Vous avez commis une grande faute morale, Monsieur Macron

09:308/01/2026, Perşembe
MAJ: 8/01/2026, Perşembe
Fatih Karakaya

Lorsque Donald Trump, président des Etats-Unis, a ordonné l’arrestation puis l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, le premier dirigeant étranger à soutenir cette opération relevant du banditisme international a été Emmanuel Macron. Ainsi, ce soutien précipité et inconditionnel constitue une faute morale majeure de la France. Un pays qui se présente comme une référence démocratique ne peut pas applaudir une méthode dangereuse qui piétine la souveraineté des Etats. Par ailleurs, Macron

Lorsque Donald Trump, président des Etats-Unis, a ordonné l’arrestation puis l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, le premier dirigeant étranger à soutenir cette opération relevant du banditisme international a été
Emmanuel Macron.

Ainsi, ce soutien précipité et inconditionnel constitue une faute morale majeure de la France. Un pays qui se présente comme une référence démocratique ne peut pas applaudir une méthode dangereuse qui piétine la souveraineté des Etats.


Par ailleurs, Macron n’a pas seulement cautionné l’acte. Sur ses réseaux sociaux, il s’est empressé de qualifier Maduro de
"dictateur"
et d’inviter le peuple vénézuélien à
"se réjouir"
de son départ forcé. Une telle attitude est irresponsable et indigne Macron. Elle banalise, ainsi, la loi du plus fort et affaiblit un peu plus un droit international déjà fragilisé. Pour mesurer la gravité de cette position, rappelons d’abord ce qu’a écrit le président français. Voici son message en intégralité.

Le message officiel de la France


"Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir.
En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple.
La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple. Nous souhaitons que le Président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition.
Je m’entretiens en ce moment avec nos partenaires de la région.
La France est pleinement mobilisée et vigilante pour assurer la sécurité de ses ressortissants en ces heures d’incertitude."

Ce texte est révélateur. Il condamne sévèrement Maduro, mais ne dit pas un mot sur la méthode employée par Trump. De plus, enlever un président étranger, le transférer de force et s’ingérer dans les affaires d’un pays souverain ne provoque chez Macron aucune objection.
Cette absence de condamnation est une faute morale et politique de Macron.


La question du droit international


Peu importe le jugement que l’on porte sur Maduro, le problème central reste la méthode. En effet, un Etat qui respecte le droit aurait dû affirmer clairement que l’arrestation arbitraire et l’enlèvement d’un dirigeant étranger sont inacceptables. Pourtant, Macron a fait l’inverse : il a cautionné l’acte avant même d’avoir toutes les informations. De même, la France oublie qu’elle-même emprisonne aujourd’hui des militants politiques. Des citoyens sont en prison pour avoir manifesté, exprimé des opinions dissidentes ou soutenu la cause palestinienne.


Des instances internationales comme l’ONU ou Amnesty International ont rappelé à l’ordre la France à plusieurs reprises pour ses manquements aux libertés fondamentales. Dans ces conditions, ne pas parler de ces dérives internes constitue aussi une faute morale de la France.


Dans ce cas, cela donne-t-il le droit à d’autres pays de vous enlever Monsieur Macron ?

Le monde actuel n’est vivable que parce qu’il existe un droit international. Alors, soutenir ouvertement la loi du plus fort sur les autres pays est donc inacceptable pour la France.
De même, la diplomatie française ne peut pas dépendre des humeurs de Washington.

Israël, révélateur de l’hypocrisie occidentale et de la passivité française


La sélectivité occidentale face au Venezuela trouve aussi son équivalent le plus criant en Palestine. En effet, depuis plus de deux ans, Israël bombarde Gaza, impose un siège inhumain et accélère chaque jour la colonisation des terres palestiniennes occupées. La France continue pourtant de soutenir politiquement et militairement Israël, malgré les accusations de génocide documentées par de nombreuses organisations internationales.


Alors qu’aucun mandat international n’a été émis contre Maduro, la Cour Pénale Internationale a, elle, délivré des mandats d’arrêt visant directement Benyamin Netanyahu et plusieurs responsables israéliens.
Cette décision aurait dû pousser le gouvernement français à adopter une position cohérente.
Pourtant, il n’en a rien été. Au contraire, Paris a autorisé le survol de son territoire par l’avion du Premier ministre israélien et lui a offert une protection diplomatique totale.

La contradiction est donc flagrante : applaudir l’enlèvement d’un dirigeant contesté au Venezuela tout en ignorant des mandats légaux émis par la CPI contre Israël constitue une faute morale répétée de la Macron.

C’est là aussi une hypocrisie structurelle de Paris, qui prétend défendre le droit international quand cela l’arrange et l’oublie lorsqu’il s’agit de la Palestine.

