Sahel: l’AES lance officiellement sa force militaire unifiée

La rédaction
21:0027/12/2025, samedi
MAJ: 27/12/2025, samedi
Yeni Şafak
Crédit Vidéo : Nouvelle Aube /
Le 20 décembre 2025, l’Alliance des États du Sahel a officiellement lancé sa force militaire unifiée à Bamako

Le 20 décembre 2025, l’Alliance des États du Sahel a officiellement lancé sa force militaire unifiée à Bamako. Cette initiative marque un tournant stratégique majeur pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, déterminés à reprendre en main la sécurité et la souveraineté du Sahel. Au-delà du volet militaire, l’AES affiche une ambition globale intégrant les dimensions informationnelle et géopolitique.

Une cérémonie fondatrice à Bamako


Le lancement officiel de la force militaire unifiée de l’Alliance des États du Sahel s’est tenu le 20 décembre 2025 à Bamako, en présence des autorités politiques et militaires des États membres.

La cérémonie a été présidée par Assimi Goïta, également figure centrale de la dynamique sécuritaire sahélienne depuis la création de l’Alliance.

Cet événement solennel a consacré l’entrée en phase opérationnelle d’un projet annoncé depuis plusieurs mois. Il a notamment acté l’installation d’un nouveau commandement militaire commun, la désignation officielle de bataillons dédiés à la force unifiée et la mise en place d’un poste de commandement conjoint basé à Niamey, capitale du Niger.


Une force conjointe pour une menace multidimensionnelle


Selon les déclarations du président malien, la force militaire unifiée de l’AES a pour mission centrale d’anticiper et de contrer les nouveaux modes opératoires des groupes armés opérant dans l’espace sahélien.


L’approche adoptée repose sur une coordination renforcée entre les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger, afin de mutualiser les capacités, les renseignements et les moyens opérationnels.


Assimi Goïta a insisté sur le fait que la menace qui pèse sur le Sahel ne saurait être réduite à sa seule dimension militaire. Elle est également économique, politique et médiatique.


Cette lecture globale des défis sécuritaires traduit une évolution doctrinale, où la défense du territoire s’articule désormais avec la protection des États contre les campagnes d’influence, la désinformation et les pressions extérieures.


La souveraineté informationnelle au cœur du projet


Dans cette perspective, l’Alliance des États du Sahel prévoit la mise en place d’outils de communication communs. Parmi les projets annoncés figurent la création d’une télévision régionale, d’une radio et d’une presse écrite partagées entre les États membres.


L’objectif affiché est de renforcer la souveraineté informationnelle du Burkina Faso, du Mali et du Niger, en construisant des canaux capables de produire et de diffuser des récits endogènes sur les réalités sécuritaires, politiques et sociales du Sahel.


Cette stratégie vise également à réduire la dépendance vis-à-vis des médias extérieurs et à contrer ce que les autorités sahéliennes qualifient de guerre informationnelle.


Une rupture assumée avec la CEDEAO


Le lancement de cette force unifiée intervient dans un contexte régional profondément recomposé. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont acté leur rupture avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, estimant que cette organisation ne répondait plus à leurs priorités sécuritaires et souverainistes.


Cette décision, largement commentée sur la scène africaine et internationale, a ouvert la voie à une reconfiguration des alliances régionales. L’AES se positionne désormais comme un cadre alternatif de coopération, fondé sur une solidarité sécuritaire et politique entre États confrontés à des défis similaires.


Vers une nouvelle architecture sécuritaire sahélienne


Avec le lancement officiel de sa force militaire unifiée, l’AES affirme clairement sa volonté de prendre en main la sécurité du Sahel par des mécanismes régionaux autonomes.


Cette initiative s’inscrit dans une logique de rupture avec les modèles de sécurité externalisés et marque une tentative de redéfinition des rapports de force dans la région.


Si les défis opérationnels, logistiques et financiers demeurent considérables, cette force commune constitue néanmoins un jalon stratégique dans la construction d’une architecture sécuritaire sahélienne fondée sur la coopération régionale, la souveraineté politique et la maîtrise du récit médiatique.

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