Les destins du Moyen-Orient et de l’Amérique latine, comme à l’époque de la "Guerre froide ", demeurent aujourd’hui étroitement liés. En 1953, la démocratie parlementaire naissante en Iran fut brutalement interrompue par un coup d’État conjoint des États-Unis et du Royaume-Uni. Le Premier ministre élu, Mohammad Mossadegh, fut écarté par ce putsch. Le Chah, qui devait sa couronne à Washington et à Londres, dirigea ensuite l’Iran d’une main despotique. De même, en 1973 au Chili, Salvador Allende,
Les destins du Moyen-Orient et de l’Amérique latine, comme à l’époque de la
", demeurent aujourd’hui étroitement liés. En 1953, la démocratie parlementaire naissante en Iran fut brutalement interrompue par un coup d’État conjoint des États-Unis et du Royaume-Uni. Le Premier ministre élu, Mohammad Mossadegh, fut écarté par ce putsch. Le Chah, qui devait sa couronne à Washington et à Londres, dirigea ensuite l’Iran d’une main despotique.
De même, en 1973 au Chili, Salvador Allende, arrivé au pouvoir par les urnes comme Mossadegh, fut renversé par un coup d’État militaire organisé par les États-Unis. L’Iran disposait de pétrole, le Chili de riches mines de cuivre. Mossadegh avait nationalisé le pétrole, Allende avait fait de même avec le cuivre, alors très convoité. Officiellement, ces coups d’État funestes visaient à empêcher l’Iran et le Chili de tomber sous l’influence soviétique.
Aujourd’hui, l’
n’existe plus. À sa place, la
, perçue par les États-Unis comme une menace existentielle, occupe le devant de la scène. Pour les faucons américains et les néoconservateurs, les relations de la Chine avec le Venezuela et l’Iran constituent une menace directe pour les intérêts américains. La nouvelle interprétation que Donald Trump donne de la
vise à établir de manière incontestable l’hégémonie des États-Unis sur l’hémisphère occidental.
Le premier pays à subir cette
"doctrine Monroe trumpiste"
a été le Venezuela. On dit que Trump aurait renoncé in extremis à une intervention militaire contre l’Iran. Selon certains analystes, l’option d’une intervention reste toutefois sur la table. Une telle action plongerait inévitablement la région dans le chaos.
Trump, qui affirme diriger le Venezuela, a désormais le Groenland dans son viseur. Il a imposé des droits de douane supplémentaires à huit pays européens alliés au sein de l’OTAN qui s’opposaient à la prise de contrôle du Groenland. Une intervention militaire américaine au Groenland signifierait tout simplement la fin de l’OTAN.
La fragilisation de l’ordre atlantique et européen
La dissolution de
bouleverserait profondément l’architecture politique européenne. La montée de l’extrême droite dans les pays de
donne déjà des indications sur l’orientation que pourrait prendre cette nouvelle architecture. L’effondrement de l’Alliance atlantique pourrait accélérer celui de l’UE. Cette dernière manque de volonté, d’autorité et de leadership pour préserver un ordre international libéral fondé sur des règles.
Par ailleurs, on évoque désormais des versions européennes, chinoises, russes ou indiennes de la doctrine Monroe à la manière de Trump. Les
"grandes zones d’influence"
, débattues avant et après la Première Guerre mondiale, reviennent au centre des discussions. Des configurations à deux, trois, quatre, cinq ou six pôles, telles que
",
"États-Unis-Chine-Russie"
ou encore
"États-Unis-Chine-Russie-Inde"
, sont ouvertement évoquées. Ces analyses soulignent que l’ordre mondial façonné par les valeurs et les normes occidentales a atteint ses limites.
D’un ordre fondé sur des règles à un ordre fondé sur la force
Le monde glisse d’un
"ordre fondé sur des règles"
vers un
"ordre fondé sur la force"
. L’annonce par Trump d’un budget de défense de 1.500 milliards de dollars pour 2027 encouragera une frénésie mondiale d’armement. Ce n’est pas un hasard s’il a rebaptisé le
"ministère de la Défense"
en
. Avant la Première Guerre mondiale déjà, une course à l’armement et aux grandes zones d’influence avait opposé les puissances européennes. Ces rivalités ont inévitablement conduit à une guerre mondiale, sans empêcher qu’une seconde n’éclate vingt ans plus tard.
Dans aucun de ces modèles d’expansion des zones de souveraineté à la manière de Monroe, il n’y a de place pour le
. Dans cette nouvelle architecture des zones d’influence, qui rappelle un système mafieux, ils ne savent pas où situer le monde musulman, ni à quelle sphère de domination l’intégrer. Comme dans de nombreux pays du monde, le monde musulman, fragmenté, sera-t-il l’herbe piétinée par les éléphants, ou parviendra-t-il à prendre son destin en main ? Cette grande question reste sans réponse.
Sur la route qui a mené de la Première à la Seconde Guerre mondiale, la
avait perdu toute influence. Aujourd’hui, les
se trouvent dans une situation comparable. L’ONU a été affaiblie par ses principaux fondateurs et prétendus garants, au premier rang desquels les États-Unis. Il n’est plus possible de parler d’un véritable ordre juridique international, et l’idée que cet ordre a atteint sa date de péremption se répand.
Israël, qui cherche à effacer l’existence même des Palestiniens, semble désormais miser sur une
"doctrine Monroe biologique".
La logique des nazis visant l’anéantissement physique des Juifs et celle des sionistes racistes israéliens cherchant à éliminer les Palestiniens se rejoignent. Dans les deux cas, cette logique a conduit ses auteurs jusqu’au génocide.
Le monde est poussé vers une forêt. Pire encore, cette forêt est enveloppée de brouillard. L’humanité y entre sans lanterne, sans savoir où poser le pied. Est-ce cela, le monde réel ? Vivons-nous dans un
permanent ? N’y a-t-il pas de place pour une paix véritable ? Bien sûr que si. Il le faut.
À chaque poison correspond un remède, à chaque nuit une aurore. Sans aucun doute, ceux qui cherchent le remède finiront par le trouver.
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