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Le député de La France insoumise (LFI) Louis Boyard.
Le député de La France insoumise (LFI) Louis Boyard a vivement critiqué mardi à l’Assemblée nationale la tenue d’un débat consacré à la prévention de la radicalisation des jeunes, dénonçant une focalisation excessive sur l’Islam et les musulmans dès la reprise des travaux parlementaires de 2026.
Prenant la parole moins de 24 heures après la rentrée parlementaire, l’élu a regretté que ce débat intervienne en priorité, alors que, selon lui, d’autres enjeux majeurs touchant la jeunesse auraient mérité d’être abordés en premier lieu, notamment la crise climatique ou la précarité sociale.
"On est déjà en train d’avoir un débat sur les musulmans"
, a-t-il déclaré, estimant que ce choix illustre une orientation politique répétitive.
Louis Boyard a affirmé que la jeunesse serait confrontée à une stigmatisation permanente, alimentée selon lui par le discours politique et médiatique.
"Il n’y a pas une journée où l’on n’a pas un débat de plateau de télévision sur les musulmans"
, a-t-il lancé, évoquant ce qu’il considère comme une
portée par le gouvernement et une partie de la majorité parlementaire.
Le député s’est particulièrement attardé sur la question de l’abaya, récemment au cœur de plusieurs polémiques. Il a affirmé que ce vêtement
, rapportant les témoignages de lycéennes qui se disent victimes de discriminations.
"Deux jeunes filles portent la même robe, mais parce que l’une est perçue comme maghrébine, on va dire que c’est une abaya"
, a-t-il expliqué, qualifiant ces situations d’
vécue au quotidien.
Abordant également l’interdiction du port du voile dans certaines compétitions sportives, Louis Boyard a défendu la liberté vestimentaire des femmes. Il a dénoncé toute forme d’injonction, qu’elle soit religieuse ou politique, estimant que les femmes doivent pouvoir choisir librement leur tenue sans pression extérieure.
Dans un passage remarqué de son intervention, le député a comparé les discours imposant ou interdisant le port du voile, en France comme à l’étranger, affirmant que le problème réside dans
"ceux qui expliquent aux femmes comment elles doivent s’habiller"
. Selon lui, ces débats répétés contribuent à créer un climat de défiance et de marginalisation à l’égard d’une partie de la population.
Louis Boyard a conclu en affirmant que son intervention visait à défendre les principes républicains d’égalité et de liberté.
"Quand nous disons que c’est trop, d’une certaine manière, nous parlons au nom de la République"
, a-t-il assuré devant l’hémicycle.
Ces dernières années, les débats sur la laïcité, les signes religieux et la lutte contre la radicalisation occupent une place centrale dans le débat politique en France. Plusieurs mesures ont été adoptées ou proposées, notamment concernant le port de vêtements considérés comme religieux dans les établissements scolaires et certaines disciplines sportives.
Ces politiques suscitent de vives controverses, opposant les défenseurs de la laïcité stricte à ceux qui dénoncent une stigmatisation des musulmans. La rentrée parlementaire de 2026 s’inscrit ainsi dans un climat politique et social marqué par de fortes tensions autour de ces questions identitaires.
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