"À bas le voile" ? Non. À bas l'islamophobie institutionnelle !

La rédaction
10:0020/01/2026, mardi
MAJ: 20/01/2026, mardi
Yeni Şafak
Nouvelle Aube est signataire de la tribune "A bas l'islamophobie institutionnelle !", qui regroupe 120 signatures de femmes et une trentaire de collectifs contre la loi Wauquiez visant à interdire le port du voile par les mineures dans l'espace public.
Crédit Photo : AA / AA
Nouvelle Aube est signataire de la tribune "A bas l'islamophobie institutionnelle !", qui regroupe 120 signatures de femmes et une trentaire de collectifs contre la loi Wauquiez visant à interdire le port du voile par les mineures dans l'espace public.

Cette tribune collective portée par la Coordination Féminine de Lutte contre l’Islamophobie s’oppose à la proposition de loi visant à interdire le port du voile aux mineures dans l’espace public. Revenant sur l’affaire du foulard de Creil en 1989, le texte analyse la construction d’un régime d’exception appliqué aux femmes musulmanes. Les signataires dénoncent une islamophobie institutionnelle, héritée d’une pensée coloniale, et alertent sur les conséquences sociales, politiques et psychologiques de ces politiques. Elles revendiquent l’égalité réelle, la dignité et la liberté de choix. Nouvelle Aube est signataire de cette tribune

Nous dénonçons la
proposition de loi
portée par Monsieur Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, visant à
interdire le port du voile par les mineures
dans l’espace public, qui sera débattue le 22 janvier 2026.

En France, depuis l’année 1989, une histoire s’est écrite en contrechamp.


Tandis que le pays célébrait le bicentenaire de la Révolution française, et qu’en Europe la chute du mur de Berlin devait marquer une ère, la France prônait la victoire de son modèle de démocratie, de droits individuels et d’émancipation.


De l’affaire du foulard de Creil à un régime d’exception durable


C’est dans ce contexte qu’éclate
l’affaire du foulard de Creil
. Elle marque le point de départ d’un récit politique, médiatique et idéologique qui, depuis 1989, n’a cessé de se déployer: le
récit islamophobe français
. Deux jeunes filles musulmanes étaient exclues de leur collège pour avoir porté un foulard.

Elles voulaient simplement étudier. Leurs visages, leurs corps, leurs vies sont devenus un sujet national. Exhibées dans la presse. Disséquées sur les plateaux télé. Stigmatisées, marginalisées, humiliées par des responsables politiques, des éditorialistes et des intellectuels autoproclamés.


En France, les conditions de ces femmes étaient déjà désastreuses, elles vivent depuis cette date sous un régime d’exception.


Interdites d’aller à l’école, de travailler, d’accompagner leurs enfants en sorties scolaires, de participer à la vie associative, de pratiquer un sport, de fréquenter des espaces de loisirs.


Plusieurs générations de femmes vivent la même expérience, à différents âges de leur vie, à chaque étape de leur parcours: stigmatisations, dénonciations, interdictions, répressions, exclusions. Ces politiques islamophobes affectent profondément leur santé mentale, nourrissant anxiété, épuisement psychique, et blessures durables liées à la relégation sociale.


En 2026, il est désormais question d'une
proposition de loi visant à interdire aux mineures le port du hijab
dans l’espace public. Comment distinguera-t-on une jeune femme mineure d’une majeure ?

Par des contrôles de police au faciès. Intrusifs. Humiliants.


C’est donc cela, l’égalité femmes/hommes à la française: appliquer aux jeunes femmes musulmanes ce qui est imposé depuis des décennies aux jeunes hommes racisés par le contrôle, la suspicion, la violence institutionnelle.


Si les débats à notre sujet sont aussi violents, ce n’est pas parce que nous serions invisibles ou soumises. C’est précisément parce que nous avons pris place dans l’espace public, en refusant celle que l’État français nous assignait.


Ce décalage entre le récit dominant et notre réalité est au cœur de l’islamophobie contemporaine. Il s’inscrit dans une histoire plus longue: celle de la pensée coloniale française.


Féminisme colonial et contrôle des corps musulmans


Pendant la colonisation, l’État français prétendait déjà "libérer" les femmes musulmanes contre leur gré, en les arrachant à leurs cultures, à leurs vêtements, à leurs choix. Le dévoilement forcé était présenté comme un acte d’émancipation, alors même qu’il accompagnait la domination, la dépossession et la violence. Ce féminisme colonial, analysé comme un outil de pouvoir et non d’émancipation, ressurgit aujourd’hui sous d’autres formes. Il continue de considérer les femmes musulmanes comme des objets, jamais comme des sujets politiques capables de choisir.


En 1989, il s’est enraciné sous la forme d’une prétendue anecdote scolaire, devenue la norme.


