
Les autorités tunisiennes avaient annoncé en février 2014 la mort de l'assassin présumé de Chokri Belaïd, Kamel Gadhgadhi, pendant une opération antiterroriste.
Le ministère tunisien de la Justice a annoncé lundi la mise en place d'une commission chargée d'une étude "approfondie" sur les dossiers d'enquête et poursuites sur les assassinats en 2013 de deux opposants de gauche, qui avaient provoqué une grave crise politique en Tunisie.
Dix ans après les meurtres de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, qui s'opposaient à la politique du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, alors dominant au Parlement et au gouvernement, la justice tunisienne n'a toujours pas vraiment fait la lumière sur ces dossiers.
Figure de l'opposition, Chokri Belaïd, un avocat de 48 ans, avait été tué par balles devant chez lui, le 6 février 2013.
Sa mort avait choqué la Tunisie et constitué un tournant pour le pays alors en pleine transition démocratique, en provoquant une profonde crise politique.
L'assassinat du député Mohamed Brahmi six mois mois plus tard avait forcé Ennahdha à céder le pouvoir à un gouvernement de technocrates, juste après l'adoption d'une nouvelle Constitution.
Des "terroristes" avaient revendiqué l'assassinat de M. Belaïd ainsi que celui de Mohamed Brahmi.
Les familles et la défense des deux opposants tués accusent régulièrement des partis politiques et certains juges de faire obstacle à la recherche de la vérité pour protéger les coupables.
Ennahdha a répondu à ces critiques en disant avoir classé le mouvement salafiste jihadiste Ansar al-Charia - toléré après la chute de l’ancien dictateur Zine el-Abidine Ben Ali - comme organisation terroriste après les assassinats de deux opposants.
En juin 2022, le président tunisien Kais Saied a ordonné la révocation de dizaines de magistrats dont certains sont soupçonnés, selon lui, d'avoir entravé l'enquête sur les deux assassinats.







