Pakistan ouvre un corridor Iran/Asie centrale

La rédaction avec
15:4013/04/2026, lundi
MAJ: 13/04/2026, lundi
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Islamabad lance une nouvelle route commerciale via l’Iran vers l’Asie centrale, dans un contexte de médiation au Moyen-Orient et de détente régionale.
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Islamabad lance une nouvelle route commerciale via l’Iran vers l’Asie centrale, dans un contexte de médiation au Moyen-Orient et de détente régionale.

Le Pakistan a lancé une nouvelle route commerciale via l’Iran, une évolution que des experts associent à l’amélioration des relations bilatérales, alors qu’Islamabad joue un rôle de médiateur dans le cessez-le-feu ayant contribué à l’arrêt des hostilités au Moyen-Orient.

Le premier envoi, composé de viande congelée, a été acheminé vendredi vers Tachkent, en Ouzbékistan, marquant la mise en service officielle du corridor de transit Pakistan–Iran.

Dans le cadre de cet accord, les marchandises en provenance du Pakistan transiteront par le port de Gwadar — intégré au corridor économique Chine–Pakistan (CPEC) — avant de traverser l’Iran pour atteindre les États d’Asie centrale.


Selon Munawar Hussain Panhwar, professeur associé à l’université Quaid-i-Azam d’Islamabad, cette initiative semble liée au rapprochement entre Islamabad et Téhéran.

Il a également souligné que les efforts diplomatiques du Pakistan pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient ont contribué à réduire les tensions entre les deux pays.


Le projet intervient après un assouplissement récent des règles d’exportation par le Pakistan, permettant l’acheminement de produits alimentaires, de médicaments et de tentes vers l’Iran, puis vers l’Asie centrale via ce corridor.

Le Pakistan, puissance nucléaire, aux côtés de la Türkiye, de la Chine, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte, a contribué à la mise en place d’un cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran la semaine dernière, 39 jours après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran en février.


Islamabad a également accueilli des pourparlers rares entre les États-Unis et l’Iran samedi, qui se sont terminés sans accord, mais avec des avancées sur plusieurs points, à l’exception du dossier nucléaire iranien.


Un enjeu stratégique pour la Chine


Selon l’expert, la Chine constitue également un facteur clé dans cette dynamique.


"Pékin, qui a également soutenu la médiation avec l’Iran, souhaite renforcer la connectivité du CPEC avec l’Asie centrale, et ce corridor jouera un rôle important"
, a-t-il indiqué.

Le projet CPEC, estimé à 64 milliards de dollars, relie le nord-ouest de la Chine au port pakistanais de Gwadar via des routes, des voies ferrées et des pipelines, offrant une connexion vers le Moyen-Orient, l’Asie centrale et l’Afrique.

Dans ce contexte, l’Inde, voisine et rivale du Pakistan, est exclue du nouveau corridor de transit Pakistan–Iran.


Le précédent du port de Chabahar


En 2016, l’Iran, l’Inde et l’Afghanistan avaient signé un accord pour développer le port de Chabahar, situé sur la côte sud-est iranienne.

Ce projet, financé en partie par l’Inde, visait à contourner le Pakistan et à faciliter l’accès à l’Afghanistan et à l’Asie centrale.


Cependant, l’implication indienne a été réduite en raison des sanctions américaines et de la perspective d’une échéance en avril 2026. New Delhi a retiré environ 120 millions de dollars et plusieurs responsables ont quitté India Ports Global Ltd afin d’éviter des sanctions.

De son côté, le Pakistan a profité du rééquilibrage des flux commerciaux régionaux.


Les échanges commerciaux du Pakistan avec l’Asie centrale, y compris l’Afghanistan, ont atteint 2,41 milliards de dollars en 2025, contre 1,92 milliard en 2024, avec des exportations de 1,77 milliard et des importations de 641 millions.


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