Et quelques décennies plus tard, lorsqu’un ministre de l’Intérieur hurle "À bas le voile" dans un meeting à l’ambiance surchauffée et fanatisée, ce n’est pas un slogan abstrait.


Ce "À bas le voile" a été compris par certain·es comme une légitimation de la violence à l'encontre des femmes portant un hijab, mettant ainsi en jeu notre capacité même à exister dans l’espace public.


Depuis de trop longues années, on prétend parler à notre place.


On affirme que nous serions des femmes empêchées par les nôtres.


Que nos pères nous interdiraient d’étudier.


Que nos familles nous empêcheraient de travailler.


Que notre religion nous condamnerait à l’effacement.


Pourtant nous avons étudié. Massivement.


Nous sommes également celles qui occupent les emplois les plus précaires, celles que l’on retrouve en première ligne dans les métiers dits de "première cordée": nettoyage, aide à domicile, soins, restauration, logistique, grande distribution.


Invisibilisées quand il s’agit de reconnaissance.


Essentielles quand il s’agit de faire tenir la société.


Nous continuons malgré les entraves et l’ingratitude de tout un système.


Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas le produit d’un interdit communautaire, mais celui d’une
politique d’État
.

En 1989, la France disait rompre avec les logiques autoritaires du XXᵉ siècle. Pourtant, c’est cette même année qu’a été instauré, à partir de l’affaire du foulard de Creil, un régime d’exception durable appliqué aux musulman.es de ce pays, au nom d’une laïcité dévoyée.


Hier, la République coloniale dévoilait les
femmes musulmanes
pour mieux les dominer.

Aujourd’hui, la République dite contemporaine exige notre dévoilement au nom d’une prétendue émancipation.


Le vocabulaire a changé. La violence, elle, demeure.


Nous exigeons:


  • l’égalité réelle, pleine et effective des droits, des libertés et de la dignité pour toutes les femmes musulmanes, sans condition ni exception ;
  • la fin immédiate des politiques, discours et pratiques institutionnelles islamophobes ;
  • l’abrogation de l’ensemble des lois, règlements et circulaires qui organisent l’exclusion, la stigmatisation et la relégation des femmes musulmanes ;
  • la fin des contrôles, discriminations et violences institutionnelles ciblant les femmes et les jeunes filles musulmanes ;
  • la reconnaissance de notre pleine capacité à choisir, à penser et à agir pour nous-mêmes, sans tutelle politique, médiatique ou pseudo-féminisme nous excluant.
  • Nous refusons d’être réduites au silence, à l’invisibilité ou à des caricatures. Nous refusons que notre libération soit définie contre nous et sans nous.

Nous affirmons notre droit inaliénable à exister pleinement dans l’espace public, à étudier, travailler, nous organiser, nous mobiliser et vivre libres, dans le respect de nos convictions.


Nous ne céderons aucune de nos libertés.


Coordination Féminine de Lutte contre l’Islamophobie


Premiers signataires de la tribune :


Collectifs musulmans féminins et mixtes :


  • Les Resi-liantes
    - Association féministe et antiraciste
  • Blâmer le blâmable
    - Collectif antiraciste pour la défense des droits des femmes musulmanes œuvrant contre les VSS
  • Khlass les Clichés
    - Collectif musulman féministe et antiraciste
  • Libawat
    - Collectif luttant contre l'islamophobie et défendant la place de la femme musulmane au sein de la société
  • Collectif Stop islamophobie !
    - Collectif de lutte contre l'islamophobie
  • Basket pour toutes
    - Collectif de lutte contre l'islamophobie dans le sport
  • Les hijabeuses
    - Association qui défend le football pour toutes
  • Perspectives Musulmanes
    - Organisation visant à promouvoir l'autonomie et à défendre une subjectivité musulmane
  • EMF
    - Étudiant.e.s musulman.e.s de France
  • Salaam Sciences Po
    - Étudiant.e.s musulman.e.s de Sciences Po
  • Collectif UMMA
    - Union des Marseillais Musulmans Anti-islamophobie
  • RIMM
    - Association de lutte contre l'islamophobie
  • Association Ziyarah Sisters
    - Espace de rencontres entre femmes
  • Les Mariannes Anonymes
    - féministe antiraciste
  • Permaculteurs Musulmans
  • Collectif Hameb
  • Collectif Contre l’Islamophobie Strasbourg
  • Collectif Soigner ou Saigner

