
Les négociations entre l’Iran et les États-Unis à Islamabad s’inscrivent dans un contexte régional fragile. Téhéran affirme que la stabilité au Liban influencera directement l’issue des discussions. Un cessez-le-feu est en place mais reste surveillé de près après des violations initiales. L’Iran insiste sur un cadre en dix points incluant la levée des sanctions et la reconnaissance de ses droits nucléaires. Ces pourparlers, les plus significatifs depuis 1979, réunissent des responsables de haut niveau sous médiation pakistanaise.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré samedi que la stabilité au Liban et dans la région influencera directement l’issue des négociations avec les États-Unis.
S’exprimant depuis Islamabad sur la télévision d’État IRIB, il a indiqué que la délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement Bagher Qalibaf, a entamé des consultations avec des responsables pakistanais dès son arrivée dans la capitale.
Un cessez-le-feu fragile sous surveillance
Le responsable iranien a souligné que son pays reste en coordination étroite avec ses forces armées pour surveiller le cessez-le-feu et répondre à toute violation.
Depuis, aucune violation majeure n’a été signalée, selon lui. Les incidents suspects font l’objet d’avertissements immédiats.
Le Liban, facteur clé des négociations
Baghaei a insisté sur le fait que le cessez-le-feu concerne tous les fronts, y compris le Liban, qu’il considère comme un élément central du dispositif.
Il a précisé que l’Iran reste en contact avec sa mission diplomatique à Beyrouth et d’autres acteurs afin de garantir le respect des engagements. Les développements au Liban auront un impact direct sur la dynamique des discussions.
Le cadre proposé par l’Iran comprend dix points majeurs: garanties de non-agression, contrôle du détroit d’Ormuz, reconnaissance du droit à l’enrichissement d’uranium, levée des sanctions américaines, fin des résolutions internationales contre Téhéran, compensations financières, retrait des forces américaines et arrêt des hostilités régionales.
Des pourparlers historiques sous médiation pakistanaise
Les discussions, baptisées "pourparlers d'Islamabad", ont débuté après des rencontres séparées entre les délégations iranienne et américaine avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
Il s’agit de l’un des engagements bilatéraux les plus importants entre Washington et Téhéran depuis 1979. La délégation américaine est conduite par le vice-président JD Vance, accompagné d’émissaires spéciaux.
Côté iranien, Bagher Qalibaf dirige une équipe comprenant le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et Ali Bagheri Kani.
Le Pakistan joue un rôle central dans la médiation, représenté par le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar, avec le soutien du chef de l’armée Asim Munir et du ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi.









