Le SDG ne réclame pas un droit, mais un super-privilège, et il tire sa force non pas du peuple kurde, mais des États-Unis et d’Israël.

10:0910/01/2026, Cumartesi
Yasin Aktay

Alors même que le délai qui lui avait été accordé dans le cadre de l’accord du 10 mars est arrivé à expiration, le SDG ne s’est pas contenté de traîner des pieds dans la mise en œuvre des mesures requises : il a poursuivi ses comportements agressifs à partir des zones qu’il occupe à Alep. L’opération lancée par le gouvernement syrien a démontré, jusqu’à présent, le sérieux de ses avertissements adressés au SDG, ainsi que sa capacité réelle à passer à l’action. Ce n’est pas un jeu. Le gouvernement

Alors même que le délai qui lui avait été accordé dans le cadre de l’accord du 10 mars est arrivé à expiration, le SDG ne s’est pas contenté de traîner des pieds dans la mise en œuvre des mesures requises : il a poursuivi ses comportements agressifs à partir des zones qu’il occupe à Alep. L’opération lancée par le gouvernement syrien a démontré, jusqu’à présent, le sérieux de ses avertissements adressés au SDG, ainsi que sa capacité réelle à passer à l’action. Ce n’est pas un jeu.


Le gouvernement qui constitue aujourd’hui la structure militaire syrienne a renversé, il y a à peine un an, l’armée baasiste syrienne soutenue par l’Iran et la Russie, en seulement onze jours d’opérations. Il s’agit de forces aguerries, qui connaissent chaque parcelle du territoire syrien, fortes de quatorze années d’expérience de guerre et, plus important encore, animées par des motivations, des convictions et des raisons de combattre à la fois légitimes et profondément nobles.


LES DESCENDANTS DE SALADIN NE SONT PAS AU SDG, MAIS DANS L’ARMÉE SYRIENNE


Dès qu’il est devenu évident que le SDG ne respecterait pas les conditions dans le délai imparti, l’opération a été lancée. En quelques heures à peine, le quartier de Şerefiye à Alep, occupé par l’organisation, a été nettoyé, et la chute totale de Sheikh Maksoud n’est plus qu’une question de temps.


L’opération vise exclusivement l’organisation armée ; il n’a jamais été question d’une action dirigée contre le peuple kurde. L’armée syrienne, composée aujourd’hui exclusivement de volontaires, compte dans ses rangs de nombreux combattants kurdes. Si l’on cherche les descendants de Saladin, c’est ici qu’il faut les trouver. Ils savent parfaitement que la nouvelle Syrie ne se construit pas sur une base raciale, mais sur une vision fondée sur l’oumma, et ils s’y engagent avec une profonde conviction.


Même si les deux grands quartiers occupés par le SDG sont des zones à forte population kurde, cela ne confère aucun droit au SDG, ni à aucune structure prétendant représenter les Kurdes, de créer une entité autonome distincte au cœur d’Alep.


POSSEDER UNE FORCE ARMÉE NE CRÉE PAS UN DROIT


Ni le SDG, ni ceux qui, au nom du nationalisme kurde en La Türkiye, lui reconnaissent ce prétendu droit, n’ont quoi que ce soit de pertinent à dire sur ce sujet. Le fait de prendre les armes et de s’emparer d’un territoire ne fonde aucun droit. Et si l’on s’y essaie, les conséquences sont connues.


En La Türkiye aussi, lorsqu’ils ont tenté de jouer à l’autonomie ou à l’État en creusant des tranchées et en s’emparant de certains quartiers, on a vu comment cela s’est terminé. Sans obtenir le consentement des populations qu’ils prétendaient représenter, ils ont détruit leurs maisons, transformé leurs chambres en positions de combat et utilisé les civils comme boucliers humains. Et ces civils étaient eux aussi kurdes. Honte à eux.


À QUEL MOMENT SE SONT-ILS SOUVENUS ÊTRE LES DESCENDANTS DE SALADIN ?


Certains cherchent aujourd’hui à présenter l’opération parfaitement légitime menée par le gouvernement syrien contre le SDG comme une action dirigée contre les Kurdes. Pire encore, ils tentent de la faire passer pour une guerre menée par Charaa contre les descendants de Saladin. Une mise en scène pour le moins étrange.


Quand ont-ils redécouvert Saladin ? Ceux qui, pendant des années, ont pris leurs distances avec lui au nom du nationalisme kurde, fuyant son héritage comme la peste, se réfugient soudain dans sa mémoire pour présenter Charaa et le nouveau régime syrien comme de nouveaux ennemis des Kurdes.


