Cameroun: à Mbanedouma, le cacao rythme la vie et la solidarité villageoise

La rédaction
15:0020/03/2026, Cuma
MAJ: 19/03/2026, Perşembe
Yeni Şafak

Dans le village de Mbanedouma, au Cameroun, le cacao structure la vie économique et sociale. Les planteurs, expérimentés ou reconvertis, entretiennent leurs plantations avec rigueur malgré la baisse des prix. En parallèle, les femmes jouent un rôle essentiel dans la récolte à travers une association solidaire. Leur travail permet de soutenir les ménages et de renforcer la cohésion du village. Entre traditions agricoles et entraide communautaire, le cacao reste un pilier central du quotidien dans cette région du Mbam-et-Kim.

Dans la région du Centre du
Cameroun
, le village de
Mbanedouma
vit au rythme du cacao. Situé dans le département du Mbam-et-Kim, ce village enclavé tire l’essentiel de ses revenus de cette culture. Son nom, qui signifie
"campement sous le baobab"
, illustre un ancrage profond dans la tradition.

Au cœur de la forêt équatoriale, l’or brun constitue l’activité principale des habitants. En cette fin de campagne agricole, les planteurs dressent le bilan d’une saison marquée par des récoltes satisfaisantes, mais des revenus sous pression.


Dans sa cacaoyère, M. Eteme Eteme Gervais avance lentement, machette à la main. Il entretient ses plantations comme il le fait depuis plus de vingt ans.


"Je suis un acheteur dans les coopératives de la société IMS. J’ai commencé en 2000 sans vraiment comprendre ce que je faisais. Avec le temps, j’ai vu les résultats. Le cacao demande de la patience. Il ne faut pas être pressé"
, explique-t-il.

Ici, chaque cacaoyer est le fruit de plusieurs années d’efforts. La culture exige rigueur, persévérance et une attention constante.


Des planteurs confrontés à la baisse des prix du cacao


Un peu plus loin, Papa Ndzie Ayissi François nettoie sa plantation. Ancien cuisinier, il s’est reconverti dans le cacao après sa retraite en 2004.


"Je nettoie pour apporter de l’air dans le champ. Le cacao doit respirer comme l’homme"
, souligne-t-il.

Dans cette zone considérée comme un bassin majeur de production au Cameroun, les cabosses abondent. La récolte s’annonce prometteuse. Pourtant, la satisfaction reste relative.


"Le prix du kilo est à 1000 francs. Cela dérange tous les planteurs"
, regrette-t-il.

La fluctuation des prix fragilise une économie locale fortement dépendante de cette culture.


Les femmes, piliers de la filière cacao à Mbanedouma


Sur la place du village, une autre scène se déroule. Des femmes vêtues de tailleurs bleus avancent en chantant. Elles participent à la réunion annuelle de leur association.


"Femme capable a la solution… Femme capable a la machette…"
, scandent-elles en procession.

Ces chants sont ceux de l’association "Femmes Femmes Capables Solidarité, Progrès Jalousie à Part". Créée il y a six ans, elle regroupe plus d’une trentaine de membres.


Leur rôle est central dans la filière cacao. Elles interviennent lors de la récolte pour casser les cabosses et ramasser les fèves.


"On commence à 5 heures du matin et on peut rentrer à minuit. On ne laisse jamais le cacao du planteur. On ramasse toutes les fèves"
, témoigne Mme Ndjikam Oumarou.

Chaque année, à la fin de la saison, ces femmes organisent une rencontre. Les revenus générés leur permettent d’acheter des biens essentiels pour leurs foyers.


Une solidarité locale transformée en levier économique


À Mbanedouma, le cacao ne se limite pas à une activité agricole. Il structure la vie sociale et économique du village.


La solidarité, notamment portée par les femmes, permet de renforcer la résilience des ménages face aux aléas du marché.


Malgré les difficultés liées aux prix, les habitants continuent de miser sur cette culture. Entre tradition, entraide et adaptation, le cacao reste au cœur de leur quotidien.


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