Fibre Excellence : liquidation imminente sans intervention de l'État

La rédaction avec
16:3910/06/2026, mercredi
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La disparition du groupe mettrait en péril une filière représentant plus de 10 000 emplois selon les élus et organisations syndicales.
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La disparition du groupe mettrait en péril une filière représentant plus de 10 000 emplois selon les élus et organisations syndicales.

Les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur ainsi que les syndicats CFDT, CGT et FO ont alerté le Premier ministre sur le risque de liquidation de Fibre Excellence, propriétaire des deux dernières usines françaises de pâte à papier, selon un courrier commun.

L'alerte des élus et syndicats

Dans un courrier adressé mardi au Premier ministre, les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur ainsi que les syndicats CFDT, CGT et FO ont demandé une intervention rapide des pouvoirs publics.

Les signataires estiment que
"sans intervention rapide des pouvoirs publics, le risque d'une liquidation judiciaire est imminent"
. Cette démarche collective vise à sauvegarder les deux dernières usines de pâte à papier sur le territoire français.

Une entreprise en redressement judiciaire

Placée en redressement judiciaire le 27 avril après s'être déclarée en cessation de paiements mi-avril, Fibre Excellence dispose d'une période d'observation de six mois pour trouver un repreneur.

L'entreprise emploie 670 salariés sur ses sites de Saint-Gaudens en Haute-Garonne et de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. Par ailleurs, l'actionnaire indonésien Jackson Wijaya, lié au groupe Asia Pulp and Paper, a décidé de ne plus poursuivre ses investissements dans la société.

Menaces sur l'emploi et la production

La disparition du groupe mettrait en péril une filière représentant plus de 10 000 emplois selon les élus et organisations syndicales.

De plus, Fibre Excellence produit environ 1,5 million de tonnes de pâte à papier par année, couvrant près des trois quarts des besoins du marché français.

Cette production sert notamment à la fabrication de papiers, mouchoirs et emballages, tandis que la fermeture des sites créerait un vide industriel majeur dans la chaîne d'approvisionnement nationale.

Les conditions d'une reprise

Une offre de reprise portée par l'équipe dirigeante actuelle est actuellement à l'étude, mais elle reste conditionnée à plusieurs engagements attendus de l'État.

Toutefois, cette offre dépend crucialement de la revalorisation du tarif de rachat par EDF de l'électricité produite par les usines à partir de biomasse, une activité complémentaire dont l'équilibre économique a été fragilisé par la hausse du coût du bois et des copeaux.

Le gouvernement avait proposé une augmentation de 20 % de ce tarif dans le cadre des négociations engagées avec l'entreprise.

L'échéance du 17 juin

Les signataires du courrier estiment que les arbitrages attendus doivent être finalisés avant le 17 juin, date à laquelle le tribunal de commerce de Toulouse doit examiner les offres de reprise éventuelles.

En outre, cette échéance est considérée comme déterminante pour l'avenir du dernier producteur français de pâte à papier et de ses deux sites industriels. Selon la même source, l'absence de décision favorable d'ici là rendrait probable la cessation définitive de l'activité.


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