CAN 2025: le Nigeria menace de faire grève face à l’Algérie pour des primes impayées

La rédaction
10:328/01/2026, Perşembe
MAJ: 8/01/2026, Perşembe
Yeni Şafak
L’attaquant nigérian Ademola Lookman célèbre l’ouverture du score de son équipe lors du huitième de finale de la CAN entre le Nigeria et le Mozambique.
Crédit Photo : SEBASTIEN BOZON / AFP
L’attaquant nigérian Ademola Lookman célèbre l’ouverture du score de son équipe lors du huitième de finale de la CAN entre le Nigeria et le Mozambique.

À la veille de son quart de finale de la CAN 2025 contre l’Algérie, le Nigeria menace de boycotter la rencontre en raison de primes impayées. Les Super Eagles refusent de s’entraîner et de voyager tant que la NFF n’aura pas régularisé la situation. Cette crise contraste avec le parcours sportif impressionnant du Nigeria dans le tournoi. Elle s’inscrit dans une longue série de conflits financiers touchant le football africain, malgré des dotations importantes versées par la CAF.

Les Super Eagles du Nigeria refusent de s’entraîner et menacent de ne pas se rendre à Marrakech tant que la Fédération n’aura pas réglé leurs primes. Cette crise survient à la veille d’un quart de finale décisif contre l’Algérie.


Une menace de boycott à 48 heures du choc Nigeria-Algérie


À deux jours du
quart de finale de la CAN 2025
face à
l’Algérie
, prévu le 10 janvier à Marrakech, les joueurs nigérians ont décidé de durcir le ton. Selon le journaliste de BBC Africa Oluwashina Okeleji, ni les joueurs ni le staff technique n’ont perçu leurs primes de victoire après quatre matchs disputés.

Ces rencontres concernent les succès contre la Tanzanie, la Tunisie, l’Ouganda et le Mozambique. Basés à Fès, les Super Eagles ont clairement indiqué qu’ils refuseraient de s’entraîner et de voyager vers Marrakech si la situation n’était pas réglée rapidement. Cette décision place une pression maximale sur la Fédération Nigériane de Football (NFF).


Un parcours sportif parfait parasité par un conflit financier


Sur le plan sportif, le Nigeria réalise pourtant un parcours remarquable. Les hommes d’Eric Chelle ont terminé premiers du groupe C avec trois victoires consécutives. Ils ont ensuite largement dominé le Mozambique en huitièmes de finale, avec un succès net 4-0.


Ademola Lookman et Victor Osimhen, auteurs de trois buts chacun, figurent parmi les meilleurs buteurs de la CAN 2025. Cette dynamique positive est désormais menacée par un différend financier qui pourrait compromettre les ambitions nigérianes dans la compétition.


La NFF évoque des retards bancaires


Face à la polémique, la NFF a tenté de calmer la situation. La fédération explique que les primes sont en cours de traitement par la Banque centrale du Nigeria. Les fonds auraient été libérés afin d’être versés directement sur les comptes bancaires des joueurs et des officiels.


Un responsable de la fédération, cité par le journaliste Tobi Adepoju, assure que tous les bonus en attente seront payés dès la finalisation du processus bancaire. Reste à savoir si ces garanties suffiront à convaincre les joueurs de reprendre l’entraînement.


Un problème récurrent du football nigérian


Cette crise n’est pas une première pour le Nigeria. En novembre 2025, lors des barrages de la Coupe du monde 2026 contre le Gabon et la RD Congo, les joueurs avaient déjà refusé de s’entraîner pour des raisons similaires. Le conflit avait alors été réglé en 24 heures.


Ces épisodes répétés mettent en lumière des dysfonctionnements structurels persistants au sein de la gestion financière du football nigérian.


Crises de primes: un mal répandu dans le football africain


Les conflits liés aux primes ne concernent pas uniquement le Nigeria. De nombreuses sélections africaines ont connu des situations similaires lors de grandes compétitions internationales.


Le
Cameroun
a souvent été au centre de crises de primes, notamment lors des Coupes du monde 2002 et 2014. En 2014, les Lions Indomptables avaient refusé de voyager avant d’obtenir un bonus supplémentaire.

Le
Ghana
avait également marqué les esprits lors du Mondial 2014. Le gouvernement avait dû acheminer trois millions de dollars en espèces pour éviter un boycott des Black Stars.

En 2017, le
Zimbabwe
avait refusé de se déplacer pour la CAN, réclamant une revalorisation de ses primes. L’équipe féminine du Nigeria avait, en 2016, retenu le trophée continental pour exiger le paiement de plusieurs mois d’arriérés.

Plus récemment, en 2024, la Fédération sud-africaine avait reconnu des difficultés de trésorerie ayant entraîné le non-paiement de primes lors des éliminatoires de la
CAN 2025.

Des dotations élevées mais des tensions persistantes


La CAN 2025 propose pourtant des récompenses financières importantes. La CAF distribue un total de 32 millions de dollars, avec une prime pouvant atteindre 11,6 millions de dollars pour le vainqueur final.


Ce paradoxe interroge. Malgré ces montants, plusieurs fédérations peinent à honorer leurs engagements, provoquant des crises répétées qui nuisent à l’image du football africain.


Un quart de finale sous haute tension


Le
Nigeria
affrontera l’Algérie le 10 janvier à 17h00, dans l’un des chocs majeurs de cette
CAN 2025
. Les Fennecs abordent ce rendez-vous avec sérénité après un parcours solide et sans défaite.

Si la crise actuelle persiste côté nigérian, les Super Eagles pourraient voir leurs chances de qualification sérieusement compromises. Treize ans après leur dernier sacre continental, leur rêve de titre pourrait s’effondrer loin du terrain.


Le match Nigeria-Algérie dira si cette crise aura été résolue ou si elle laissera des traces durables.


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