
En janvier 2026, la Türkiye, l’Arabie Saoudite et le Pakistan seraient engagés dans des négociations avancées en vue d’une alliance militaire tripartite. Fondée sur le Strategic Mutual Defence Agreement signé entre Riyad et Islamabad, cette initiative prévoit une clause de défense mutuelle inspirée de l’OTAN. Apport financier saoudien, capacité nucléaire pakistanaise et puissance militaire turque constituraient les piliers de ce projet. Qualifiée d’"OTAN islamique" par plusieurs médias internationaux, cette alliance potentielle pourrait bouleverser durablement les équilibres sécuritaires au Moyen-Orient et en Asie du Sud.
Les trois piliers de la future alliance
Arabie Saoudite: puissance financière et leadership régional
Riyad apporte des ressources financières considérables, un poids énergétique majeur et une influence politique centrale dans le monde sunnite. Le royaume finance déjà des programmes de modernisation militaire à grande échelle. En 2025, l’Arabie Saoudite a alloué environ 78 milliards de dollars à la défense (21 % des dépenses gouvernementales totales, ~7,1–7,2 % du PIB). Le royaume vise également à localiser 50 % de ses dépenses militaires d’ici 2030 (24,8 % atteints en 2024).
Leader incontesté du Golfe, Riyad coordonne les coalitions anti-Iran (Yémen, Golfe) et cherche à diversifier ses garants de sécurité face à un possible désengagement américain progressif. Le Strategic Mutual Defence Agreement (SMDA) de septembre 2025 avec le Pakistan formalise cette protection mutuelle.
L’Arabie Saoudite apporte donc l’argent, le pétrole stratégique et la légitimité sunnite pour structurer et financer l’alliance.
Pakistan: dissuasion nucléaire et force terrestre
Le Pakistan dispose de l’unique arsenal nucléaire du monde musulman et d’une armée de plus de 650 000 soldats actifs. Son expérience opérationnelle constitue un atout stratégique central. Le Pakistan constitue l’élément dissuasif ultime et la force terrestre dominante du bloc. Unique arsenal nucléaire d’un pays musulman, estimé à environ 170 ogives en 2025 (Bulletin of the Atomic Scientists, SIPRI), Islamabad dispose également de missiles balistiques (Shaheen-III, portée 2 750 km), de missiles de croisière, et d'une capacité aéroportée.
Le Pakistan est le bras armé nucléaire et conventionnel lourd de l’alliance.
Türkiye: armée, industrie et position géostratégique
La précision et la puissance de l'armée turque se sont également révélées lors de ses différentes interventions à l'international -Lybie, Syrie, Azerbaïdjan, Somalie, etc.)
De plus, la Türkiye jouit d'une place géostratégique. Elle contrôle les détroits du Bosphore et des Dardanelles, constitue un pont entre l'Europe, le Moyen-Orient, le Caucase et l'Asie centrale. Disposant de bases en Somalie, au Qatar, ainsi qu'en Azerbaïdjan, son influence croissante en Afrique et en Asie centrale fait d'elle un acteur incontournable.
Pourquoi l’expression "OTAN islamique" s’impose
Les États-Unis, l’Union européenne et tous les acteurs de la scène internationale observent avec prudence cette recomposition.
Si elle se concrétise, cette alliance pourrait devenir le premier bloc de défense collective juridiquement contraignant du monde musulman. Elle disposerait de capacités conventionnelles, nucléaires et financières inédites.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Ankara, Riyad et Islamabad sont désormais au centre de l’attention diplomatique mondiale.