Personnalités féminines


  • Sabah BOUTAHAR, juriste
  • Loubna FETHI, responsable de formation
  • Rania, chargée de communication
  • Morgane GUECHI, étudiante en communication
  • Nadia MEZIANE, activiste pour les droits humains - Lignes de Crêtes
  • Djamila BRAHIMI, juriste
  • Djamila H, actrice associative
  • Hafiza b. Kreje - Membre de la direction du NPA l'anticapitaliste
  • Nora BOUKABOUS, infirmière
  • Sarah MARSSO, chercheuse, Musawahmovement
  • Ismahane CHOUDER, enseignante, autrice et conférencière
  • Maria DE CARTENA, conseillère politique et juridique
  • Houria BOUTELDJA, autrice
  • Dr Haifi TLILI, Phd sociologue, sport pour toutes
  • Dr Chahinez FILALI, Docteure en médecine générale
  • Djihene ABDELLILAH, Championne du monde de grappling
  • TATADRAPI, créatrice de contenus
  • Sara TRABI, journaliste, fondatrice de My hijab Talk
  • Barbara MOULLAN, fondatrice du média ILETAIT1FOI-
  • Zahra ALI, sociologue, universitaire
  • Khadija la Combattante, Survivante, activiste pour le renforcement des droits des femmes victimes dans la procédure pénale
  • Feiza BEN MOHAMED, journaliste
  • Hajar OUAHBI, journaliste
  • Aïda SEBAA, neuropsychologue
  • Gnouma CAMARA, psychologue
  • Samia OROSEMANE, humoriste et comédienne
  • Meriam MASTOUR, juriste, spécialiste droits humains
  • Imane MAARIFI, infirmière
  • Jessica HOUARA D'HOMMEAUX, ex footballeuse pro Équipe de France et Consultante
  • Bouchra BOUZGHIBA, professeure et créatrice de contenus littéraires
  • Radia GHANI, Zai autrice
  • Myriam ACHAKKOR, gérante d’un club sportif et fondatrice Thepowherclub
  • Faiza GUENE, autrice
  • Samira MECHRI, psychologue
  • Nour mlk, fondatrice yoursafeplacepod
  • Hajar OUTAIK, cofondatrice de stopfisha
  • Itzz Fati, N’DIAYE Fatimata, artiste poétesse
  • Mornia LABSSI, inspectrice du travail
  • Karima BERCOUKI, juriste
  • Sarah AITER, chercheuse associée au CESSMA de l'INALCO
  • Abida BOUSSETTATI, comptable
  • LK Imany, autrice illustratrice et traductrice
  • Virginie PROTON, restauratrice
  • Miana BAYANI, autrice
  • Morgane MAQUAIRE, banquière
  • Kaouli RANA, juriste en droit social
  • Sonia BARNAT, formatrice
  • Marwa AMMAR, auxiliaire de vie
  • Asma JABBAR, chargée de mission
  • Samira TAOUANZA, auxiliaire de vie
  • Sanaa EL KHELOUANE, mère de famille
  • Fatima BAKOUCH, éducatrice spécialisée
  • Abida BOUSSETATI, comptable
  • Sanaa TAHIRI, mère de famille
  • Imane DOUIS, syndicaliste Sud Rail
  • Naouel FLEURY, mère de famille
  • Sonia NADI, kinésiologue
  • Karima LAJILI, employée
  • Basma ABOUSALEH, entrepreneuse
  • Mona EL MASHOULY-GHAZEL, médecin généraliste
  • Hayat BENALI, agente de voyage
  • Assa DOUCARA, conseillère en insertion professionnelle
  • Manel ILACHAT, lycéenne
  • A. RACHEDI, étudiante en psychologie
  • Aude FACY, secrétaire
  • Imane, copywriteuse
  • Souad CHAOUI, aide médico-psychologique
  • Samia ABOUSALIM, responsable de magasin
  • Rana KHAOULI, juriste droit du travail
  • Amel ZARIOH, mère de famille
  • Ilhem BOUZID, présentatrice
  • Gnamé DIARRA, journaliste
  • Roua ALLAOUI, ingénieure
  • Amina LAYOUNI, responsable de communication
  • Malika BOUSSETTATI, accompagnatrice éducatif et social
  • Sophia ABOULGHAZI, manager
  • Raouya ROUABHIA, vendeuse
  • Samra SEDDIK, sage-femme
  • Samia BENYAHIA, juriste
  • Samira BEN MOHAMED, assistante comptable
  • Asiya BATHILY, sexologue, autrice et réalisatrice
  • Imen EL FAKI, chercheuse doctorante
  • Fatima ABAKOUY, mère de famille
  • Fatiha AJBLI, sociologue
  • Awatif TAHERE, thérapeute santé
  • Amina MOUSSAOUI, psychomotricienne
  • Yasmina SABER, étudiante
  • Safia NARE, sage-femme
  • Ilham MOUSSAOUI, mère de famille
  • Yasmina SABER, étudiante
  • Leila HERMASSI, préparatrice de commandes
  • Linda DAVID, coiffeuse
  • Ilham B., nathuropathe
  • Leïla AILLOUD, créatrice de contenus
  • Sabrina GOUBELLE, maîtresse de maison
  • Samia SEGUENI, enseignante
  • Rania KHAOULI, juriste en droit social
  • Sara LASKAA, créatrice de contenus
  • Yagoubia BEN MOUSSA, retraitée
  • Rania MADJOUB, membre du Parti des Indigènes (PIR)
  • Ahlem EL ALAMI, membre du Parti des Indigènes (PIR)
  • Nasteo Aden, professionelle en cybersecurité
  • Solène BRUN, sociologue, chargée de recherche au CNRS
  • Dalphée DUBOIS, juriste
  • Véronique MARCEL, avocate
  • Sophie DJIGO, philosophe
  • Mona Chollet, journaliste, essayiste féministe
  • Anissa KEDJAM
  • Lina SERGHINI
  • Shéhérazade AILLOUD- Louiza BRUN
  • Amina BALADI
  • Samira TAMANSOURT
  • Hamynata GUÉRET
  • Zenabou KOITA
  • Maimouna CISSE
  • Sabrina KOKOUCH

