Un élément de contexte : la désintégration a commencé au sein des FDS

10:129/01/2026, vendredi
MAJ: 9/01/2026, vendredi
Yahya Bostan

Il y a tout juste un mois, l’une des questions qui m’intriguaient le plus était la suivante : le délai accordé pour l’intégration des FDS arrivait à échéance à la fin de l’année. Or, les négociations prévues pour septembre-octobre avaient été interrompues par la décision d’Israël d’accroître les tensions régionales en novembre. Les FDS avaient alors choisi de monter dans la barque israélienne. Dès lors, que se passerait-il à l’expiration du délai ? Le pouvoir de Damas, encore occupé à panser ses

Il y a tout juste un mois, l’une des questions qui m’intriguaient le plus était la suivante : le délai accordé pour l’intégration des FDS arrivait à échéance à la fin de l’année. Or, les négociations prévues pour septembre-octobre avaient été interrompues par la décision d’Israël d’accroître les tensions régionales en novembre. Les FDS avaient alors choisi de monter dans la barque israélienne. Dès lors, que se passerait-il à l’expiration du délai ?
Le pouvoir de Damas, encore occupé à panser ses plaies, allait-il recourir à l’option militaire ou chercher à étaler le processus dans le temps ?

Pour obtenir des réponses, j’ai rencontré une source qui suit la région de très près. Selon elle, ni Ankara ni Damas ne souhaitaient une nouvelle escalade. La nouvelle administration syrienne, ayant acquis une légitimité internationale, donnait la priorité à la reconstruction du pays. Une opportunité majeure se présentait pour la stabilité régionale. La Türkiye, les États-Unis et la Syrie s’étaient accordés sur l’intégrité territoriale syrienne lors de la visite de Şara à Washington, en présence du ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan. De plus, ces développements avaient le potentiel d’influencer positivement ou négativement le processus de
"Türkiye sans terrorisme"
, sur lequel Ankara avançait avec la plus grande vigilance.

Pourtant, loin de toute intégration militaire, les FDS avaient déplacé le débat vers une logique fédéraliste, influençant négativement les autres groupes du pays. Elles tenaient des réunions hebdomadaires avec Israël et promettaient, en échange de son soutien, la mise en place du
"corridor de David"
. Cela signifiait clairement une fragmentation du pays, à laquelle ni Damas ni Ankara ne pouvaient consentir.

Une stratégie en deux phases


À la question
"Que va-t-il se passer ?"
, ma source n’avait pas donné de réponse catégorique. Mais à l’issue de notre réflexion commune, une analyse s’est dessinée. Les négociations pouvaient échouer, les FDS, enhardies par le soutien israélien, pouvaient se lancer dans des provocations, donnant à Damas un droit légitime à la légitime défense.

La riposte à ces provocations devait se dérouler en deux phases. Dans un premier temps, une opération limitée, à valeur d’avertissement, ciblant des objectifs précis, permettrait d’affirmer la détermination syrienne à préserver l’intégrité territoriale tout en laissant la porte ouverte aux négociations. En cas d’échec, une intervention d’envergure serait alors envisagée. Lors de cette seconde phase, il était attendu que les tribus arabes retirent leur soutien aux FDS et que le YPG se retrouve coincé entre Haseke et Qamichli.


Ma source insistait particulièrement sur l’importance d’Alep. En raison de la sensibilité du sujet, j’avais auparavant évité d’aborder directement Alep en détaillant certains éléments.


Attention aux négociations Israël-Syrie


Deux paramètres étaient déterminants dans ce processus. Premièrement, avant toute initiative de Damas, les négociations entre la Syrie et Israël devaient atteindre un certain équilibre. Sans cela, une intervention syrienne contre les FDS aurait pu provoquer une réaction israélienne visant à concrétiser le projet du corridor de David. Deuxièmement, pour que l’accord de sécurité Türkiye-Syrie se traduise concrètement sur le terrain, Damas devait également prendre certaines décisions.


Le mois de décembre a été marqué par une intense activité diplomatique. L’envoyé spécial de Trump, Barrack, a rencontré Netanyahu en Israël, puis le ministre Fidan à Ankara. Trump s’est ensuite entretenu avec Netanyahu à Washington, et sous sa pression, des représentants d’Israël, des États-Unis et de la Syrie se sont réunis à Paris. Il a été décidé d’y établir une cellule de coordination en Jordanie afin d’éviter tout incident de communication entre la Syrie et Israël. Peut-on dire que le sommet de Paris a placé les négociations israélo-syriennes sur une trajectoire positive ? Il est trop tôt pour l’affirmer. Israël, contraint de s’asseoir à la table sous pression américaine, n’a jamais renoncé à ses objectifs de fragmentation.


Parallèlement, les développements concernaient également l’accord de sécurité Türkiye-Syrie. À la visite du chef d’état-major Selçuk Bayraktaroğlu à Damas a succédé celle du ministre des Affaires étrangères Fidan, du ministre de la Défense Güler et du chef du MIT, Kalın. Il apparaît que des décisions importantes ont été prises afin de traduire cet accord en actions concrètes sur le terrain. La dernière réunion entre Damas et les FDS s’est tenue dans ce contexte, mais elle a échoué en raison des exigences maximalistes des FDS, telles que le refus de voir l’armée syrienne entrer dans leurs zones. L’entretien entre le président Erdoğan et le président américain Trump s’inscrit dans ce cadre général.


Les États-Unis ont cessé de payer, Israël finance désormais


À la suite des attaques des FDS, de violents affrontements ont éclaté dans les quartiers de Cheikh Maksoud et Eşrefiye à Alep, poussant l’armée syrienne à lancer une opération. Il faudra observer l’évolution de la situation, mais dès lors qu’une opération est engagée, l’objectif doit être atteint, par la force ou par la négociation : l’organisation terroriste doit être expulsée d’Alep.


Après ces événements, j’ai de nouveau contacté ma source. À ma question
"L’opération à Alep correspond-elle à la première phase ?"
, elle a répondu que Damas semblait progressivement engager ce processus. Les attaques des FDS contre les positions syriennes, leurs actions contre les civils et leur défense du fédéralisme renforcent la position de Damas. Dans le même temps, une désintégration a commencé au sein des FDS. Des départs collectifs et des défections sont observés.
Ces ruptures ne concernent pas uniquement des combattants arabes, mais aussi des Kurdes au sein des FDS.

Les causes de cette désagrégation sont multiples : des conflits internes, l’amélioration de l’image de Damas auprès des États-Unis, mais aussi l’absence de salaires. Les États-Unis ne versent plus de financement aux FDS.
Israël apporte actuellement un soutien financier limité, mais insuffisant.
Les détails de cette désintégration apparaîtront plus clairement dans les jours à venir.
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