France : un chirurgien lanceur d’alerte dénonce des représailles après une alerte de santé publique

La rédaction avec
15:4219/01/2026, lundi
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Le docteur Raouf Hammami, chirurgien orthopédiste au centre hospitalier de Gap.
Crédit Photo : Capture video / X
Le docteur Raouf Hammami, chirurgien orthopédiste au centre hospitalier de Gap.

Le docteur Raouf Hammami, chirurgien orthopédiste au centre hospitalier de Gap depuis plus de vingt ans, se bat devant la justice administrative pour faire reconnaître ce qu’il qualifie de "révocation déguisée".

Reconnu officiellement comme lanceur d’alerte, le praticien affirme être victime de représailles répétées depuis qu’il a signalé, en 2018, de graves dysfonctionnements médicaux au sein de l’établissement.


"J’ai subi quatre suspensions, un détachement d’office, une affectation aux urgences sans accès au bloc opératoire, trois mises en disponibilité d’office, et aujourd’hui une radiation des cadres depuis le 1er décembre 2025"
, énumère le médecin, dans un témoignage recueilli par journal quotidien Le Dauphiné Libéré, au tribunal administratif de Marseille, où il a engagé une procédure en référé pour contester sa radiation.


"Santé publique"


Selon le chirurgien, ces décisions disciplinaires constituent la dixième mesure de représailles à son encontre depuis 2019.

À l’origine du conflit, une alerte qu’il qualifie de
"santé publique"
, portant sur des pratiques chirurgicales qu’il juge dangereuses et qu’il attribue à l’un de ses confrères du centre hospitalier de Gap.
"Toute réponse de la direction de l’époque a été disciplinaire. J’ai été suspendu une première fois en 2019"
, affirme-t-il.

Après plusieurs années de procédures, le docteur Hammami dit se retrouver aujourd’hui dans une situation de grande précarité.
"Après trois ans de disponibilité et de chômage, je suis désormais privé de toute ressource"
, déplore-t-il.


"Reprendre mon poste"


Un tournant juridique est toutefois intervenu le 14 novembre dernier, lorsque les autorités compétentes ont reconnu son statut de lanceur d’alerte, une décision qu’il considère comme une jurisprudence majeure.
"C’est une reconnaissance qui fera référence pour les dix prochaines années"
, estime-t-il.

Pour le praticien, l’issue du combat est claire :
"Ce que je demande, c’est simplement de pouvoir reprendre mon poste au centre hospitalier de Gap, au service des patients, dans des conditions normales de sécurité, avec une protection effective du lanceur d’alerte par la direction de l’hôpital".

L’affaire relance le débat sur la protection réelle des lanceurs d’alerte dans le secteur hospitalier, alors que plusieurs rapports officiels soulignent les difficultés persistantes rencontrées par les professionnels de santé qui dénoncent des dysfonctionnements internes. La décision du tribunal administratif de Marseille est désormais très attendue, tant par les soutiens du chirurgien que par les acteurs du monde hospitalier.


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