
Il ne s’agit plus de débattre, mais de faire taire
La démocratie, la liberté d’expression, le droit des peuples… autant de valeurs brandies lorsqu’il s’agit de juger les autres, mais mises entre parenthèses dès lors qu’elles deviennent contraignantes chez soi.
Sans débat, sans discussion et sans respect pour cette expression citoyenne, il ne s’agit plus d’écouter. Il s’agit de filtrer.
La contradiction est flagrante. On célèbre la rue lorsqu’elle conteste des régimes étrangers, mais on la disqualifie lorsqu’elle remet en cause les décisions internes. On invoque le peuple ailleurs, mais on le contourne ici.
En France, le référendum français du 29 mai 2005 qui portait sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE) avait été rejeté massivement avec plus de 54% de votre contre. Alors en 2007, on a validé le même traité en l'appelant Traité de Lisbonne sans le soumettre à un référendum.
Ainsi, le message est clair : le peuple a le droit de s’exprimer, à condition de ne pas déranger ou foutre en l’air le système établi. Quelle belle démocratie.
Dans ce contexte, la célèbre formule de Jean-Louis Barrault souvent repris par Coluche prend une résonance particulière :
La dictature, c’est ferme ta gueule ; la démocratie, c’est cause toujours.
Aujourd’hui, ce "cause toujours" semble devenir une réalité politique assumée.
Mais c’est sur la question palestinienne que cette dérive atteint son point le plus inquiétant.
Depuis des mois, Gaza est le théâtre d’un génocide documenté, dénoncé par de nombreuses voix à travers le monde. Des civils bombardés, des infrastructures détruites, une population enfermée et privée de tout.
Et pourtant, en France, dénoncer ce génocide devient un acte à risque. Malgré toutes les preuves, les ministres font preuve d’une mauvaise foi qui donne la nausée. Alors la question qui se pose est la suivante :
Mais pourquoi sont-ils aussi soumis ? Sont-ils victimes d'un chantage ?
D’ailleurs, c’est dans ce cadre que les mobilisations en soutien au peuple palestinien sont encadrées, limitées, parfois interdites. Les voix critiques sont surveillées, disqualifiées, voire sanctionnées. Le simple fait de boycotter ou de dénoncer des soutiens à cette politique peut suffire à être accusé d’antisémitisme. Le cas de Rima Hassan, députée européenne, surveillée comme une criminelle est l'exemple parfait d'une dérive totalitaire.
Car derrière cette stratégie, il y a une volonté claire : empêcher toute critique structurée de la politique israélienne, en la rendant juridiquement et médiatiquement dangereuse.
Prier, jeûner, s’organiser collectivement… autant d’éléments normaux dans la vie de millions de citoyens, mais présentés comme des signaux inquiétants dans le débat public.
Cette construction d’un ennemi intérieur n’est pas nouvelle. Elle répond à une logique politique classique : détourner les tensions sociales en désignant un groupe comme responsable implicite. Alors le français moyen, à force d'entendre cela, tombe dans le piège et estime que ces pratiques sont inacceptables. Pourtant, on voit aussi un retour à la pratique religieuse y compris chez les Chrétiens.
L’histoire l’a montré à de nombreuses reprises. Ce qui commence comme une exception devient progressivement une norme. Et ceux qui pensent être à l’abri aujourd’hui pourraient bien être les prochains demain.
Dans ce cadre, toute forme d’engagement, en particulier lorsqu’il concerne des causes internationales comme la Palestine ou la dénonciation du génocide à Gaza, tend à être perçue non plus comme une opinion politique légitime, mais comme un marqueur de suspicion. La parole est alors moins contestée qu’encadrée, moins débattue que disqualifiée.
À terme, ce type de fragmentation affaiblit l’ensemble du tissu social, en instaurant des lignes de séparation qui dépassent largement la question religieuse et viennent redéfinir les conditions mêmes du vivre-ensemble.
Car à force d’encadrer certaines paroles, de disqualifier certaines mobilisations et de restreindre certains engagements, notamment lorsqu’ils concernent la Palestine ou la dénonciation du génocide à Gaza, une ligne de fracture apparaît. Elle ne sépare plus seulement des opinions, mais redéfinit les contours mêmes de ce qui est acceptable dans l’espace public.
Le nom et le logo BIST sont protégés sous le "Certificat de Marque Protégée" et ne peuvent être utilisés, cités ou modifiés sans autorisation.Tous les droits d'auteur des informations publiées sous le nom BIST appartiennent entièrement à BIST et ne peuvent être republiés. Les données de marché sont fournies par iDealdata Finansal Teknolojiler A.Ş. Les données des actions BIST sont retardées de 15 minutes.