
Une pétition intitulée "Non à la loi Yadan", déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale, a dépassé les 80.000 signatures, dont 30.000 en 48 heures, à l’approche de l’examen d’une proposition de loi controversée sur la lutte contre l’antisémitisme.
Le texte, porté par la députée Caroline Yadan, doit être débattu le 16 avril. Présenté comme une initiative transpartisane, il est soutenu par plusieurs groupes de l’ex-majorité présidentielle et certains élus de droite et du centre, mais suscite une opposition marquée à gauche.
La proposition vise à renforcer le cadre pénal existant face à la recrudescence des actes antisémites observée depuis octobre 2023.
Le texte introduit également un nouveau délit sanctionnant la banalisation, la minoration ou la relativisation d’actes terroristes, ainsi qu’une infraction punissant la provocation à la destruction ou à la négation d’un État, passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.
Criminalisation de la critique de l’État d’Israël
Par ailleurs, il renforce la répression de la contestation de la Shoah en élargissant les formes d’expression punissables, y compris sous des formes indirectes ou implicites, et facilite l’action en justice des associations antiracistes.
Ces dispositions suscitent des critiques sur un possible élargissement du champ pénal à des propos jugés implicites, certains opposants estimant que cette évolution pourrait entraîner des interprétations extensives et soulever des enjeux en matière de liberté d’expression.
Protection des libertés publiques
Dans ce contexte, la Ligue des droits de l'homme et d’autres organisations ont lancé des initiatives pour inciter les parlementaires à rejeter le texte.
À ce stade, la mobilisation reste en deçà de ce seuil, mais sa progression rapide témoigne d’un débat sensible, à la croisée des enjeux de lutte contre l’antisémitisme, de sécurité et de protection des libertés publiques.
Ce projet de loi intervient dans un contexte politique et sociétal marqué par une intensification des tensions liées au conflit israélo-palestinien et par une vigilance accrue des autorités face aux discours susceptibles d’alimenter la haine ou de légitimer le terrorisme.











