La Bulgarie adopte l’euro dans un climat de tensions

14:061/01/2026, jeudi
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La Bulgarie devient le 21e membre de la zone euro malgré des manifestations, une instabilité politique chronique et des craintes persistantes de hausse des prix.
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La Bulgarie devient le 21e membre de la zone euro malgré des manifestations, une instabilité politique chronique et des craintes persistantes de hausse des prix.

La Bulgarie a adopté l’euro le 1er janvier, devenant ainsi le 21e membre de la zone euro, malgré d’importantes manifestations publiques, une instabilité politique profonde et des inquiétudes croissantes concernant la hausse des prix.

Le pays des Balkans, membre de l’Union européenne depuis 2007, se trouvait dans la
"salle d’attente"
de la zone euro depuis 2020, aux côtés de la Croatie, qui a adopté la monnaie unique en 2023.

La Bulgarie a rempli l’ensemble des quatre critères de Maastricht requis pour l’adoption de l’euro, notamment la stabilité des prix, la solidité des finances publiques, la stabilité du taux de change et la convergence des taux d’intérêt à long terme.

Bruxelles et Sofia considèrent cette étape comme un
"jalon historique"
destiné à renforcer la stabilité économique du pays, à stimuler le commerce et l’investissement et à ancrer davantage la Bulgarie au sein de l’UE.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que l’euro apporterait
"plus de commerce, plus d’investissements et des emplois de qualité"
à la Bulgarie.

Cependant, cette transition intervient dans un contexte de crise politique prolongée, marqué par sept élections législatives en quatre ans, des accusations persistantes de corruption et une confiance publique en nette érosion à l’égard des institutions de l’État.


Opinion publique partagée et instabilité politique persistante


L’opinion publique sur l’euro demeure fortement divisée. Selon un récent sondage du ministère des Finances, 51 % des Bulgares soutiennent l’adoption de la monnaie unique, contre 45 % qui y sont opposés.

L’opposition s’est accentuée avec les manifestations menées par le parti d’extrême droite
"Renaissance"
, qui avertit que l’adoption de l’euro
"alimentera l’inflation et érodera la souveraineté nationale"
. En juin, des députés du parti ont bloqué le podium parlementaire et des échauffourées ont éclaté lors des débats sur l’entrée dans la zone euro.

Les craintes de hausse des prix restent largement partagées, notamment parmi les ménages à faibles revenus, les populations rurales et les personnes âgées.


Avec un salaire mensuel moyen d’environ 1 250 euros (1 467 dollars) et la Bulgarie classée pays de l’UE au PIB par habitant le plus faible en 2024 — soit 34 % en dessous de la moyenne européenne — de nombreux Bulgares redoutent de ne pas pouvoir absorber une augmentation du coût de la vie.

Les institutions européennes ont assuré qu’aucune donnée ne démontre que l’adoption de l’euro entraîne une inflation durable. Elles ont également promis des mesures strictes, notamment l’affichage des prix en double et un contrôle renforcé, afin d’éviter des hausses injustifiées.


Les partisans de la monnaie unique soulignent que l’adhésion à la zone euro permettra de réduire les coûts d’emprunt, d’améliorer la notation de crédit de la Bulgarie et de soutenir des secteurs clés comme le tourisme, qui représente environ 8 % du PIB.

Toutefois, les analystes avertissent que l’instabilité politique persistante pourrait compromettre les gains économiques attendus. En décembre, le gouvernement du Premier ministre Rosen Zhelyazkov a démissionné après plusieurs semaines de manifestations massives contre la corruption. De nouvelles élections sont prévues au début de 2026.


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