
La cour administrative d'appel de Paris a confirmé, mardi 11 mars, que "l'État a commis des fautes" en autorisant la vente d’insecticides à base de chlordécone, un pesticide hautement toxique utilisé en Guadeloupe et en Martinique entre 1972 et 1993.
La cour a également jugé que l'État devait réparer le préjudice moral d’anxiété des personnes durablement exposées à cette pollution, à condition que ce préjudice soit démontré, rapporte Franceinfo. Un groupe de 1 286 plaignants réclamait une indemnisation pour leur exposition à ce pesticide toxique.
Une reconnaissance partielle des victimes
Elle précise que l'invocation d'une exposition au chlordécone, sans justification individuelle des conséquences, ne suffit pas à établir un préjudice réparable.
Un pesticide aux effets dévastateurs
Utilisé dans les bananeraies de Martinique et Guadeloupe, le chlordécone a contaminé durablement l’eau et les sols. Selon l'Anses, cette substance présente des risques graves pour la santé humaine, affectant:
- Le système nerveux,
- La reproduction,
- Le système hormonal,
- Certains organes vitaux.
Un scandale sanitaire reconnu depuis 2022
Cette décision de justice était très attendue aux Antilles, où une étude de 2013-2014, menée par l’Anses et Santé publique France, a révélé que plus de 90 % des habitants sont contaminés par le chlordécone. Le cancer de la prostate y affiche l’un des taux d’incidence les plus élevés au monde, souligne Franceinfo.