Autres acteurs signataires en soutien :


  • Benjamin BELAIDI, acteur associatif
  • Arnold DUFLOS, agriculteur
  • Kada SADOUNI, avocat
  • Rayan FRESCHI, chercheur CAGE International
  • Jaafar GREINCH, enseignant, acteur associatif
  • Nabil BOUDI, avocat
  • Benyamin CHAHIDI, enseignant
  • Jolapeh, auteur, créateur de contenus
  • Jawad El MAKHOUKHI, juriste
  • Nourredine AOUSSAT, auteur
  • Abdourahmane Ridouane, président de la Mosquée de Pessac
  • Rabah GRAINE, auteur
  • Abdelhadi BOUZID, expertise comptable
  • Hatem BH, photo journaliste
  • Elias d'Imzalène, conseiller politique
  • Ismael BOUDJEKADA, auteur
  • Yacine HELALI, réalisateur
  • Abdelaziz CHAAMBI, acteur associatif
  • Ibrahim BECHROURI, maître de conférence
  • Mehdi MEFTAH, membre du PIR
  • Houcem MOHAMMEDI, président de l'association "Sourire à tous"
  • Le média "L'autre Récit"
  • Badreddine HAMBLI, étudiant, Acteur interreligieux
  • Amine SNOUSSI, journaliste
  • Mouâd MAI, étudiant-chercheur
  • Olivier CHAIBI, enseignant à l'université
  • Francois BURGAT, politologue
  • Martin KOPP, théologien protestant
  • David BIZET, journaliste
  • Fatih KARAKAYA, éditorialiste

Autres collectifs en soutien :


  • Nouvelle Aube, média
  • Ligue des juristes pour la paix
  • Front Uni Immigration et Quartiers Populaires (FUIQP)
  • Génération EDR
  • Carré citoyen
  • Collectif soutien Imam Ismail
  • Noustoustes Antiraciste 93
  • Collectif féministe antiraciste
  • Noustoutes Rennes 35
  • Les Voix éclairées - Collectif féministe et antiraciste
  • Mouvement des mères isolées - Association de défense des droits des mères isolées
  • Collectif droits DES femmes - Collectif de lutte pour le droits des femmes et contre toutes formes de discriminations
  • Coordination Féminine
  • Féministes Revutionnaires
  • Chorale féministe 84
  • Collectif décolonial News
  • Soulèvements de la terre IDF
  • Greenfaith - Mouvement multiconfessionnel et environnemental mondial
  • TSEDEK - Collectif juif décolonial
  • COJEP

A lire également:



#islamophobie institutionnelle
#voile mineures
#interdiction du voile
#hijab espace public
#femmes musulmanes France
#laïcité française
#affaire du foulard de Creil
#loi Wauquiez
#contrôle au faciès
#féminisme antiraciste
#féminisme musulman
#discrimination religieuse
#libertés fondamentales
#droits des femmes musulmanes
#violence institutionnelle
#stigmatisation musulmanes
#tribune féministe
#islamophobie d’État
#espace public France
#laïcité dévoyée
#interdiction du voile pour les mineures en France
#proposition de loi voile 2026
#tribune contre l’islamophobie institutionnelle
#femmes musulmanes et espace public
#féminisme colonial français
#affaire du voile de Creil 1989 analyse
#contrôle policier au faciès femmes musulmanes
#laïcité et discrimination religieuse
#tribune féministe musulmane France
#lutte contre l’islamophobie légale
#droits fondamentaux femmes musulmanes
#stigmatisation des hijabeuses
#politiques islamophobes en France
#loi sur le hijab mineures débat
#violences institutionnelles envers musulmanes
#féminisme antiraciste et décolonial
#héritage colonial et islamophobie
#exclusion sociale femmes musulmanes
#liberté religieuse France débat
#mobilisation collective contre l’islamophobie