France: alerte sur le renouvellement des populations de poissons

La rédaction avec
16:3326/02/2025, mercredi
AFP
L'impact du réchauffement climatique et de la surpêche sur les populations de poissons en France, avec un poisson sur cinq provenant de stocks surexploités, le 26 février 2025.
Crédit Photo : RODRIGO ARANGUA / AFP / Archive
L'impact du réchauffement climatique et de la surpêche sur les populations de poissons en France, avec un poisson sur cinq provenant de stocks surexploités, le 26 février 2025.

L'impact du réchauffement climatique et des activités humaines sur les populations de poissons en France est de plus en plus préoccupant.

En effet, près d'un poisson sur cinq débarqués en France provient de stocks surexploités, selon un rapport de l'Ifremer publié mercredi.


En 2023, 58% des 323 000 tonnes de poissons débarquées en France provenaient de populations non sur pêchées, une légère amélioration par rapport à 2022 (52% des débarquements étaient alors en surpêche), selon le bilan annuel de l'institut français.

Cependant, 19% des débarquements sont issus de populations surexploitées, tandis que 2% proviennent de populations effondrées, telles que le merlu de Méditerranée ou la sole de Manche Est. Le reste, soit 21% des volumes, provient de stocks non classifiés ou non évalués, en raison de données insuffisantes.


Après une nette réduction de la surpêche entre 2008 et 2016, l'état de santé des populations de poissons débarquées en France n'a plus montré d'amélioration ces dernières années. Cette situation pourrait être due à un recrutement moins important, ce qui signifie une moindre survie des larves de poissons.


"Le problème majeur réside dans le passage de l'œuf au juvénile. Ces problèmes ne sont pas seulement liés à la pêche, mais à la survie et au taux de succès de la reproduction, qui commencent à poser problème"
, a expliqué Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l'Ifremer.

Elle a ajouté que plusieurs populations de poissons, telles que la sole de Manche Est ou du Golfe de Gascogne, le hareng de mer du Nord ou le merlu de l'Atlantique, montrent des signaux d'alerte.

Ainsi, près de 31% des volumes de poissons débarqués en France proviennent de populations dont le recrutement est en baisse, tandis que seulement 20% proviennent de populations dont le recrutement est en hausse. Les données manquent pour les 49% restants.


Parmi les facteurs expliquant ce moindre renouvellement des populations de poissons, Mme Ulrich cite la pollution, la dégradation des habitats marins, le réchauffement des océans, le décalage des efflorescences de zooplancton par rapport à l'éclosion des larves, les changements de courants et la destruction de zones côtières riches en nutriments.


La pêche française reste loin de l'objectif européen de la Politique Commune de la Pêche, qui visait 100% de populations pêchées au
"rendement maximum durable"
(RMD) en 2020. Le RMD désigne la quantité maximale de poissons pouvant être pêchée sans compromettre le renouvellement de la ressource à long terme.

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