
Une vaste opération contre le narcotrafic menée en Türkiye a permis de frapper durement des organisations criminelles opérant à l’échelle nationale et internationale, impliquées dans le trafic de stupéfiants et le blanchiment de capitaux.
Les opérations, coordonnées par le parquet d’Istanbul et les unités spécialisées de la police turque, constituent l’une des plus importantes actions antidrogue jamais conduites dans le pays.
Selon les informations communiquées par la Direction de la lutte contre les crimes liés aux stupéfiants, sept organisations criminelles distinctes, actives sur les marchés internationaux de la drogue, avaient déjà été ciblées lors d’opérations menées en 2023 et 2024 à Istanbul. Ces réseaux, dirigés notamment par Joseph Johannes Leijdekkers, Abdullah Alp Üstün, Hakan Ayık, Ürfi Çetinkaya, Recep Özyıldız, Aydın Razaki, İbrahim Kurtar et Mert (Orhan) Ünğan, étaient accusés de trafic de drogues et de blanchiment des revenus issus de ces activités.
Dans la continuité de ces enquêtes, les forces de sécurité ont mené, pendant près d’un an, des investigations conjointes sous la coordination du parquet d’Istanbul. Avec le soutien actif d’Interpol, d’Europol, de l’Office européen de police (EUROPOL) et de l’organisme turc de lutte contre le blanchiment d’argent (MASAK), deux opérations d’envergure baptisées ORKİNOS-BULUT et ORKİNOS-BULUT 2 ont été lancées les 15 avril 2025 et 14 novembre 2025.
Ces opérations ont visé simultanément dix organisations criminelles opérant à l’échelle internationale, dirigées notamment par Naci Yılmaz, Abdullah Alp Üstün, Ürfi Çetinkaya, Haluk Şahin Çoruh, Mehmet Ünal, Fehmi Karcı, Ahmet Münir Güverte, Veysi Gündoğan, Orhan Turgut et Kamuran Ata. Les enquêteurs ont identifié 585 suspects, dont 529 en Türkiye et 56 à l’étranger, principalement en Europe. À l’issue des opérations, 312 personnes ont été placées en détention et 66 soumises à des mesures de contrôle judiciaire.
Les enquêtes ont révélé que ces réseaux acheminaient de la cocaïne depuis l’Amérique du Sud par voie maritime et terrestre, de l’héroïne via l’Iran et l’Afghanistan, du skunk depuis les Balkans et de l’ecstasy depuis plusieurs pays européens. Les organisations assuraient également le transport, vers l’Europe, de drogues et de précurseurs chimiques d’origine asiatique utilisés dans la fabrication de stupéfiants.
Les autorités soulignent que ces opérations ont permis d’identifier les organisateurs de cargaisons de drogue saisies ces dernières années dans des ports turcs, mais aussi dans des ports néerlandais, brésiliens et espagnols. Les enquêtes ont également permis de mettre au jour les circuits de distribution sur le territoire turc, les méthodes de blanchiment des revenus criminels et l’utilisation de systèmes de communication cryptés par les réseaux.
Dans le cadre de l’enquête financière, les rapports établis par le MASAK ont conduit le parquet d’Istanbul à ordonner la saisie d’environ 28 milliards de livres turques d’avoirs, comprenant 1.325 biens immobiliers, 307 véhicules, des parts dans 211 sociétés ainsi que des comptes bancaires appartenant aux suspects.









