
La riposte à ces provocations devait se dérouler en deux phases. Dans un premier temps, une opération limitée, à valeur d’avertissement, ciblant des objectifs précis, permettrait d’affirmer la détermination syrienne à préserver l’intégrité territoriale tout en laissant la porte ouverte aux négociations. En cas d’échec, une intervention d’envergure serait alors envisagée. Lors de cette seconde phase, il était attendu que les tribus arabes retirent leur soutien aux FDS et que le YPG se retrouve coincé entre Haseke et Qamichli.
Ma source insistait particulièrement sur l’importance d’Alep. En raison de la sensibilité du sujet, j’avais auparavant évité d’aborder directement Alep en détaillant certains éléments.
Deux paramètres étaient déterminants dans ce processus. Premièrement, avant toute initiative de Damas, les négociations entre la Syrie et Israël devaient atteindre un certain équilibre. Sans cela, une intervention syrienne contre les FDS aurait pu provoquer une réaction israélienne visant à concrétiser le projet du corridor de David. Deuxièmement, pour que l’accord de sécurité Türkiye-Syrie se traduise concrètement sur le terrain, Damas devait également prendre certaines décisions.
Le mois de décembre a été marqué par une intense activité diplomatique. L’envoyé spécial de Trump, Barrack, a rencontré Netanyahu en Israël, puis le ministre Fidan à Ankara. Trump s’est ensuite entretenu avec Netanyahu à Washington, et sous sa pression, des représentants d’Israël, des États-Unis et de la Syrie se sont réunis à Paris. Il a été décidé d’y établir une cellule de coordination en Jordanie afin d’éviter tout incident de communication entre la Syrie et Israël. Peut-on dire que le sommet de Paris a placé les négociations israélo-syriennes sur une trajectoire positive ? Il est trop tôt pour l’affirmer. Israël, contraint de s’asseoir à la table sous pression américaine, n’a jamais renoncé à ses objectifs de fragmentation.
Parallèlement, les développements concernaient également l’accord de sécurité Türkiye-Syrie. À la visite du chef d’état-major Selçuk Bayraktaroğlu à Damas a succédé celle du ministre des Affaires étrangères Fidan, du ministre de la Défense Güler et du chef du MIT, Kalın. Il apparaît que des décisions importantes ont été prises afin de traduire cet accord en actions concrètes sur le terrain. La dernière réunion entre Damas et les FDS s’est tenue dans ce contexte, mais elle a échoué en raison des exigences maximalistes des FDS, telles que le refus de voir l’armée syrienne entrer dans leurs zones. L’entretien entre le président Erdoğan et le président américain Trump s’inscrit dans ce cadre général.
À la suite des attaques des FDS, de violents affrontements ont éclaté dans les quartiers de Cheikh Maksoud et Eşrefiye à Alep, poussant l’armée syrienne à lancer une opération. Il faudra observer l’évolution de la situation, mais dès lors qu’une opération est engagée, l’objectif doit être atteint, par la force ou par la négociation : l’organisation terroriste doit être expulsée d’Alep.
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