France: Bayrou fixe l'objectif de l'équilibre des retraites en 2030

La rédaction avec
11:2727/02/2025, jeudi
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Le Premier ministre français François Bayrou quitte la salle après avoir prononcé un discours à l'issue d'une réunion du Comité interministériel de contrôle de l'immigration (CICI) à l'hôtel Matignon à Paris, le 26 février 2025.
Crédit Photo : LUDOVIC MARIN / AFP
Le Premier ministre français François Bayrou quitte la salle après avoir prononcé un discours à l'issue d'une réunion du Comité interministériel de contrôle de l'immigration (CICI) à l'hôtel Matignon à Paris, le 26 février 2025.

Syndicats et patronat sont convoqués ce jeudi 27 février pour la première réunion d'une délégation paritaire dédiée à la réforme des retraites. Par voie d'une lettre datée du 26 février 2025 et adressée aux représentants des partenaires sociaux, François Bayrou précise le cadre de leurs travaux et fixe un cap : l'équilibre financier du système d'ici à 2030.

Dans cette missive, le Premier ministre français rappelle son engagement de janvier dernier à ouvrir un chantier sur les évolutions nécessaires à apporter au système de retraites, estimant que ce sujet
"continue à susciter des débats dans notre pays"
. Il se dit confiant dans
"la légitimité de la démocratie sociale"
pour trouver des solutions et justifie la création d'une délégation paritaire permanente chargée de mener cette réflexion.

Un déficit jugé "insoutenable"


La Cour des comptes a récemment rendu son diagnostic sur l'état du système, exposant un déficit qui pourrait se creuser de façon insoutenable si aucune réforme n'est menée. Bayrou reprend ces constats en soulignant que la réforme doit non seulement restaurer l'équilibre, mais aussi
"proposer des améliorations réelles pour nos concitoyens"
.

Il précise :


Je souhaite fixer cet objectif à l'année 2030, conformément à la trajectoire de nos finances publiques.

Si des compensations pour les employeurs publics ont été soulevées par la Cour des comptes, Bayrou indique que ces aspects ne seront pas directement intégrés dans la délégation paritaire, sauf à la demande expresse des partenaires sociaux. Il insiste toutefois sur la nécessité de ne pas modifier les équilibres financiers entre les différents régimes.


Un cadre de discussions élargi et transparent


La délégation paritaire aura toute latitude pour discuter de l'ensemble des paramètres du système de retraites. Le Premier ministre affirme que les débats se dérouleront
"sans totem ni tabou"
, laissant aux représentants syndicaux et patronaux le soin de fixer l'ordre du jour des négociations.

Afin d'assurer un suivi parlementaire, François Bayrou annonce que la ministre du Travail et de l'Emploi organisera des réunions avec les groupes politiques de l'Assemblée nationale et du Sénat. Jean-Jacques Marette, en charge du programme de travail, tiendra régulièrement les parlementaires informés de l'évolution des travaux.


Vers une réforme inscrite dans la loi avant l'été ?


L'objectif du gouvernement est clair : traduire les conclusions des discussions sociales en un projet de loi d'ici juin 2025. Bayrou précise que seules les mesures bénéficiant d'un accord suffisant des organisations syndicales et patronales seront défendues au Parlement.


Dans sa lettre, il conclut en exhortant les partenaires sociaux à relever ce défi majeur :
"Elle est à la hauteur de l'enjeu que représente l'amélioration de notre système de retraites et son retour à l'équilibre".

Une réforme sous haute tension


La précédente réforme de 2023, portant l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans, avait déjà suscité d'importantes mobilisations sociales. Ce nouveau cycle de concertations risque d'être tout aussi tendu. Les syndicats restent prudents quant à une potentielle nouvelle phase de durcissement des règles, tandis que le patronat pourrait plaider pour un allongement de la durée de cotisation.


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