Séoul exhorte les internes en médecine à regagner leur poste

09:3926/02/2024, lundi
MAJ: 26/02/2024, lundi
AFP
La Corée du Sud a appelé le 26 février à ce que les médecins stagiaires retournent au travail, affirmant qu'ils seraient épargnés par des actions punitives s'ils retournaient à l'hôpital, alors que les protestations contre les réformes médicales entraient dans une deuxième semaine.
Crédit Photo : ANTHONY WALLACE / AFP
La Corée du Sud a appelé le 26 février à ce que les médecins stagiaires retournent au travail, affirmant qu'ils seraient épargnés par des actions punitives s'ils retournaient à l'hôpital, alors que les protestations contre les réformes médicales entraient dans une deuxième semaine.

Le gouvernement sud-coréen a appelé lundi les internes en médecine à regagner leur poste dans les hôpitaux après que nombre d'entre eux ont démissionné pour protester contre une réforme des études médicales.

À l'issue d'une réunion d'urgence, le ministre sud-coréen de l'Intérieur Lee Sang-min a déclaré que le gouvernement leur lançait un
"dernier appel"
pour qu'ils reprennent leur travail.

"Si vous retournez à l'hôpital avant le 29 février (jeudi), vous ne serez pas tenus responsables de ce qui s'est passé"
, a-t-il assuré.

En l'espace d'une semaine, des milliers d'internes en médecine ont démissionné pour protester contre le projet gouvernemental d'augmenter les admissions dans les facultés de médecine, une mesure jugée essentielle par le gouvernement face au vieillissement de la population du pays.


En Corée du Sud, les médecins sont considérés comme des travailleurs essentiels et la loi les empêche de faire grève.


Selon l'agence de presse Yonhap, le gouvernement a ainsi affirmé à plusieurs reprises que les démissions massives étaient illégales, et menacé d'engager des poursuites judiciaires contre les démissionnaires ou de leur retirer leur diplôme.


Cette action collective a fortement perturbé l'activité des hôpitaux, entraînant des annulations et des reports d'opérations. La Corée du Sud a relevé vendredi son état d'alerte sanitaire au plus haut niveau.

Cette vague de démission constitue une
"menace pour la vie et la santé des patients"
, a commenté M. Lee.

"L'hôpital était cet endroit où votre rêve de soigner des patients malades se réalisait chaque jour",
a-t-il encore dit, s'adressant aux internes démissionnaires.
"J'espère que vous retournerez à votre poste (...) et que vous engagerez un dialogue pour améliorer le système de santé."

Mais des médias locaux ont rapporté lundi que de plus en plus de médecins rejoignaient le mouvement.


Séoul affirme avoir l'un des nombres de médecins par habitant les plus bas parmi les pays développés, et le gouvernement voudrait pouvoir compter sur 2.000 étudiants en médecine supplémentaires par an, à partir de l'année prochaine.


Les médecins y sont farouchement opposés, affirmant que cela nuirait à la qualité des services. Les partisans de la réforme estiment qu'ils craignent surtout que cela n'érode leurs salaires et leur statut social.


Pour les internes, ces changements sont la goutte d'eau qui a fait déborder le vase alors qu'ils exercent dans des conditions difficiles, et que le système de santé actuel repose en grande partie sur eux.

Mais selon les sondages, environ 75% de la population soutient la réforme, les personnes vivant dans les zones reculées ayant du mal à accéder à des soins de santé de qualité.


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