
L'Egypte se prépare à une élection présidentielle sans surprise qui devrait voir le président sortant Abdel Fattah al-Sissi remporter un troisième mandat, malgré la grogne sociale qui monte sur fond de grave crise économique.
Du dimanche au mardi, les Egyptiens de plus de 18 ans auront à choisir entre quatre candidats: l'ex-maréchal Sissi au pouvoir depuis qu'il a renversé Mohamed Morsi en 2013, et trois autres candidats globalement peu connus du grand public.
Dans le pays le plus peuplé du monde arabe, avec près de 106 millions d'habitants, le dispositif s'annonce pharaonique: quelque 9.400 bureaux de vote, 15.000 employés de la Justice mobilisés et une période de vote étalée sur trois jours.
Pour ce nouveau scrutin, certains observateurs ont cru un temps à une compétition plus ardue. Mais les deux figures d'opposition qui entendaient changer la donne, sans réel espoir de l'emporter mais pour porter une voix dissidente au moins le temps de la campagne, sont en prison ou en attente de leur procès.
Au-delà de la question des droits humains -l'Egypte est 135e sur 140 pays au classement de l'Etat de droit du World Justice Project-, la priorité numéro un des Egyptiens est la situation économique.
"Libération des détenus d'opinion"
Le même FMI attend toujours de pouvoir mener ses évaluations trimestrielles après un nouveau prêt à l'Egypte, le deuxième pays du monde le plus exposé au risque de défaut de paiement, selon Bloomberg.
Il s'exprimait lors du seul débat télévisé entre candidats, auquel M. Sissi a envoyé un membre de sa campagne le représenter.
Ezzat Ibrahim, membre du Conseil gouvernemental des droits humains, dément que les dés soient jetés d'avance.
Portraits de Sissi omniprésents
Au-delà des défis internes, l'Arab Reform Initiative souligne l'impact de la guerre entre le Hamas palestinien et Israël dans la bande de Gaza, voisine du Sinaï égyptien.
Le 20 octobre, des centaines d'Egyptiens avaient ainsi dérouté un cortège de solidarité avec les Gazaouis vers l'emblématique place Tahrir -où en 2011, des manifestations avaient entraîné la chute du président d'alors, Hosni Moubarak- avant d'être rapidement dispersés.
Depuis, plus aucun défilé pro-palestinien n'a été autorisé dans le pays où manifester est illégal.









