
La Conférence nationale des procureurs généraux (CNPG) a dénoncé les mouvements de grève engagés par plusieurs barreaux contre le projet de loi SURE, estimant qu’ils "pénalisent les justiciables" et désorganisent le fonctionnement des juridictions.
Par voie d’un communiqué signé par son président Christophe Barret, la CNPG regrette le choix de la grève, soulignant ses conséquences directes sur le traitement des affaires judiciaires.
Elle met en avant des renvois d’audiences, tant pénales que civiles, et alerte sur le risque de remise en liberté de prévenus détenus du fait des reports. L’organisation considère que d’autres formes d’expression auraient permis aux avocats de participer au débat sans perturber le service public de la justice.
Une justice plus rapide mais moins protectrice des droits de la défense
Les autorités judiciaires favorables au texte mettent en avant un outil pragmatique pour accélérer les procédures et réduire les stocks d’affaires en attente. Elles estiment que cette évolution s’inscrit dans une adaptation nécessaire du système judiciaire face à l’augmentation du contentieux criminel.
Solennité du procès criminel
Le projet de loi a reçu un avis globalement favorable du Conseil d’État, qui a validé son cadre juridique tout en relevant la complexité croissante des procédures pénales. Cette validation n’a toutefois pas suffi à apaiser les tensions au sein du monde judiciaire.
Cette réforme cristallise ainsi une opposition plus large entre deux visions de la justice : l’une axée sur l’efficacité et la gestion des flux, l’autre attachée à la solennité du procès criminel et aux garanties procédurales.
Elle ouvre un débat de fond sur l’équilibre entre rapidité de jugement et exigence d’un procès pleinement contradictoire, au cœur des évolutions contemporaines de la justice pénale.











