Climat: les manchots antarctiques nichent plus tôt

15:4420/01/2026, Salı
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Le réchauffement climatique avance jusqu’à deux semaines la période de reproduction des manchots en Antarctique, un record jamais observé chez les oiseaux.
Crédit Photo : X /
Le réchauffement climatique avance jusqu’à deux semaines la période de reproduction des manchots en Antarctique, un record jamais observé chez les oiseaux.

Les manchots de l’Antarctique entament leur saison de reproduction environ deux semaines plus tôt en raison du changement climatique, marquant le plus important décalage temporel jamais enregistré.

Les travaux, parus dans le Journal of Animal Ecology, ont analysé les schémas de reproduction des manchots Adélie, à jugulaire et papou entre 2012 et 2022, en utilisant comme indicateur clé la date à laquelle les colonies étaient occupées de manière continue pour la première fois.

Les chercheurs estiment que le changement climatique crée des
"gagnants et des perdants"
, les conditions plus chaudes favorisant des espèces plus adaptables comme le manchot papou, au détriment des manchots à jugulaire, dépendants du krill, et des manchots Adélie, liés à la glace.

L’analyse repose sur des données issues de 77 caméras à déclenchement automatique installées dans 37 colonies en Antarctique et sur des îles subantarctiques. Elle révèle des avancées record dans le calendrier de reproduction pour les trois espèces étudiées, menées par le manchot papou, dont la reproduction a débuté en moyenne 13 jours plus tôt par décennie, et jusqu’à 24 jours plus tôt dans certaines colonies.

Les chercheurs indiquent qu’il s’agit du décalage phénologique le plus rapide jamais documenté chez une espèce d’oiseau, et possiblement chez tout vertébré.


Les manchots Adélie et à jugulaire ont également commencé leur reproduction environ dix jours plus tôt en moyenne. Les scientifiques soulignent toutefois que les facteurs précis à l’origine de ce phénomène restent incertains, évoquant notamment la hausse des températures, la fonte plus précoce de la glace et de la neige, ainsi que l’apparition anticipée des floraisons de phytoplancton.

L’étude montre également que les sites de colonies de manchots se réchauffent à un rythme environ quatre fois supérieur à la moyenne de l’Antarctique, ce qui en fait parmi les habitats qui se réchauffent le plus rapidement sur Terre.


Les manchots jouent un rôle essentiel dans les réseaux trophiques antarctiques en transportant des nutriments des eaux profondes vers la surface, soutenant la croissance des algues et la productivité globale de l’écosystème. Les scientifiques avertissent qu’un déclin des populations de manchots pourrait entraîner des effets en cascade sur l’ensemble de l’écosystème antarctique.


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