
Au Népal, l’exil n’est plus un choix mais une nécessité. Chaque jour, trois à quatre cercueils de travailleurs migrants décédés à l’étranger sont rapatriés devant l’aéroport international de Katmandou. Ultime étape d’un système d’exportation de main-d’œuvre devenu pilier de l’économie nationale.
Une économie sous perfusion
Les fonds envoyés par les migrants représentent plus d’un tiers du produit intérieur brut (PIB), d’après une étude récente de la Banque mondiale. En 2024, le PIB par habitant s’élevait à 1.447 dollars, trente fois moins que dans l’Union européenne.
Vallées désertées, jeunesse en colère
Près d’un quart des 15-24 ans n’exercent aucune activité dans le pays. En septembre, des représentants de la génération Z sont descendus dans la rue pour réclamer des emplois. Leur mobilisation a provoqué la chute du gouvernement du Premier ministre KP Sharma Oli, 73 ans. Des élections législatives sont prévues le 5 mars 2026.
Abus et système opaque
Les abus sont fréquents: contrats modifiés, salaires réduits, conditions de logement déplorables. Les chantiers de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar ont mis en lumière les conditions imposées à de nombreux travailleurs étrangers, notamment népalais.
Promesses politiques
En campagne pour les législatives, le maire démissionnaire de Katmandou, Balendra Shah, 35 ans, promet de faire de l’emploi et de la formation ses priorités.
Car au Népal, les transferts d’argent ont dépassé pour la première fois les 200 milliards de roupies mensuelles après la mobilisation de septembre. Une manne devenue vitale.










