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Hausse du coût du carburant: Le quotidien des Camerounais à rude épreuve

La rédaction
10:23 - 21/02/2024 mercredi
Yeni Şafak
Crédit Vidéo : Péraise Franck Mballa / Nouvelle Aube
L'annonce récente du gouvernement camerounais concernant la hausse des prix des carburants a semé l'inquiétude parmi les consommateurs.

L'annonce récente concernant la hausse des prix des carburants a semé l'inquiétude parmi les consommateurs. Le gouvernement justifie cette décision par la flambée des cours du pétrole sur le marché international, suite à la crise russo-ukrainienne qui perturbe les échanges mondiaux, ainsi que par le récent conflit armé entre Israël et le Hamas au Proche-Orient et ses conséquences régionales. Cette annonce suscite des inquiétudes chez les observateurs nationaux et internationaux, qui redoutent une agitation sociale.

L'annonce récente du gouvernement camerounais concernant la hausse des prix des carburants a semé l'inquiétude parmi les consommateurs. Le litre de super atteint désormais 840 FCFA dans les stations-service, soit une augmentation de 110 FCFA (+15% par rapport aux 730 FCFA précédents), tandis que le litre de gasoil coûte maintenant 828 FCFA, soit une hausse de 108 FCFA (+15% par rapport aux 720 FCFA précédents). Les autres produits, tels que le pétrole lampant à 350 FCFA le litre et le gaz domestique à 6 500 FCFA pour la bouteille de 12,5 kg, conservent leurs prix inchangés.


Un impact sur tous les secteurs d'activité


Les chauffeurs de taxi sont déjà confrontés aux effets négatifs de la hausse du coût du carburant. Avec l'augmentation du prix du carburant, leurs dépenses quotidiennes augmentent considérablement. Les courses deviennent plus coûteuses et les marges bénéficiaires se réduisent.


"Si le carburant à lui tout seul qui constitue le nécessaire qui fait fonctionner le véhicule et qu'on ne peut faire rien diminuer dans l'entretien véhicule ou autre chose, nécessairement ce sont nos bénéfices qui en ont pris un coup. Du coup ce n'est pas évident pour nous. C'est compliqué. On ressent une perte car pour le même nombre de courses effectuées dans la journée on a très nettement une diminution de notre rentabilité. Le soir quand on est rentré il y a très nettement un 3 000 ou un 4 000 FCFA de moins"
, soutient Maurice, chauffeur de taxi à Yaoundé.

Pour compenser cette hausse des coûts, certains chauffeurs ont été contraints d'augmenter leurs tarifs de manière unilatérale pour les plus téméraires ; ce qui n’a pas manqué de susciter des réactions d'indignation au sein de la population.


Outre les chauffeurs de taxi, la hausse du coût du carburant a également un impact sur le panier de la ménagère. Les prix des denrées alimentaires et des biens de consommation courante risquent d'augmenter, car les commerçants doivent faire face à des coûts de transport plus élevés. Cette situation met en péril le pouvoir d'achat des ménages, notamment des ménages à faibles revenus, déjà fragilisés par d'autres facteurs économiques et qui consacrent une part importante de leur budget aux dépenses de transport.

A cet effet, Inès, revendeuse de produits vivriers dans la cité capitale, signale déjà la pénurie de certaines denrées sur le marché comme les pommes de terre, les carottes ou les choux. Selon les fournisseurs venant des zones rurales du pays nous dit-elle, les revendeuses devraient payer davantage pour faire monter les vivres en ville pour compenser leur carburant qu’ils paient plus cher.


Le transport étant un élément essentiel de l'économie, la hausse du prix du carburant affecte tous les secteurs d'activité. Les entreprises, les petits artisans et commerçants, qui dépendent des transports pour écouler leurs produits, déjà fragilisés par la crise sanitaire de 2020 qui a fortement impacté l’année 2021, verront probablement leurs charges augmenter.


Mesures d'accompagnement


La réaction habituelle face à la hausse du prix du carburant est l’augmentation des prix des biens de consommation courante. Mais les autorités affirment qu’il s’agirait d’une augmentation illégale, car décidée arbitrairement et surtout unilatéralement.


Lors d'une conférence de presse conjointe tenue le 6 février dernier, les ministres de la Communication, des Finances, du Travail et de la Sécurité sociale, du Commerce, de l'Eau et de l'Énergie, ainsi que des Transports ont apporté des éclaircissements sur l'ajustement des prix des produits pétroliers et ont annoncé des mesures d'accompagnement pour atténuer l'impact de cette hausse sur les populations. Le ministre de la Communication a souligné l'importance de ces mesures pour répondre aux préoccupations des citoyens face à cette augmentation des prix. Parmi ces mesures, figurent :


  • La revalorisation des revenus des agents publics à hauteur de 5% du salaire de base ;
  • L’ouverture du dialogue avec le secteur privé en vue du relèvement du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), ainsi que sur les questions connexes ;
  • L’allègement de certaines charges fiscales et douanières dans le secteur du transport routier.

Perspectives


Malgré les déclarations et les mesures prises par le gouvernement pour assurer l'ouverture du dialogue avec les syndicats et les partenaires sociaux, il subsiste une réelle crainte quant à l'aggravation de la pauvreté et des tensions sociales. En effet, plusieurs syndicats de transporteurs ont annoncé leur intention de faire grève.

La majorité des Camerounais considèrent que les mesures annoncées sont insuffisantes pour compenser l'augmentation du coût de la vie, ce qui renforce cette inquiétude. Par conséquent, bien que l'atmosphère reste relativement calme, une tension persiste dans les principales villes du pays.


Par Péraise Franck Mballa

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