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Un mineur français indemnisé pour des malformations congénitales imputées au glyphosate

Le Fonds d'indemnisation des victimes de pesticides a retenu en France le lien entre les malformations congénitales d'un adolescent et l'exposition de sa mère enceinte au glyphosate, pour qui il s'agit d'une "première".

19:52 - 10/10/2023 mardi
MAJ: 20:03 - 10/10/2023 mardi
AFP
Manifestation de fermiers en Allemagne, décembre 2019. Crédit photo: AA (Archives)
Manifestation de fermiers en Allemagne, décembre 2019. Crédit photo: AA (Archives)
Théo Grataloup, 16 ans, est né avec de graves malformations du larynx et de l'oesophage. Après avoir subi 54 interventions chirurgicales, il "
parvient à manger par la bouche, à respirer par trachéotomie et à parler par voie oesophagienne"
, explique sa mère Sabine Grataloup.

Depuis mars 2022, il perçoit 1.000 euros par mois du Fonds d'indemnisation des victimes des pesticides qui a retenu le lien possible entre son handicap et l'exposition de sa mère pendant sa grossesse.


L'indemnité sera revue en mars 2025 au regard de l'évolution de sa santé.

"Au niveau mondial, il y a eu des procès gagnés aux Etats-unis dans des dossiers de cancers, mais pour les malformations, à ma connaissance, on est les premiers"
à obtenir une telle reconnaissance officielle, a souligné Sabine Grataloup.

Théo Grataloup avait été médiatisé dans le magazine d'investigation Envoyé Spécial

Comme dans un autre dossier accepté en 2022,
"il y a une reconnaissance du lien entre la pathologie de l'enfant et l'exposition de la mère à des pesticides, mais la nature du pesticide n'est pas notifiée"
, a précisé Christine Dechesne-Ceard, qui pilote le fonds d'indemnisation français créé par un loi de 2020 et géré par la Mutualité sociale agricole.

Pour Sabine Grataloup, il n'y a toutefois aucun doute: elle travaillait dans un centre équestre et n'utilisait que rarement des pesticides, et uniquement du glyphosate, pour désherber sa carrière pendant l'été.

La famille, qui vit en Isère, n'avait initialement pas souhaité communiquer cette information par peur d'essuyer une nouvelle campagne hostile sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas après le dépôt d'une plainte contre des fabricants de glyphosate en 2017, une procédure toujours en cours.


Elle s'est ravisée face à la possibilité de voir l'autorisation du glyphosate reconduite pour dix ans dans l'Union européenne, qui sera soumise à un vote des 27 vendredi.
"On devait partager cette victoire avec les autres victimes (...) et avec les Etats membres pour qu'ils prennent leur décision en connaissance de cause",
selon Sabine Grataloup.

"Une commission d'experts sélectionnés pour leur compétence et leur indépendance (...) a estimé qu'il y avait un niveau de certitude suffisant pour déclencher une indemnisation"
, insiste-t-elle.

Le glyphosate, la substance active de plusieurs herbicides dont le Roundup de Monsanto, a été classé en 2015 comme "un cancérogène probable" pour les humains par le Centre international de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé.

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