Marche mémorielle à Ouidah: transformer les larmes en fierté

La rédaction
18:3011/02/2026, mercredi
Yeni Şafak

Dimanche 8 février 2026 à Ouidah, sous un soleil radieux, le silence a pris le pouvoir. En marge du Black History Week, Dr Sylvestre Edjèkpoto et ses hôtes ont investi la route des esclaves pour une marche mémorielle poignante. Ici, l’histoire quitte les livres pour s’écrire sous les semelles ; un pèlerinage pour transformer les larmes du passé en un socle de dignité.

Ce n’est pas une simple promenade, c’est une immersion. Chaque mètre parcouru sur ce sol sacré est une cicatrice qui se rouvre. Les participants remontent le temps, guidés par le souvenir du bruit des chaînes et du souffle court de ceux que l'on traînait autrefois vers l'inconnu.

En battant le macadam, le cortège bat le rappel des troupes. L’objectif est clair: il s'agit de saturer l’espace public de mémoire pour que l'oubli ne gagne jamais de terrain.

Cette marche mémorielle vise essentiellement trois objectifs principaux:
"Le premier, c'est de commémorer, réaliser ce devoir de souvenirs et de mémoire en l'honneur des millions d'africains déportés dans le cadre de la traite négrière. Deuxièmement, c'est d'éduquer. La marche se fait avec des étudiants et des associations. Le but est de passer le flambeau. Et enfin, c'est déconstruire tout le vocabulaire colonial qui avait été élaboré autour des mémoires de la traite transatlantique"
, explique le secrétaire du comité scientifique, Dr Sylvestre Edjèkpoto.

Poignant

La brutalité des lieux efface instantanément la théorie des débats. Pour Dr Sylvestre Edjèkpoto, cette marche dépasse le cadre de la simple commémoration.
C’est un acte politique et spirituel visant à éduquer et à déconstruire les récits de soumission. En touchant du doigt le vécu des ancêtres, les participants s'arment de la force nécessaire pour que les générations futures ne baissent plus jamais la tête devant l'oppression.

À Ouidah, le récit n'est plus celui d'une défaite, mais celui d'une résilience farouche. Le Bénin choisit de transformer ses traumatismes en la force d'une nation qui regarde enfin son destin en face. La marche peut bien s'arrêter au bord de l'océan. L’histoire, elle, se remet en mouvement. Ce pèlerinage scelle un nouveau contrat entre le passé et l'avenir ; un serment de fierté gravé dans le sable rouge de la cité des esclaves.

Par
Donatien Sowanou

A lire et à voir également:


#Bénin
#Ouidah
#marche mémorielle
#route des esclaves
#hommage
#commémoration
#Traite Négrière
#histoire
#Sylvestre Edjèkpoto
#devoir de mémoire
#résilience
#éducation historique