RDC : le mouvement AFC/M23 place Uvira "sous responsabilité internationale" et interpelle l’ONU

La rédaction avec
16:5616/01/2026, Cuma
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Le mouvement appelle l’ONU à déployer rapidement une "force neutre" pour éviter que la ville "ne replonge dans le chaos".
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Le mouvement appelle l’ONU à déployer rapidement une "force neutre" pour éviter que la ville "ne replonge dans le chaos".

Le mouvement armé Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) a annoncé avoir placé la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, "sous la responsabilité internationale", dans une lettre au Secrétaire général de l’ONU António Guterres.

Le groupe assure se conformer à sa décision du 15 décembre 2025 de retirer ses troupes de l’agglomération et affirme ne plus assumer sa sécurisation. Il exhorte la MONUSCO à protéger les civils
"conformément à son mandat"
.

Dans ce courrier, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, insiste sur la volonté d’
"éviter toute ambiguïté"
quant à l’engagement du mouvement en faveur du cessez-le-feu et de la recherche d’une solution
"pacifique et politique"
à la crise.

Il alerte sur la présence à Uvira d’acteurs armés qu’il juge
"menaçants"
, citant l’armée burundaise, les rebelles hutus rwandais FDLR, des groupes Wazalendo ainsi que des
"mercenaires soutenant l’armée gouvernementale"
.


"Force neutre"


Selon lui, ces forces
"ne sont pas liées à un processus de paix"
.

Le mouvement appelle l’ONU à déployer rapidement une
"force neutre"
pour éviter que la ville
"ne replonge dans le chaos"
et affirme que son initiative vise à
"préserver les civils"
,
"consolider le cessez-le-feu"
et
"créer les conditions d’une paix durable"
.

Cette démarche intervient alors que l’accélération apparente du processus diplomatique conduit par Washington peine à produire des effets sur le terrain.


Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’entérinement récent des accords par le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de ne pas appliquer les engagements pris.


Diplomatie en échec


En parallèle, les discussions de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23, sous l’égide du Qatar, restent en suspens. Plusieurs mesures actées — communiqué conjoint, mécanisme de cessez-le-feu, déclaration de principes et accord-cadre — demeurent sans mise en œuvre, retardant l’examen des causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés.


Alors que les combats se poursuivent entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda selon l’ONU, des acteurs régionaux tentent de relancer la médiation.


L’Angola, après s’être retiré du dossier en mars 2025, opère un retour discret en multipliant les consultations. Le Togo doit accueillir le 17 janvier 2026 une réunion de haut niveau sur la consolidation du processus de paix dans les Grands Lacs.

À Luanda, le président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, a reçu la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Les échanges ont convergé sur la nécessité urgente d’un dialogue national inclusif réunissant l’ensemble des forces congolaises afin d’aboutir à une paix durable.


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