontrent le gouvernement syrien, et il y a également des réunions trilatérales. Les responsables se réunissent périodiquement. Comme on peut le constater à travers les déclarations du président Ahmad al-Charaa, un manque de volonté apparaît du côté du YPG/FDS à mesure que les négociations avancent"
, a-t-il expliqué.

Fidan a ajouté qu’il s’attend à ce que les discussions se poursuivent dans un esprit de bonne foi. Toutefois, en cas d’absence de coopération de l’autre partie, il estime que le gouvernement syrien sera en droit de prendre les mesures nécessaires pour exercer son autorité constitutionnelle et souveraine afin de préserver l’unité nationale et la sécurité intérieure.


"En résumé, des négociations sont en cours, un médiateur est présent, les Américains observent le processus et évaluent qui agit de manière rationnelle et qui ne le fait pas"
, a-t-il déclaré.

Selon le ministre turc, les États-Unis constatent progressivement que les affirmations relayées depuis des années par le YPG/FDS à travers sa propagande ne reposent pas sur des bases solides.


Dans ce contexte, le recours éventuel à la force par le gouvernement syrien n’est plus perçu comme une option exceptionnelle par les autres acteurs.


"Comme vous pouvez le constater, ils n’ont pas d’autre choix. J’espère que nous n’en arriverons pas là et que les problèmes seront résolus par le dialogue. Mais lorsque la négociation et la bonne foi échouent, le recours à la force devient malheureusement une option pour le gouvernement syrien"
, a-t-il ajouté.

Hakan Fidan a insisté sur l’importance d’accélérer la mise en œuvre des dispositions de l’accord signé le 10 mars afin d’assurer la stabilité de la Syrie. Il a souligné que si le YPG/FDS souhaite démontrer sa bonne volonté, il doit s’engager sincèrement dans un processus de règlement fondé sur la diplomatie et le dialogue.


Le YPG/FDS, branche syrienne de l’organisation terroriste PKK, se soustrait à l’application des clauses de l’accord conclu avec le gouvernement syrien le 10 mars 2025. Cet accord prévoit notamment l’intégration des institutions civiles et militaires des régions du nord-est au sein de l’administration étatique, la réouverture des points de passage, de l’aéroport ainsi que des champs pétroliers et gaziers, le respect de l’unité territoriale de la Syrie et le retrait des forces du groupe d’Alep vers l’est de l’Euphrate.


Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024, après 24 années au pouvoir, les autorités syriennes redoublent d’efforts pour rétablir la sécurité dans le pays.


Par ailleurs, Hakan Fidan a dénoncé l’intensification récente des attaques israéliennes visant des pays tels que la Syrie, l’Iran et le Liban. Il a également mis en garde contre l’expansion d’une politique du « diviser pour régner », qui s’étend, selon lui, sur une vaste zone allant du Somaliland à l’Iran.


"Cette stratégie repose sur l’illusion qu’Israël pourrait garantir sa sécurité en déstabilisant les pays voisins. Nous rappelons à chaque occasion que cette mentalité constitue désormais une menace non seulement pour la région, mais pour le monde entier"
, a-t-il conclu.

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