France : COJEP International alerte sur les risques démocratiques liés à l’inscription des Frères musulmans

La rédaction
19:5123/01/2026, Cuma
MAJ: 23/01/2026, Cuma
Yeni Şafak
Adoption à l'Assemblee Nationale (157 voix pour, 101 contre) de l inscription de la mouvance des Freres Musulmans sur la liste europeene des organisation terroristes à Paris en France le 22 janvier 2026.
Crédit Photo : Quentin de Groeve / Hans Lucas via AFP
Adoption à l'Assemblee Nationale (157 voix pour, 101 contre) de l inscription de la mouvance des Freres Musulmans sur la liste europeene des organisation terroristes à Paris en France le 22 janvier 2026.

À la suite d’un vote à l’Assemblée nationale française portant sur une proposition visant à inscrire le mouvement des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, l’ONG COJEP International a publié un communiqué exprimant ses inquiétudes quant aux conséquences juridiques et démocratiques d’une telle initiative.

Cette proposition, adoptée dans un contexte marqué par des débats récurrents sur la lutte contre le séparatisme et la sécurité intérieure, a suscité de vives réactions au sein de la société civile et du monde associatif.


Un vote contesté au nom des libertés fondamentales


Dans son communiqué, COJEP International souligne qu’une partie significative des députés, notamment issus des groupes de gauche, d’extrême gauche et écologistes, a voté contre cette proposition. Selon l’organisation, ces élus ont défendu la primauté du droit, les libertés fondamentales et le principe d’égalité entre citoyens.

L’ONG cite en particulier La France Insoumise (LFI), Europe Écologie – Les Verts (EELV) ainsi que d’autres groupes parlementaires partageant une orientation similaire. COJEP International estime que cette opposition traduit, selon ses termes, un attachement aux valeurs constitutionnelles et à la préservation de la paix sociale.


Des notions jugées floues et sources de dérives


Dans son analyse, COJEP International met en garde contre l’usage croissant, dans le débat politique français, de qualificatifs tels que "islamiste", "radical", "islamo-gauchisme", "frérisme" ou "salafisme". L’organisation estime que ces termes, qu’elle juge insuffisamment définis sur le plan juridique, sont de plus en plus mobilisés pour discréditer des partis politiques, des associations ou des acteurs engagés dans la défense des droits humains.

Toujours selon l’ONG, ces notions contribueraient à criminaliser l’opposition politique, à placer sous suspicion les défenseurs des droits fondamentaux et à cibler une partie de la société en raison de son identité religieuse. COJEP International considère que cette dynamique constitue un recul préoccupant en matière de liberté d’expression, de laïcité et d’égalité républicaine.

Le communiqué évoque également les effets concrets des lois adoptées ces dernières années dans le cadre de la lutte contre le séparatisme. COJEP International affirme que ces dispositifs ont entraîné une augmentation des pressions administratives et des contraintes bureaucratiques pesant principalement sur des citoyens de confession musulmane et sur des structures de la société civile.


Une alerte sur l’État de droit et la cohésion sociale


COJEP International estime par ailleurs que l’inscription des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes repose sur des critères imprécis et largement interprétables. Selon l’ONG, ce flou favoriserait un glissement du politique vers le religieux, rendant potentiellement suspecte toute association, prise de parole ou pratique liée à l’islam.

Dans son communiqué, l’organisation rappelle que la démocratie repose sur un traitement égal et juste de toutes les confessions et convictions. Elle souligne que la laïcité, selon son interprétation, vise à garantir la neutralité de l’État à l’égard des croyances, et non à exclure une religion de l’espace public.

Enfin, COJEP International affirme que la paix sociale ne peut être assurée par des politiques de stigmatisation ou de suspicion généralisée, mais par l’égalité, la justice et le dialogue. L’ONG conclut en réaffirmant sa détermination à défendre la dignité humaine, l’égalité citoyenne ainsi que les valeurs démocratiques et républicaines.


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