
L’ambassadeur d’Iran auprès des Nations unies à Genève a déclaré lundi que les échanges de messages entre Téhéran et Washington se poursuivent, tout en soulignant qu’ils ne constituent pas encore de véritables négociations. Il a néanmoins affirmé que l’Iran demeure ouvert au dialogue, à condition que les États-Unis manifestent une volonté sincère de s’engager.
S’exprimant devant un cercle restreint de journalistes à Genève, Ali Bahreini a expliqué que des communications directes ou indirectes, notamment par l’intermédiaire de médiateurs, ont lieu entre les deux pays, mais qu’il reste prématuré de parler de négociations formelles.
Il a précisé que l’Iran est prêt à toute discussion ou négociation authentique si l’autre partie choisit réellement cette voie.
L’ambassadeur a indiqué que Téhéran ne cherche pas l’escalade, tout en avertissant qu’il n’hésiterait pas à y répondre si elle lui était imposée. Il a rappelé que l’Iran participait déjà à un processus de dialogue avec les États-Unis avant la guerre de 12 jours avec Israël, mais que ce processus avait été, selon lui, saboté par Washington en soutenant et en facilitant les attaques israéliennes contre l’Iran.
Et d'insisté:
Ce n’est pas l’Iran qui a quitté la table des négociations.
Malgré ces développements, Ali Bahreini a réaffirmé la disposition de l’Iran à s’engager dans tout type de dialogue, à condition qu’il repose sur l’intérêt et le respect mutuels, ainsi que sur la reconnaissance de la dignité de toutes les parties. Il a souligné que des discussions visant à imposer la volonté d’un camp à l’autre ne sauraient être qualifiées de négociations et restent inacceptables pour Téhéran.
Selon lui, le respect des droits et de la dignité de chaque partie, y compris le droit de l’Iran à développer une technologie nucléaire à des fins pacifiques, constitue la condition essentielle à tout processus de dialogue.
Il a également averti que toute agression contre l’Iran représente une ligne rouge, à laquelle le pays est prêt à répondre.
Abordant la situation régionale, l’envoyé iranien a dénoncé ce qu’il considère comme un double standard international à l’égard d’Israël, s’interrogeant sur l’absence de sanctions ou de mesures internationales après deux années de violences à Gaza et dans les territoires occupés, alors que de telles actions sont régulièrement prises contre l’Iran.
Concernant les restrictions d’accès à Internet, Ali Bahreini a indiqué qu’un rétablissement complet du service était attendu "très prochainement", soulignant l’importance de la connectivité pour l’économie du pays.
Il a enfin déclaré que les violences et activités qualifiées de terroristes ont cessé pour le moment, tout en avertissant que cette accalmie pourrait ne pas être durable.
Les relations entre l’Iran et les États-Unis demeurent tendues en raison des conflits régionaux, des sanctions et des déploiements militaires, avec des contacts indirects intermittents mais sans négociations officielles en cours. Téhéran réaffirme refuser toute discussion sous pression, tandis que Washington évoque une ouverture conditionnelle à la diplomatie, rendant incertaines les perspectives d’un dialogue à court terme.
Ces tensions se sont aggravées après les récentes manifestations en Iran, qui ont dégénéré en violences et fait plus de 3 000 morts selon les autorités iraniennes. Durant le pic des protestations ce mois-ci, le président américain Donald Trump avait menacé d’intervenir "pour protéger" les manifestants en cas de recours à la force létale, appelant ensuite à la poursuite des protestations et à un changement de leadership, des propos perçus en Iran comme une menace directe à l’encontre du guide suprême, Ali Khamenei.
Plus récemment, le président américain a annoncé le déploiement d’une "armada" vers le Moyen-Orient, confirmant l’envoi imminent du porte-avions USS Abraham Lincoln et de plusieurs destroyers lance-missiles dans la région, une annonce qui a suscité de vives réactions parmi les responsables politiques et militaires iraniens, lesquels ont averti qu’une riposte ferme serait apportée en cas d’attaque contre l’Iran.









