Nouvelle année, nouvelle guerre !

10:464/01/2026, dimanche
MAJ: 4/01/2026, dimanche
Abdullah Muradoğlu

La manière dont se déroulera l’année 2026 s’est révélée dès ses premiers jours avec l’intervention militaire contre le Venezuela. Donald Trump, qui s’était auparavant présenté comme un "président de la paix", semble poursuivre sa route en tant que "président de la guerre". Comme dans le roman dystopique 1984 publié par George Orwell en 1949, nous entrons dans une époque étrange où chaque expression toute faite signifie en réalité son exact contraire. La situation à Gaza n’est guère différente. Israël

La manière dont se déroulera l’année 2026 s’est révélée dès ses premiers jours avec l’intervention militaire contre le Venezuela. Donald Trump, qui s’était auparavant présenté comme un "président de la paix", semble poursuivre sa route en tant que "président de la guerre". Comme dans le roman dystopique 1984 publié par George Orwell en 1949, nous entrons dans une époque étrange où chaque expression toute faite signifie en réalité son exact contraire.


La situation à Gaza n’est guère différente. Israël est passé d’un "génocide en accéléré" à un "génocide au ralenti". Il existe soi-disant un cessez-le-feu, mais celui-ci n’empêche nullement Israël de continuer à tuer des Palestiniens. Dans les faits, le "cessez-le-feu" signifie que les attaques israéliennes ne reçoivent aucune riposte.


Souvenons-nous que le président russe Vladimir Poutine avait qualifié l’intervention militaire en Ukraine d’"opération militaire spéciale". Le président américain Donald Trump utilise aujourd’hui la même terminologie pour l’intervention militaire au Venezuela. La "guerre russo-ukrainienne", entamée en février 2022, se poursuit toujours. La manière et le moment de sa fin demeurent incertains.


Selon les déclarations de Trump, le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores auraient été faits prisonniers et emmenés hors du pays. On ignore encore si Maduro s’est rendu dans le cadre d’un accord préalablement conclu ou s’il a été capturé à l’issue d’une opération spéciale.


En réalité, les précédentes initiatives de Trump constituaient déjà les signes les plus évidents d’une marche vers un changement de régime par une intervention militaire au Venezuela. La "lutte contre le trafic de drogue" n’était qu’un prétexte pour les opérations militaires américaines dans la mer des Caraïbes. Trump suit, lui aussi, le manuel des néoconservateurs, qu’il critique pourtant par moments avec virulence. L’administration de George W. Bush, guidée par les néoconservateurs, avait justifié l’intervention militaire en Irak en 2003 par la prétendue possession d’armes de destruction massive par le régime de Saddam Hussein. On a depuis compris qu’il s’agissait d’une tromperie.


Le 16 décembre, Trump avait annoncé qu’il s’adresserait à la nation depuis la Maison-Blanche le 17 décembre à 21 heures. Tucker Carlson, figure influente du camp "America First" de Trump, avait déclaré dans le podcast "Judging Freedom" de l’ancien juge Andrew Napolitano que Trump annoncerait lors de ce discours une intervention militaire au Venezuela. Carlson avait précisé que des membres du Congrès avaient été informés à l’avance, ajoutant : "D’ailleurs, qui sait si cela se produira réellement ? Moi, je n’en sais rien."


Le fait que Trump n’ait absolument pas mentionné le Venezuela lors de son discours à la nation avait valu à Carlson d’être vivement raillé par ses adversaires politiques. L’intervention menée hier, bien que tardive, a finalement confirmé que Carlson disait vrai.


Napolitano et Carlson critiquaient depuis plusieurs décennies l’élargissement des pouvoirs de l’exécutif en matière de lancement d’opérations militaires, souvent justifiées par des motifs larges et flous comme la sécurité nationale. Carlson soulignait que les interventions militaires américaines visant un "changement de régime" et une prétendue "construction nationale" n’avaient apporté aucun bénéfice aux Américains ordinaires : "Depuis 80 ans, aucune tentative de changement de régime n’a profité aux États-Unis ni au monde. S’il en existe une, qu’on me le dise. Je n’en ai vu aucune preuve. Toutes semblent être des pertes nettes." Selon lui, le véritable enjeu au Venezuela concernait le contrôle des riches ressources pétrolières du pays.


Trump lui-même avait qualifié les "guerres sans fin" des États-Unis de "guerres stupides" qui ne profitaient en rien aux Américains. Son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait employé des termes similaires lors de son discours au "Reagan National Defense Forum" organisé en Californie le 6 décembre. Hegseth avait toutefois affirmé que les États-Unis rétabliraient leur domination militaire dans l’hémisphère occidental, déclarant : "Nous l’utiliserons pour protéger notre patrie et notre accès aux zones clés du continent. Nous empêcherons également nos adversaires de positionner des forces ou d’autres capacités menaçantes dans notre hémisphère."


Le 2 janvier, au sujet des manifestations de protestation en Iran, Trump avait déclaré : "Si l’Iran, comme à son habitude, tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, les États-Unis viendront à leur secours. Nos armes sont prêtes, prêtes à tirer." Après sa rencontre avec Netanyahu, qualifié de génocidaire, Trump avait également affirmé que les États-Unis pourraient de nouveau frapper l’Iran. Ces déclarations étaient importantes en ce qu’elles montraient que les interventions militaires américaines ne se limitaient pas au seul hémisphère occidental. Quant à la contradiction permanente entre les paroles et les actes de Trump, elle semble désormais largement acceptée.

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