Le peuple lutte pour survivre, les Pahlavi courent après la couronne…

11:3218/01/2026, Pazar
Abdullah Muradoğlu

Le fils de l’ancien chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, renversé par la révolution populaire de 1979, Reza Pahlavi, qui vit aux États-Unis depuis cette date, espère lui aussi, comme son père, que les Américains lui remettront une "couronne". En 1951, lorsque le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh avait nationalisé le pétrole du pays, il était devenu la cible commune du Royaume-Uni et des États-Unis. Le chah d’Iran, perçu comme un pion britannique, avait tenté à un moment d’écarter Mossadegh

Le fils de l’ancien chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, renversé par la révolution populaire de 1979, Reza Pahlavi, qui vit aux États-Unis depuis cette date, espère lui aussi, comme son père, que les Américains lui remettront une "couronne". En 1951, lorsque le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh avait nationalisé le pétrole du pays, il était devenu la cible commune du Royaume-Uni et des États-Unis. Le chah d’Iran, perçu comme un pion britannique, avait tenté à un moment d’écarter Mossadegh de son poste de Premier ministre, sans y parvenir, et avait dû fuir le pays.

En 1953, à la suite d’un coup d’État planifié par les services secrets américains et britanniques, Mossadegh fut contraint de quitter le pouvoir, permettant au chah de revenir en Iran et de retrouver son trône. Aujourd’hui, son fils Reza Pahlavi appelle le président américain Donald Trump à provoquer un changement de régime en Iran par une intervention militaire. Pourtant, dans une interview accordée au "Wall Street Journal" le 5 janvier, interrogé sur la manière dont il accueillerait une intervention militaire de type vénézuélien en Iran, Pahlavi déclarait: "Je ne pense pas que ce soit nécessaire." Soutenant que le régime est déjà en train de s’effondrer, Reza Pahlavi affirmait ne soutenir aucune forme d’intervention extérieure, qu’elle soit "militaire" ou sous forme "d’opérations spéciales".

Israël soutient bien entendu lui aussi l’idée de voir une couronne posée sur la tête de Reza Pahlavi. Étroitement lié depuis longtemps au gouvernement de Netanyahou, Pahlavi promet qu’une fois le pouvoir pris à Téhéran, l’Iran s’enrichira grâce au soutien d’Israël. Multipliant les éloges à l’égard de Netanyahou, responsable de crimes de masse, Reza Pahlavi propose les "Accords de Cyrus", qu’il présente comme plus ambitieux encore que les "Accords d’Abraham", portés par les États-Unis et visant à normaliser les relations d’Israël avec les pays arabes.

Pahlavi va jusqu’à miser sur Israël pour résoudre les problèmes d’eau de l’Iran, proposant des partenariats stratégiques combinant les ressources naturelles iraniennes aux technologies israéliennes. Parmi ces projets figurent des oléoducs et gazoducs communs destinés à acheminer le pétrole et le gaz vers les marchés européens via la Méditerranée. Selon les "Accords de Cyrus", Israël jouerait un rôle clé dans l’ouverture de l’Iran à de nouveaux colonisateurs.

Cyrus le Grand, l’empereur perse Cyrus II, occupe une place particulière dans le récit religieux juif. Selon cette tradition, après avoir conquis Babylone en 539 av. J.-C., Cyrus aurait autorisé les Juifs exilés à Babylone à retourner à Jérusalem pour reconstruire le Temple de Salomon. Pour cette raison, Cyrus est considéré comme le "libérateur des Juifs".

On se souvient que, lors de son premier mandat, tant les "sionistes chrétiens évangéliques" que les "sionistes juifs" avaient attribué à Trump le titre de "Cyrus" après le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Le président américain Harry Truman, également salué pour son rôle dans la création d’Israël, avait répondu aux louanges en déclarant: "Quelle aide? C’est moi Cyrus, Cyrus."

Le chah Mohammad Reza Pahlavi, qui devait sa couronne aux Américains et aux Britanniques, se voyait lui-même comme une version moderne de "Cyrus le Grand". En 1967, il adopta officiellement le titre de "Chah des chahs (Shahanshah)". En octobre 1971, pour célébrer le "2500e anniversaire de l’Empire perse", il organisa des cérémonies officielles restées dans l’histoire comme "la fête la plus coûteuse de l’époque moderne".

Des rois, reines, princes, princesses, chefs d’État et Premiers ministres venus du monde entier furent accueillis avec un faste extravagant dans une cité de tentes dressée sur les ruines de l’antique Persépolis. L’empereur d’Abyssinie (Éthiopie), Haïlé Sélassié, assista personnellement aux cérémonies, accompagné de son chien "Cheecheebee", portant un collier orné de diamants précieux. La quasi-totalité des mets et des boissons servis aux invités avaient été importés d’Europe, notamment de Paris. Ces célébrations dignes des contes de fées masquaient la pauvreté dans laquelle vivait le peuple iranien.

Dans son discours lors des cérémonies, le chah déclarait: "Cyrus! Grand Roi, Roi des rois… Toi, héros immortel de l’histoire, père du plus ancien empire du monde, grand libérateur de tous les temps, fils précieux de l’humanité… 2500 ans plus tard, le drapeau perse flotte avec la même fierté qu’à l’époque de ta gloire." Cette fascination du chah pour Cyrus avait inquiété les cheikhats du Golfe.

Pourtant, huit ans seulement après ces festivités, le chah fut chassé par le peuple iranien. Cette fois-ci, ni les Américains ni les Britanniques ne purent lui venir en aide, comme ils l’avaient fait en 1953. Traité en paria aux États-Unis et dans les pays occidentaux, le chah ne trouva refuge qu’en Égypte, auprès du dictateur Anouar el-Sadate.

Lorsque le chah mourut au Caire en 1980, aucun chef d’État, à l’exception d’Anouar el-Sadate, n’assista à ses funérailles. Seuls l’ancien président américain Richard Nixon et l’ex-roi de Grèce Constantin II y étaient présents. Comparées aux fastes du "2500e anniversaire de l’Empire perse" en octobre 1971, les funérailles du chah offraient une image profondément tragique.

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