
Le tribunal correctionnel de Paris a rendu lundi son verdict dans l’affaire Lafarge, reconnaissant le cimentier français et plusieurs anciens responsables coupables de financement du terrorisme en Syrie, dans un dossier aux implications juridiques et politiques majeures.
Selon la décision judiciaire, suivie sur place par le correspondant Anadolu, Lafarge S.A. (holding) a été condamnée à l’amende maximale de 1,125 million d’euros et devra publier un communiqué relatif à sa condamnation, ainsi que prendre en charge les frais de justice des parties civiles.
Au total, ces paiements sont évalués à près de 5,6 millions d’euros, dont plus de 500 000 euros auraient bénéficié à Daech, selon les éléments retenus par la juridiction.
Des peines de prison ferme pour plusieurs responsables
Parmi les anciens dirigeants jugés, l’ex-PDG Bruno Lafont a été condamné à six ans de prison ferme avec exécution immédiate, assortis d’une amende de 225 000 euros.
Christian Herrault, ancien directeur général de zone, a été condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende de 225 000 euros.
Des intermédiaires et responsables de sécurité impliqués dans le dossier ont également été condamnés à des peines de prison ferme allant de 18 mois à 7 ans, assorties d’amendes et, dans certains cas, d’interdictions du territoire français.
Parmi eux, Firas Tlass, intermédiaire syrien jugé en son absence, a été condamné à sept ans de prison ferme, une amende de 225 000 euros et une interdiction du territoire français.
Une décision à forte portée juridique et politique
L’affaire, suivie de près depuis plusieurs années, soulève des questions sur la responsabilité des entreprises opérant dans des zones de conflit et sur les limites de leurs stratégies de continuité d’activité en contexte de guerre.
Cette décision marque une étape majeure dans l’un des procès économiques et judiciaires les plus sensibles impliquant une multinationale française.