Face à la Russie après l’invasion de l’Ukraine, Paris a adopté immédiatement des centaines de sanctions. Mais,
face à Israël, la France se contente de condamnations verbales sans mesures concrètes. Cette différence de traitement constitue une faute morale majeure. Pourtant, les dirigeants français parlent aux peuples de
"valeurs occidentales"
.

Mais ces valeurs disparaissent lorsqu’il s’agit d’Israël. De même, Paris s’aligne sur Washington et Tel-Aviv contre la justice palestinienne. Un pays dit démocratique qui ne prend aucune mesure contre Israël tout en le soutenant militairement trahit la Palestine et trahit aussi ses propres citoyens.
La France est donc devenue spectatrice d’un génocide en cours à Gaza.
Voilà donc la vraie faillite de la diplomatie française.

Les alliances sélectives de la France


Au-delà du cas palestinien, la France prétend dénoncer certains dictateurs tout en recevant les autres à bras ouverts. Pourtant, les autocrates alliés de Paris sont traités comme des partenaires honorables.
Le prince Selman d’Arabie, le roi Mohammed ben Zayed des Emirats arabes unis, ou encore Bachar Al-Asad par le passé, entre autres, ont tous été accueillis à l’Elysée avec le tapis rouge.

Cette diplomatie sélective est une faute morale structurelle de Macron.


Paris choisit ses ennemis selon ses intérêts économiques et militaires. Ce qui es parfois compréhensible, mais dans ce cas, il ne faut pas donner de leçons.

Car, on peut facilement conclure:
"La défense des libertés s’arrête là où commencent les contrats de la France ".
Alors ça ne sert à rien de dénoncer Maduro et en même de serrer la main de dirigeants bien plus autoritaires lorsque cela arrange Paris.

Trump méprise la France et les Européens


Avant même que la poussière ne retombe à Caracas, Donald Trump a également montré son véritable visage. Il poursuit aujourd’hui ses menaces tous azimuts. Il fait pression sur le Mexique, met en garde la Colombie, veut contrôler le Panama et le Groenland évoqué comme une future conquête américaine. Il se moque ouvertement des dirigeants européens et méprise la France.
En soutenant Trump dès le départ, Macron a fragilisé Paris et l’Europe entière.
Ainsi, la France devient simple spectatrice de la folie trumpiste.
Pourtant, ces attaques ne sont pas des dérapages isolés. Elles montrent aussi que la méthode brutale employée contre Maduro s’inscrit dans une stratégie globale fondée sur l’intimidation.
En soutenant Trump sans réserve, Macron a fait comme si ces signaux n’existaient pas et s’est aligné sur un dirigeant en roue libre, prêt à imposer partout la loi de la jungle.

Trump n’a pas joué aux hypocrites


De même, Emmanuel Macron a choisi de fermer les yeux sur les contradictions flagrantes de cette opération. Ni le vrai motif, le contrôle des ressources pétrolières, ni les méthodes employées, un enlèvement arbitraire, n’ont fait l’objet de la moindre remise en question publique.


Macron a soutenu sans réserve une intervention illégale qui piétine le droit international, tout en se contentant de répéter des arguments moralisateurs sur la
"dictature"
vénézuélienne. Pourtant, les États-Unis ont souvent montré la même hypocrisie ailleurs. En Afghanistan, par exemple, la production d’opium est restée massive sous occupation américaine, malgré les discours officiels. Après le retour des Talibans, cette production a chuté brutalement.

Au Honduras, des dirigeants accusés de collusion avec les cartels ont été aussi poursuivis aux Etats-Unis, mais cela n’a jamais empêché Washington de les protéger politiquement lorsqu’ils servaient ses intérêts. En cautionnant cette opération sans distance critique, la France a affaibli sa crédibilité et donné l’impression de s’aligner aveuglément sur Washington.


Trump a, lui, clairement exposé les règles du jeu : le rapport de force prime désormais sur le droit. Donc, il a annoncé qu’il voulait contrôler le pétrole. Dans ce cas, le message à faire passer était-ce vraiment la dictature ?
D’autant plus que, la collusion de Trump avec les dictateurs n’est un secret pour personne.

Ainsi, Macron, en refusant d’y opposer une position indépendante, a renforcé l’idée d’une diplomatie française réduite à un rôle de suiveur.


Macron doit des excuses


Macron annonce qu’il veut défendre le droit international, mais il commence par le trahir. Pourtant, il doit condamner clairement Trump, sans calcul et sans hésitation. Il doit aussi présenter des excuses au peuple vénézuélien pour avoir cautionné une méthode impérialiste indigne de la France.


Paris doit choisir le camp du droit au lieu de celui du plus fort.
Sinon la France continuera de trahir le monde et de perdre toute crédibilité morale.
Il est temps que la Macron se rassemble enfin du bon côté de l’histoire. Mais pourra-il ?
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