Iran-Israël : quelle position adopter ?

16:0015/03/2026, الأحد
MAJ: 15/03/2026, الأحد
Ersin Çelik

Une vidéo est tombée devant moi. La publication disait : "Un commandant militaire soudanais interrogé : Iran ou Israël ? Sa réponse a retenu l’attention." Celui qui parle est soudanais, mais ce n’est pas un militaire. Pourtant ses mots frappent comme des balles. Ils traversent les esprits. Quant à sa tenue militaire, elle possède aussi une signification sociologique. Si ses propos trouvent un écho en Türkiye, les raisons sont évidentes : lorsque l’Iran "chiite" est attaqué par Israël et les États-Unis,

Une vidéo est tombée devant moi. La publication disait :
"Un commandant militaire soudanais interrogé : Iran ou Israël ? Sa réponse a retenu l’attention."
Celui qui parle est soudanais, mais ce n’est pas un militaire. Pourtant ses mots frappent comme des balles. Ils traversent les esprits.
Quant à sa tenue militaire, elle possède aussi une signification sociologique.
Si ses propos trouvent un écho en Türkiye, les raisons sont évidentes : lorsque l’Iran
"chiite"
est attaqué par Israël et les États-Unis, quelle position les musulmans sunnites doivent-ils adopter ? Ou bien faut-il adopter une position ?
À en juger par les réseaux sociaux, les réponses sont extrêmement confuses.
Des déclarations visant la raison surgissent des deux camps.

Revenons donc à celui qui, depuis le Soudan, oppose une objection tranchante aux deux extrêmes. Pour ceux qui ont vu la vidéo, et pour ceux qui la découvrent à travers cet article, je voudrais d’abord présenter brièvement l’orateur.

L’homme en tenue militaire est le Professeur Dr Naci Mustafa Badawi.
L’un des universitaires les plus influents du Soudan. Spécialiste à la fois de la charia et du droit moderne. Il est professeur à l’Omdurman Islamic University, l’une des institutions d’enseignement supérieur majeures du pays.
Il y enseigne le droit islamique, l’application de la charia et le droit contemporain.

Théologien et prédicateur reconnu, Badawi est également très suivi au Soudan pour ses travaux sur la pensée islamique, l’éthique et les questions sociales. Il estime notamment que l’application rigoureuse des dispositions de la sourate An-Nisa relatives à la famille et aux droits constitue une solution fondamentale pour réduire la haine sociale et la criminalité.

Son expertise ne se limite pas au droit. Badawi est également une référence dans le domaine de l’économie islamique et des modèles de finance sans intérêt.


Une guerre qui brouille les repères


Si Badawi apparaît dans cette intervention vêtu d’un uniforme militaire, c’est parce que son pays, le Soudan, est en guerre. Parmi ses étudiants figurent également des militaires.

Venons-en maintenant à la balance particulièrement sensible que le conflit entre l’Iran et Israël place, selon lui, devant les musulmans sunnites.

Badawi commence son intervention en précisant qu’il s’exprime pour la première fois sur la question iranienne. Il dit:

Ces paroles ne s’adressent pas seulement à vous, mais à l’ensemble des musulmans. Que tout le monde entende.


Je lui laisse donc la parole :

"Les gens disent : ‘Devons-nous soutenir l’Iran ou Israël ?’

Certains disent :
‘Les Iraniens sont le projet safavide. Ils insultent les compagnons du Prophète, ils insultent Aïcha.’

D’autres disent :
‘Non, soutenons l’Iran.’

Nous demandons alors :
‘Pourquoi devrions-nous soutenir l’Iran ?’

Ils répondent :
‘Parce que l’Iran est plus proche de nous. D’accord, admettons qu’ils soient fautifs, égarés, qu’ils insultent les compagnons, mais ils restent plus proches de nous. Les autres sont juifs.’

Tout cela est une méthode erronée. Je suis attristé de voir que les musulmans ne connaissent toujours pas les véritables critères pour se positionner dans un conflit. Ce n’est pas ainsi que l’on décide de quel côté se tenir.

Je ne soutiens personne en raison de sa croyance. Je ne soutiens personne parce qu’il est proche de moi ou éloigné de moi.

Nous ne soutenons pas l’Iran simplement parce qu’ils sont musulmans. Et nous ne nous opposons pas aux juifs simplement parce qu’ils sont juifs. C’est un critère erroné.

Si un musulman possédant une foi parfaite opprime ouvertement un mécréant, alors nous nous tiendrons aux côtés de ce mécréant opprimé. Car le principe est celui-ci : la justice.

‘Ô David ! Nous avons fait de toi un lieutenant sur la terre. Juge donc entre les hommes avec justice’
(Sad, 26).

Autrement dit, pas selon celui qui t’est proche, ni selon celui qui partage ta foi, ni selon celui qui t’aime ou non.


‘Que la haine d’un peuple ne vous incite pas à être injustes’ (Maïda, 8).
‘Entraidez-vous dans la bonté et la piété, et ne vous entraidez pas dans le péché et l’hostilité’ (Maïda, 2).

Si Allah a rendu le jihad légitime, c’est précisément parce qu’il y avait oppression :

‘La permission de combattre est donnée à ceux qui sont attaqués, parce qu’ils ont été lésés’ (Hajj, 39).
‘Si deux groupes de croyants se combattent, réconciliez-les. Mais si l’un d’eux attaque l’autre, combattez celui qui attaque’ (Hujurat, 9).

Je me tiens du côté de la vérité, quel qu’en soit le détenteur.

Dans ce monde, il n’existe peut-être pas de régime plus coupable, plus hypocrite et plus rebelle envers Dieu que le régime iranien. Mais si quelqu’un les opprime, nous nous opposerons à cette oppression et nous nous tiendrons à leurs côtés.

C’est la méthode du Prophète Muhammad (paix et salut sur lui). Nous nous tenons du côté de la vérité. La vérité, la vérité, la vérité !

Dans cette affaire précise, l’Iran est opprimé.
On l’a accusé comme on avait accusé l’Irak auparavant. C’est pourquoi je me tiens aux côtés de l’Iran. Non pas parce qu’ils sont musulmans, mais parce qu’ils ont raison dans cette affaire. Et je m’oppose aux sionistes non pas parce qu’ils sont juifs, mais parce qu’ils sont oppresseurs.

Dans la situation actuelle, l’Iran est la partie opprimée. La méthode que le monde islamique a perdue est celle-ci. C’est pourquoi je suis triste et il faut corriger cette compréhension.
"

Une position au-delà des clivages confessionnels


Comme on peut le voir, le professeur Badawi ne nie pas les tensions chiites-sunnites dans le monde musulman. Au contraire, il évoque directement les critiques liées au
"projet safavide".
Mais lorsqu’il s’agit de déterminer l’attitude à adopter face à l’oppression, il défend une approche au-delà des appartenances confessionnelles :
se tenir du côté du droit et de la justice.

À chacun désormais d’en tirer sa conclusion.

#Iran Israël
#Naci Badawi
#Omdurman University
#Gaza
#Sionisme