LE SOUTIEN AMÉRICAIN N’APPORTE NI DROIT NI LÉGITIMITÉ AU SDG


La réalité qu’ils tentent de dissimuler est pourtant flagrante : le SDG ne tire pas sa force d’une représentation authentique du peuple kurde, mais exclusivement du soutien des États-Unis et d’Israël. Ce soutien ne lui confère ni légitimité ni justesse morale.


La collaboration qu’ils ont entretenue jusqu’à présent avec les États-Unis et Israël, et la trahison qu’elle a représentée pour les peuples de la région, constituent déjà une tache indélébile sur leur histoire. Qu’ils cessent désormais de mêler les Kurdes à cette honte et de les trahir une fois de plus.


Le prétexte officiel du soutien américain au SDG est la lutte contre Daech. Mais le masque est tombé, le vrai visage est apparu. Daech n’a aucun lien ni avec le régime syrien ni avec les musulmans. Il s’agissait d’un instrument fabriqué de toutes pièces par les États-Unis et Israël pour produire artificiellement des héros sauveurs au profit du SDG. Encore aujourd’hui, ils peuvent le réactiver à tout moment selon leurs besoins. Ce groupe ne bénéficie d’aucun soutien populaire et ne repose sur aucune cohérence idéologique.


Le SDG ne dispose d’aucune autre force que le soutien américain. Même en admettant qu’il représente les Kurdes, dans les zones qui lui ont été attribuées par les États-Unis (Raqqa, Deir ez-Zor, Hassaké, l’ensemble de l’est de l’Euphrate), la population kurde ne dépasse pas 15 % par rapport à la population arabe.


Les droits revendiqués aujourd’hui par le SDG et par ceux qui prétendent parler au nom des Kurdes de Syrie ne concernent ni les droits culturels, ni la reconnaissance de l’identité, ni l’égalité citoyenne. Tout cela est déjà garanti par le pouvoir en place, non seulement pour les Kurdes mais pour toutes les autres composantes de la société, sans les reléguer au statut de minorité, mais en tant que citoyens à part entière.


Ce que le SDG réclame réellement, c’est autre chose : le droit de constituer une force armée distincte de l’État et de contrôler des territoires dans des régions où les Kurdes sont minoritaires.


Ce n’est pas un droit, mais une revendication de super-privilège.


Aujourd’hui, les milieux nationalistes kurdes tentent de produire un discours de victimisation au nom des Kurdes parce que ce super-privilège leur est refusé. Les promesses faites par l’alliance États-Unis-Israël en échange de la trahison du peuple syrien sont présentées comme des droits acquis.


Assad, mû par un esprit de revanche contre La Türkiye, avait accepté que les États-Unis mènent ces opérations sur son territoire et livrent des zones au SDG. Le PKK, déjà, avait été utilisé pendant de longues années sous la protection d’Assad contre La Türkiye. Ceux qui, aujourd’hui, plaident pour le SDG devraient aussi rendre des comptes pour ces années de trahison.


MAIS NOUS SOMMES DÉSORMAIS DANS UNE NOUVELLE PÉRIODE : LA SYRIE APPARTIENT À SON PEUPLE


Assad est parti, et avec lui le système d’occupation, de narcotrafic et de massacres qu’il avait instauré pour satisfaire ses ambitions personnelles a atteint sa fin. En Syrie, il existe désormais un pouvoir qui ne cherche pas à instrumentaliser les Kurdes, mais qui les considère comme une composante indissociable de son peuple, à égalité avec toutes les autres.


UNE SYRIE DIVISÉE EST UN PROJET ISRAÉLIEN


On attend simplement du SDG qu’il renonce à sa revendication de super-privilège. Rien de plus.


Personne ne cherche à opprimer ou à persécuter les Kurdes. Ils continueront de bénéficier de tous leurs droits culturels et jouiront d’un respect et d’une confiance qu’ils n’ont jamais connus auparavant dans l’histoire syrienne. Ce sont les équilibres naturels de la région, hérités de siècles d’histoire.


Les autorités l’ont répété à maintes reprises : toute tentative de manipuler ces équilibres pour diviser la Syrie relève d’un projet israélien. Le temps est désormais venu non plus pour les projets imposés de l’extérieur, mais pour l’accolade des peuples de la région et la construction de leurs propres projets communs.

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