
Le premier train de nuit entre Berlin et Paris est arrivé mardi matin dans la capitale française après plus de 14 heures de voyage, un "symbole écologique et européen" selon le ministre français délégué aux Transports.
Le train est arrivé au son d'une musique victorieuse et sous l’œil des nombreux objectifs sur le quai de la Gare de l'Est. La vingtaine de minutes de retard n'a pas gâché la fête.
Tout sourire à la presse, le ministre Clément Beaune qui avait fait le voyage, à la descente du train a lancé:
C'est un symbole dont on a besoin en ce moment. C'est un symbole positif, écologique et européen.
Le Berlin-Paris, opéré avec des trains Nightjet appartenant à la compagnie autrichienne ÖBB, pionnière dans la relance du train de nuit en Europe, offre plusieurs options, de la couchette à la place assise en passant par la voiture-lit avec chambre privative pour une, deux ou trois personnes.
Moins polluant
La compagnie autrichienne a énormément investi dans les trains de nuit, y compris dans des trains neufs, quand l'Europe de l'Ouest fermait petit à petit la plupart de ses lignes de nuit durant la décennie 2010.
Depuis 2020, face à l'engouement pour des modes de transport moins émetteurs en CO2 que l'avion ou la voiture, la France a elle aussi fait le choix de relancer les trains de nuit.
En 2016, il ne subsistait plus que deux lignes de ce genre en France: l'une allant de Paris vers les Pyrénées - Latour-de-Carol ou Portbou en passant par Toulouse - et Albi et l'autre de Paris à Briançon, dans les Alpes.
100 millions d'euros
Le gouvernement français a investi 100 millions d'euros pour la rénovation de 129 vieilles voitures Corail des années 1970 et pour de nouvelles installations en gare.
Mais la limite a été atteinte et à l'heure actuelle, sans nouveaux trains, impossible d'ouvrir de nouvelles lignes.
Si le train de nuit bénéficie d'un certain engouement, il reste un produit peu rentable pour les compagnies ferroviaires.
L'État français subventionne largement les lignes relancées: environ 10 millions d'euros par an pour la liaison vers Berlin ainsi que trois à quatre millions pour celle entre Paris et Aurillac, supprimée il y a 20 ans et rouverte dimanche soir, selon le ministère des Transports.









