Yémen: Riyad accuse Abou Dhabi d’avoir exfiltré le chef séparatiste sudiste Aidarous al-Zubaidi

La rédaction avec
10:469/01/2026, Cuma
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Des combattants qui seraient soutenus par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite parcourent les rues de la ville portuaire d'Aden le 8 janvier 2026, au lendemain de l'annonce de la fuite du leader séparatiste yéménite vers les Émirats arabes unis.
Crédit Photo : SALEH AL-OBEIDI / AFP
Des combattants qui seraient soutenus par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite parcourent les rues de la ville portuaire d'Aden le 8 janvier 2026, au lendemain de l'annonce de la fuite du leader séparatiste yéménite vers les Émirats arabes unis.

La coalition menée par l’Arabie saoudite a accusé jeudi les Émirats arabes unis d’avoir facilité la sortie maritime du Yémen d’Aidarous al-Zubaidi, chef du mouvement séparatiste sudiste, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux partenaires du Golfe engagés dans le conflit yéménite.

D’après la coalition, le président du Conseil de transition du Sud (CTS) aurait été évacué vers le Somaliland avant de prendre un avion à destination de Mogadiscio, puis d’un aéroport militaire d’Abou Dhabi.


Elle affirme que l’appareil aurait désactivé son système d’identification au-dessus du golfe d’Oman, avant de le réactiver peu avant son atterrissage aux Émirats, le vol étant placé sous la supervision d’officiers émiratis.


Ces accusations surviennent alors que les forces yéménites appuyées par Riyad avancent en direction du port d’Aden, tombé le mois dernier aux mains du CTS. L’Arabie saoudite a estimé que l’offensive des séparatistes dans le sud du Yémen constituait une menace directe pour sa sécurité nationale.

Aidarous al-Zubaidi ne s’est pas rendu mercredi à Riyad pour participer aux discussions de crise. Le CTS a indiqué qu’il avait été sommé de s’y rendre sous pression, tout en précisant qu’il continuait à diriger à distance les opérations militaires et sécuritaires à Aden afin d’éviter un vide sécuritaire.


Sur place, un témoin a rapporté jeudi une situation globalement calme, marquée par des patrouilles des forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite et l’instauration d’un couvre-feu nocturne.


Dans le même temps, une délégation du CTS a annoncé avoir mené des échanges jugés constructifs à Riyad avec l’ambassadeur saoudien au Yémen, ce qui laisse apparaître des divergences internes au sein du mouvement séparatiste, selon l’un de ses responsables.


Ni les Émirats arabes unis ni le Conseil de transition du Sud n’ont réagi immédiatement aux accusations formulées par Riyad.


L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont longtemps coopéré au sein de la coalition luttant contre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, dans une guerre à l’origine de l’une des plus graves crises humanitaires au monde.


Les Émirats ont toutefois récemment retiré l’essentiel de leurs troupes du Yémen et appelé à une désescalade. Créé en 2017 avec l’appui d’Abou Dhabi, le CTS avait par la suite intégré la coalition gouvernementale.


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