Soudan: violences sexuelles massives, premiers témoignages et rapports alarmants alors que la guerre se prolonge

La rédaction avec
14:3725/01/2026, dimanche
MAJ: 25/01/2026, dimanche
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Après l'entrée des Forces de soutien rapide (FSR) dans la ville de Fashir, chef-lieu de l'État du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, des conflits avec l'armée ont entraîné une crise humanitaire, des violences, des déplacements de population, des viols et de graves violations des droits humains. Hasna Abdulhayır Said (photo), une Soudanaise originaire de Fashir qui a quitté son foyer pour sauver sa vie et a rejoint, après mille difficultés, le camp de réfugiés d'El-Affad, dans la ville d'ed-Debbe, dans le nord de l'État, s'est exprimée sur le sujet devant un journaliste de l'agence AA.
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Après l'entrée des Forces de soutien rapide (FSR) dans la ville de Fashir, chef-lieu de l'État du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, des conflits avec l'armée ont entraîné une crise humanitaire, des violences, des déplacements de population, des viols et de graves violations des droits humains. Hasna Abdulhayır Said (photo), une Soudanaise originaire de Fashir qui a quitté son foyer pour sauver sa vie et a rejoint, après mille difficultés, le camp de réfugiés d'El-Affad, dans la ville d'ed-Debbe, dans le nord de l'État, s'est exprimée sur le sujet devant un journaliste de l'agence AA.

Dans la guerre qui ravage le Soudan depuis avril 2023, les violences sexuelles contre les femmes et les filles se multiplient, utilisées comme arme de guerre et atteignant des niveaux "systématiques", selon des responsables gouvernementaux, des ONG et des organisations internationales.

En janvier 2026, la ministre soudanaise aux Affaires sociales a déclaré que son ministère avait recensé plus de 1 800 viols entre avril 2023 et octobre 2025, majoritairement attribués aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui s’illustrent par des exactions répétées contre des civils.

Le réseau SIHA (Strategic Initiative for Women in the Horn of Africa), organisation de défense des droits des femmes dans la Corne de l’Afrique, a documenté près de 1 300 cas de violences sexuelles dans 14 États du Soudan, avec 87 % des incidents imputés aux FSR. SIHA alerte sur la gravité de ces abus et fournit des données utilisées par les ONG et les institutions internationales.

Des témoignages recueillis par des organisations comme Amnesty International décrivent des scènes de viols, d’exécutions et d’enlèvements dans l’État du Darfour-Nord, notamment à El‑Fasher où les combattants des FSR auraient violé des femmes et des filles lors de la capture de la ville.

Les violences sexuelles ne se limitent pas au Darfour. Des rapports de groupes de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont documenté des cas de viol collectif, d’esclavage sexuel et de mariages forcés, parfois infligés en présence de proches ou dans des conditions qui relèvent selon elles de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Les agences humanitaires et les Nations unies sonnent aussi l’alarme sur les risques de violences basées sur le genre à large échelle : des millions de femmes et de filles seraient exposées à des crimes sexuels dans le contexte du conflit, avec des enfants parmi les victimes.

Alors que la Cour pénale internationale (CPI) enquête sur des crimes de guerre commis dans le cadre du conflit, ces révélations s’ajoutent à une série d’autres accusations de graves violations des droits humains en divers points du Soudan

Le Soudan a connu plusieurs décennies de conflits internes, notamment au Darfour et au Kordofan, ainsi qu’une guerre civile longue contre le Sud avant la sécession du Soudan du Sud en 2011. Le pays est aujourd’hui plongé dans une grave crise humanitaire, avec des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, aggravée par des rivalités ethniques et la montée en puissance de groupes paramilitaires comme les FSR.

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