Türkiye-Arabie Saoudite-Pakistan: une OTAN islamique ?

La rédaction
15:4712/01/2026, Pazartesi
Yeni Şafak
Montage réalisé par l'IA montrant les drapeaux du Pakistan, de la Türkiye et de l'Arabie saoudite. Des discussions autour de l'entrée de la Türkiye au sein du pacte de défense mutuel pakistano-saoudien ouvrent les discussions autour de l'établissement dun "OTAN islamique".
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Montage réalisé par l'IA montrant les drapeaux du Pakistan, de la Türkiye et de l'Arabie saoudite. Des discussions autour de l'entrée de la Türkiye au sein du pacte de défense mutuel pakistano-saoudien ouvrent les discussions autour de l'établissement dun "OTAN islamique".

En janvier 2026, la Türkiye, l’Arabie Saoudite et le Pakistan seraient engagés dans des négociations avancées en vue d’une alliance militaire tripartite. Fondée sur le Strategic Mutual Defence Agreement signé entre Riyad et Islamabad, cette initiative prévoit une clause de défense mutuelle inspirée de l’OTAN. Apport financier saoudien, capacité nucléaire pakistanaise et puissance militaire turque constituraient les piliers de ce projet. Qualifiée d’"OTAN islamique" par plusieurs médias internationaux, cette alliance potentielle pourrait bouleverser durablement les équilibres sécuritaires au Moyen-Orient et en Asie du Sud.

En septembre 2025,
l’Arabie Saoudite
et le
Pakistan
ont signé à Riyad le
Strategic Mutual Defence Agreement
. Le texte prévoit qu’
"une attaque contre l’un des deux États sera considérée comme une attaque contre les deux".

En janvier 2026, la Türkiye a officiellement entamé des discussions pour rejoindre ce pacte et le transformer en alliance tripartite. Selon Bloomberg et Forbes, un accord est jugé
"hautement probable"
à court terme.

Les trois piliers de la future alliance


Arabie Saoudite: puissance financière et leadership régional


Riyad apporte des ressources financières considérables, un poids énergétique majeur et une influence politique centrale dans le monde sunnite. Le royaume finance déjà des programmes de modernisation militaire à grande échelle. En 2025, l’Arabie Saoudite a alloué environ 78 milliards de dollars à la défense (21 % des dépenses gouvernementales totales, ~7,1–7,2 % du PIB). Le royaume vise également à localiser 50 % de ses dépenses militaires d’ici 2030 (24,8 % atteints en 2024).


Premier exportateur mondial de pétrole,
l’Arabie Saoudite utilise ses pétrodollars pour financer des acquisitions massives
(avions de combat, systèmes antimissiles, modernisation des forces). Elle a déjà investi des milliards dans la modernisation de l’armée pakistanaise (prêts, dons, investissements).

Leader incontesté du Golfe, Riyad coordonne les coalitions anti-Iran (Yémen, Golfe) et cherche à diversifier ses garants de sécurité face à un possible désengagement américain progressif. Le Strategic Mutual Defence Agreement (SMDA) de septembre 2025 avec le Pakistan formalise cette protection mutuelle.


L’Arabie Saoudite apporte donc l’argent, le pétrole stratégique et la légitimité sunnite pour structurer et financer l’alliance.


Pakistan: dissuasion nucléaire et force terrestre


Le Pakistan dispose de l’unique arsenal nucléaire du monde musulman et d’une armée de plus de 650 000 soldats actifs. Son expérience opérationnelle constitue un atout stratégique central. Le Pakistan constitue l’élément dissuasif ultime et la force terrestre dominante du bloc. Unique arsenal nucléaire d’un pays musulman, estimé à environ 170 ogives en 2025 (Bulletin of the Atomic Scientists, SIPRI), Islamabad dispose également de missiles balistiques (Shaheen-III, portée 2 750 km), de missiles de croisière, et d'une capacité aéroportée.


Le Pakistan offre ainsi la
garantie nucléaire implicite
(voire explicite selon certains officiels) pour Riyad, en cas d’agression majeure (Iran, Israël ?). Il apporte aussi une profondeur stratégique en Asie du Sud et une capacité de projection terrestre massive.

Le Pakistan est le bras armé nucléaire et conventionnel lourd de l’alliance.


Türkiye: armée, industrie et position géostratégique


La
Türkiye
met en avant la deuxième armée de l’OTAN, une industrie de défense avancée et une position clé entre Europe, Moyen-Orient et Asie. Les drones Bayraktar et les systèmes navals turcs sont déjà exportés dans la région.
Armée moderne, industrie de défense de pointe et position géostratégique sont la grande force d'Ankara.

La
Türkiye
apporterait la technologie, l’industrie autonome et une position pivot entre trois continents. Deuxième armée de l’OTAN par la taille, avec une forte composante terrestre (518 900), aérienne (~115 000) et navale, dotée d'une
industrie de défense
parmi les plus dynamiques au monde. Ses drones Bayraktar TB2 et Akıncı (exportés massivement, prouvés en Ukraine, Libye, Azerbaïdjan, Éthiopie), ses corvettes MILGEM, ses chars Altay, ses missiles SOM, ses systèmes de guerre électronique font d'Ankara un pilier dans la mise en place d'une autonomie stratégique.

La précision et la puissance de l'armée turque se sont également révélées lors de ses différentes interventions à l'international -Lybie, Syrie, Azerbaïdjan, Somalie, etc.)


De plus, la Türkiye jouit d'une place géostratégique. Elle contrôle les détroits du Bosphore et des Dardanelles, constitue un pont entre l'Europe, le Moyen-Orient, le Caucase et l'Asie centrale. Disposant de bases en Somalie, au Qatar, ainsi qu'en Azerbaïdjan, son influence croissante en Afrique et en Asie centrale fait d'elle un acteur incontournable.


Pourquoi l’expression "OTAN islamique" s’impose


Les analystes évoquent une
"OTAN islamique"
en raison de la clause de défense collective et de la complémentarité militaire des trois pays. Toutefois, l’alliance ne dispose pas encore d’un commandement intégré permanent ni de bases communes.

Les États-Unis, l’Union européenne et tous les acteurs de la scène internationale observent avec prudence cette recomposition.


Si elle se concrétise, cette alliance pourrait devenir le premier bloc de défense collective juridiquement contraignant du monde musulman. Elle disposerait de capacités conventionnelles, nucléaires et financières inédites.


Les prochaines semaines seront déterminantes. Ankara, Riyad et Islamabad sont désormais au centre de l’attention diplomatique mondiale.


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