L'inflation continue de déraper aux Etats-Unis

La rédaction avec
18:0310/06/2026, الأربعاء
AFP
Les Américains voient donc leur pouvoir d'achat se réduire mécaniquement, une question devenue centrale dans la campagne électorale en vue des élections de mi-mandat prévues en novembre.
Crédit Photo : Capture vidéo / X
Les Américains voient donc leur pouvoir d'achat se réduire mécaniquement, une question devenue centrale dans la campagne électorale en vue des élections de mi-mandat prévues en novembre.

L'inflation américaine a atteint 4,2% sur un an en mai, contre 2,4% avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, entraînant une érosion du pouvoir d'achat des ménages, selon les données officielles publiées mercredi.

La guerre au Moyen-Orient comme catalyseur

Selon les données publiées mercredi, l'indice officiel des prix à la consommation (CPI) est ressorti à 4,2% sur un an au mois de mai, un niveau inégalé depuis avril 2023.

Cette accélération spectaculaire intervient dans la foulée des premiers bombardements israélo-américains contre l'Iran le 28 février, qui ont fait basculer la région dans une crise majeure.

Par ailleurs, Téhéran a répliqué en bloquant le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz, propulsant les cours du pétrole et dérivés comme le plastique et les engrais à des niveaux record.

L'indice semblait pourtant sur une pente descendante depuis la fin d'année 2025, s'étant stabilisé autour de 2,4% début 2026, avant de décoller dès le mois de mars.

Cette rupture de tendance illustre l'impact immédiat des tensions géopolitiques sur l'économie américaine, tandis que la facture énergétique des ménages connaît une envolée sans précédent.

Erosion du pouvoir d'achat

En parallèle, les salaires n'ont progressé que de 3,4% sur la période, selon un rapport publié la semaine dernière, creusant ainsi l'écart avec l'inflation ressentie par les consommateurs.

Les Américains voient donc leur pouvoir d'achat se réduire mécaniquement, une question devenue centrale dans la campagne électorale en vue des élections de mi-mandat prévues en novembre.

La hausse des prix de l'essence (+40,5% sur un an) constitue le principal moteur de cette accélération inflationniste. De plus, l'inflation sous-jacente, qui exclut les variations des coûts de l'énergie et de l'alimentation, a également grimpé à 2,9% contre 2,5% en février, signalant une diffusion plus large des tensions tarifaires dans l'économie.

Les billets d'avion ont vu leurs tarifs exploser de 26,7%, tandis que l'entretien automobile (+6,1%) et les soins hospitaliers (+5,7%) pèsent lourd sur les budgets.

Attente d'un accord avec Téhéran

Le gouvernement Trump tente depuis des semaines de rassurer l'opinion en assurant que les répercussions économiques de la guerre demeureront temporaires. L'administration s'efforce activement de conclure un accord avec l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin durablement au conflit, impopulaire sur le sol américain.

Toutefois, plusieurs analystes estiment que l'inflation a atteint son sommet en mai et devrait ralentir au second semestre.
"Nous considérons que l'inflation a atteint un sommet et devrait ralentir au cours du second semestre, à condition qu'un accord soit trouvé rapidement avec l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz"
, a écrit Kathy Bostjancic, économiste de l'assureur Nationwide, dans une note.
"Compte tenu de la forte baisse des prix de l'essence observée jusqu'à présent en juin, le mois de mai pourrait marquer un pic"
, a également estimé Nancy Vanden Houden, économiste chez Oxford Economics, pour qui l'inflation
"mettra du temps à reculer".

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